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La
fête d’aujourd’hui n’est pas sans nous rappeler des
souvenirs! Celui de votre 1e communion peut-être;
ces fameuses processions de la Fête-Dieu. Et, en la célébrant
aujourd’hui, on n’est pas sans penser au
Congrès eucharistique international qui se tiendra à Québec
au mois de juin.
Au
lieu de nous raconter l’institution de l’eucharistie, St
Jean nous livre un long discours de Jésus sur le Pain de vie,
un discours qui suit le miracle de la multiplication des
pains. Ce jour-là, à l’insu de tout le monde, Jésus passe
de l’autre côté du lac avec ses disciples pendant la nuit.
Le lendemain, les gens le cherchent partout. Et quand ils le
retrouvent, Jésus leur dit : « Vous me cherchez
non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous
avez mangé du pain et avez été rassasiés. Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais
pour la nourriture qui demeure en vie éternelle. » Deux
sortes de nourriture : celle qui se perd et celle qui
demeure. Ça veut dire qu’il y a plusieurs sortes de faims,
comme il y a plusieurs sortes de vies!
La
première faim, c’est la faim physique, la faim qui tenaille
l’estomac! On la
connaît un peu tout en sachant que, sur notre terre, il y a
des millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim, et
qu’il y en a même chez nous.
Le comité Partage et les conférences
St-Vincent-de-Paul pourrait en témoigner. C’est une faim
importante parce que, on le sait très bien, quand on ne peut
plus manger, c’est la mort qui est au bout. On
a vu à la télévision des images pénibles là-dessus.
La
deuxième faim, c’est celle du cœur et de l’esprit, très
présente aussi dans notre monde, un monde en mal d’amour et
de communion fraternelle. Je pense aux enfants laissés à
eux-mêmes, aux personnes âgées qui se meurent de solitude,
à toutes ces personnes qui ont besoin d’être accueillis
comme elles sont. On
ne sait encore très bien! On ne peut pas vraiment s’épanouir
et vivre sans aimer et être aimé. Il y a encore la faim de
l’esprit qu’on a besoin de nourrir par l’apprentissage,
la connaissance, l’éducation permanente, la découverte de
la beauté.
La
troisième faim qu’on expérimente et qui est très
profonde, c’est celle de l’âme. On a du mal à rester
enfermé dans les limites du temps et de l’espace.
On aspire toujours à quelque chose de plus grand, de
plus profond. Il y a en nous des soifs et des faims qui ne
sont jamais satisfaites. On veut et on désire toujours plus,
on a un besoin d’infini, une besoin d’éternité. Créés
à l’image de Dieu, nous avons un cœur qui est fait pour
aimer, qui aspire à un amour sans fin, un amour qui veut
devenir éternel.
Jésus
n’ignore aucune de ces faims!
Il n’ignore pas la faim physique.
Au lieu d’envoyer les gens dans les villages
d’alentour pour qu’ils se trouvent à manger, il les
nourrit en multipliant les pains et les poissons.
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On
le reconnaît dans l’eucharistie : « Tu es béni,
Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain et ce vin,
fruit de la terre et du travail des hommes. »
Saint Jacques disait : « Si un frère ou
une sœur manquent de leur nourriture quotidienne, et que
l’un d’entre vous leur dise : « Allez en
paix, rassasiez-vous », sans leur donner ce qui est nécessaire
à leur corps, à quoi cela sert-il?
L’Eucharistie elle-même conduit au partage.
« Il prit le pain, le rompit et le donna à ses
disciples. » Les chrétiens l’ont toujours compris
en créant toutes sortes d’organisation de partage.
Jésus
n’a pas ignoré non plus la faim de l’esprit et la faim
du cœur. Il circulait de
villages en villages, de villes en villes pour enseigner,
dans les synagogues, sur les parvis du Temple, à partir
d’une barque, sur la montagne.
On disait qu’il parlait comme personne n’avait su
le faire avant lui, bien mieux que les scribes et les
docteurs de la Loi qu’il confondait souvent. On se
demandait d’où lui venait cette sagesse.
Il
a nourri les cœurs en manifestant beaucoup d’amour, comme
le berger qui cherche la brebis perdue, en aimant particulièrement
les personnes souffrantes sur sa route, en accueillant les
plus grands pécheurs et en les relevant.
Chaque dimanche, à chaque eucharistie, Jésus se
fait présent. Il
vient nourrir nos esprits et nos cœurs affamés. Les
chrétiens ont toujours compris qu’ils devaient nourrir
les affamés du cœur et de l’esprit, en transmettant l’évangile
et en aimant comme Jésus a aimé.
Et
Jésus est allé jusqu’au bout de l’amour en venant
nourrir la troisième faim qui nous tenaille, la faim de
l’âme, notre faim d’éternité. Il nous le dit
aujourd’hui : « Moi, je suis le pain vivant :
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Par sa résurrection, Jésus a reçu le pouvoir de se
soumettre toutes choses,
le pouvoir de « transfigurer nos corps de misères
pour les conformer à son corps de gloire, à son corps de
ressuscité. St
Paul le disait bien en affirmant : « Si vous ne
croyez pas que les morts ressuscitent, le Christ non plus
n’est pas ressuscité et votre foi est vaine. »
Dans l’eucharistie, Jésus s’empare du pain et du
vin, nourriture très simple pour notre corps, pour y déposer
en nous la puissance de sa résurrection.
Dans
l’eucharistie, non seulement, il respecte notre être
corporel qui a besoin du « fruit de la terre et du
travail des hommes » pour vivre, mais aussi notre
besoin d’être nourri dans notre esprit et notre cœur en
nous donnant sa Parole de vie.
Il nourrit et fait grandir en nous notre être d’éternité.
« Tel est le pain qui descend du ciel;
il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé.
Eux, ils sont morts;
celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
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