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« Moi,
je suis le Chemin, la Vérité et la Vie : personne ne
va vers le Père sans passer par moi. » Mettez-vous un
moment à la place des auditeurs de Jésus qui
écoutaient cette affirmation.
Pour eux, Jésus, c’est quelqu’un comme eux
autres, un fils d’ouvrier qui vient d’un petit village
de rien. Qu’est-ce
qui peut sortir de bon de Nazareth? Ils
ont dû trouver que son affirmation était exagérée,
exorbitante, prétentieuse.
Est-ce que ça voulait dire que les hommes qui ne
suivaient pas Jésus, qui n’acceptaient pas de passer par
lui, ne pourraient jamais arriver jusqu’à Dieu;
que la seule possibilité d’être sauvé pour nous
aujourd’hui, c’est de devenir chrétien?
En
même temps que Jésus nous fait cette affirmation, on est
bien obligé de constater que d’autres religions, plus
farouchement que l’Église encore, se prétendent, elles
aussi, les seules vraies.
Par exemple, c’est le cas des musulmans qui considèrent
que c’est nous, les
infidèles.
On
comprend que ces affirmations de part et d’autres
comportent des risques énormes, ceux de s’affronter, de
s’opposer les uns contre les autres. On
le voit bien dans l’histoire!
Les guerres de religion, les guerres « au
nom de Dieu », ont fait et font encore des ravages énormes.
Comment nous sortir de ce problème?
Est-ce qu’il faut tenter de minimiser cette
situation en nous disant, qu’après tout, le bon Dieu,
c’est le même pour tout le monde,
que toutes les religions se valent bien.
En tentant de tout diminuer, on ne fait qu’aboutir
à l’indifférence.
« Moi,
je suis le Chemin, la Vérité et la Vie : personne ne
va vers le Père sans passer par moi. »
Pour bien comprendre cette parole de Jésus,
il faut la situer dans son ensemble et écouter toute
sa parole quand il nous dit : « Je pars vous préparer
une place. Quand
je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre
avec moi, et là où je suis, vous y serez aussi.
Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin. »
« Pour aller où je m’en vais… »
Où va Jésus? L’évangile répondait en disant :
« au moment où Jésus passait de ce monde à son Père…
personne ne va vers le Père sans passer par moi… »
C’est clair! Jésus s’en va chez son Père, et chez son
Père, il n’y a que de l’amour.
Jésus, nous le savons, est
la présence parfaite de cet amour au milieu
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des
hommes, et, pendant toute sa vie, il n’a cessé de nous
dire que, si nous devenons ses compagnons de route, si nous
prenons le même chemin que lui, nous parviendrons, nous
aussi et à coup sûr, dans « la maison du Père »
là où nous trouverons la plénitude de la vie.
« Moi,
je suis le Chemin, la Vérité et la Vie! » Jésus
peut vraiment nous dire qu’il est le Chemin, parce que, le
premier, il a parcouru toute la route de l’amour.
On ne peut pas se tromper en le suivant sur le même
chemin, sur le chemin de l’amour.
On est bien loin d’une affirmation prétentieuse!
Parce que le chemin de l’amour ne s’impose
jamais! Le
chemin de l’amour ne peut faire qu’une seule chose :
aimer, aimer encore, aimer toujours et toujours plus.
C’est ce que Jésus a fait!
Il a aimé jusqu’au bout, jusque sur une croix où
il a même crié : « Père, pardonne-leur, ils ne
savent pas ce qu’ils font. »
Jésus est la Vérité, parce que, tout en lui révèle
la grande vérité : Dieu est amour. Jésus est la Vie
parce qu’il est venu pour que les hommes aient la vie et
qu’ils l’aient en abondance c'est-à-dire jusqu’à la
vie éternelle des enfants de Dieu.
Quand
il affirme qu’il est « le Chemin, la Vérité et la
Vie », Jésus n’a pas la prétention de revendiquer
un pouvoir sur les consciences;
c’est une prétention amoureuse qui ne fait
qu’exprimer la plénitude d’un amour qu’il a été le
premier et le seul à vie.
Il nous redit que, pour entrer dans la maison du Père,
il n’y a qu’un seul chemin, celui d’un amour humble,
patient et miséricordieux.
C’est une prétention qui fait appel à notre
liberté, une prétention qui attend de nous une réponse
aimante.
Dans
l’évangile, Jésus dit à Philippe : « Il y a
si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas
Philippe! On voit bien que les disciples ont du mal à
saisir le message de Jésus.
On n’est pas très différent!
On n’est pas à l’abri du reproche que Jésus
fait à Philippe. Aussi,
au cours de notre célébration, demandons au Seigneur de
venir éclairer et fortifier notre foi,
et par l’Eucharistie, de nous faire vivre en Lui et
par lui. Et si
la route est difficile parfois, souvenons-nous qu’un Père
nous accueillera, un Père qui nous aime, qui nous aime
tellement qu’il a envoyé son Fils pour venir nous
chercher. »
Poursuivons
notre prière.
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