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« Tout
homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique
est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison
sur le roc. »
Je
pense bien qu’il n’y a personne parmi nous qui serait
assez fou pour bâtir sa maison sur des sables mouvants ou des
terrains marécageux. Il
en est ainsi dans notre vie spirituelle.
Bâtir sa maison sur le roc, ça veut dire se fier au
Christ, s’appuyer sur lui sans crainte d’être déçu, même
si parfois, nous éprouvons des déceptions dans nos attentes
du Seigneur. Bâtir
sa maison sur le roc, ça veut dire rester bien solide dans
notre foi, même si parfois éprouvons des doutes.
Bâtir sa maison sur le roc, ça veut dire prendre les
moyens de résister aux tempêtes, aux catastrophes comme la
petite maison blanche du Saguenay lors du déluge, même si
parfois, nous vivons des moments pénibles qui rendent
fragiles nos élans de foi.
Quand
on veut s’acheter une maison, on voudrait donc que ce soit
facile : juste obtenir la clé avec la garantie qu’il
n’y pas de vices cachés.
Mais ce n’est pas si simple. Il
en est ainsi pour notre vie spirituelle. Elle est faite d’élans
et de repos, d’enthousiasme et de lassitudes, de joies et de
tristesses, d’heureuses surprises et d’épreuves pénibles.
On n’a jamais
fin de bâtir sa maison, de bâtir notre relation au Christ,
de nous fortifier dans notre foi. On n’a jamais fini de
devenir chrétien, disciples de Jésus.
On
le sait très bien! On
se croit fermement établi en Lui; on se croit solide comme la
maison bâtie sur le roc mais notre foi est vite secouée
quand surviennent l’épreuve,
la maladie, les ruptures, les amours déçues. C’est
là le grand défi de notre foi : durer au cœur des vents
contraires, résister aux secousses des modes opposées aux
valeurs d’évangile.
Bâtir
sa maison sur le roc, nous dit Jésus, c’est écouter
sa Parole et la mettre en pratique. Il a trop vu ces beaux
parleurs qui contredisent leurs paroles par leur vie de tous
les jours. Il a remarqué ces pharisiens qui lient de pesants
fardeaux sur les autres sans les remuer eux-mêmes du petit
doigt. Matthieu
lui-même, au moment où il écrit ces mots, n’est pas sans
penser à ces prophètes qui sèment le trouble dans les
communautés qu’il a fondées tout en se dispensant des règles
qui valent pour tout le monde.
Bien
sûr, bâtir sa maison sur le roc, choisir Jésus, ça veut
dire l’écouter, le prier en lui criant « Seigneur,
Seigneur », mais il faut aussi agir
en conséquence, nous mettre en route.
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Ne
pas se contenter de rêver ou de prier pour un monde
meilleur, mais se convertir chaque jour, apprendre à acquérir
une mentalité inspirée de l’évangile.
La
première chose qu’on fait quand on veut bâtir une
maison, c’est de nous mettre à la recherche d’un
architecte. On
le rencontre, on lui exprime nos besoins, on lui demande de
préparer les plans et les devis pour être en mesure de construire.
C’est la même chose dans notre vie spirituelle.
Notre architecte, on le connaît, c’est le Christ, qui
nous a donné ses plans, son évangile. Et tout au long de
la construction de notre vie spirituelle, il
nous faut parfois consulter à nouveau les plans pour voir
si tout est correct, si notre construction est bien ajustée
aux béatitudes évangéliques.
Parfois, il faut même aller jusqu’à suspendre les
travaux pour mieux comprendre les plans,
pour corriger les fantaisies qu’on avait imaginées
et qui ne sont pas conformes.
Dans
tous les cas, il faut se fier et faire confiance à
l’architecte. Lorsque
notre maison intérieure nous apparaît si fragile, lorsque
la maison ecclésiale semble s’écrouler à plusieurs
points de vue, il est bon de nous rappeler cette parole du
psaume 126 qui nous dit : « Si le Seigneur ne bâtit
la maison, c’est en vain que peine les maçons ».
Quand notre cœur y est moins ou que nos mains sont défaillantes,
c’est notre foi au Christ qui nous relance dans la
construction, nous remet à l’ouvrage,
nous redonne confiance, nous
permet de garder le cap sur l’espérance.
« Si
quelqu’un écoute mes paroles », nous dit Jésus.
Dans cette petite phrase, on trouve le vrai sens du
mot « Amen » qu’on dit si souvent à la fin de
nos prières et au moment de recevoir la communion.
Dans la langue de Jésus, le mot « Amen »
signifie « fonder, poser les fondations d’un bâtiment. »
Quand nous disons le mot « Amen » à la
fin d’une prière ou en recevant la communion, nous disons
que nous voulons bâtir notre vie sur les mots que nous
venons de prier, que
nous voulons faire du Christ le roc sur lequel nous voulons
bâtir notre maison.
Faisons
nôtres ces mots du psaume que nous avons prié tantôt:
« Ma
forteresse et mon roc, c’est toi.
Sois
le rocher qui m’abrite,
la
maison fortifiée qui me sauve.»
Poursuivons
notre prière.
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