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Si
j’avais mis bout à bout toutes
les homélies que j’ai faites sur le dimanche des Rameaux,
ce serait bien plus long que l’évangile de la Passion.
Mais, rassurez-vous, je
n’ai retenu que trois petits moments de l’évangile. Et,
si je les ai retenues, c’est parce que je pense qu’elles
ont un intérêt pour nous aujourd’hui.
Premier
moment! Pilate
qui se lave les mains devant la foule en disant :
« Je ne suis pas responsable du sang de cet homme :
cela vous regarde! » Pendant
des siècles, on
s’est chicané pour savoir qui était responsable de la
mort de Jésus. On
a accusé le
peuple juif à cause de la parole que Jésus dit à Pilate :
« Celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. ».
On a accusé Pilate qui ne veut pas être
responsable mais qui fait flageller Jésus et qui le livre
pour qu’il soit crucifié.
Ce qui est clair, c’est que personne ne veut en
prendre la responsabilité, et ça, c’est
une histoire qui est vieille comme le monde.
Après son péché, Adam disait à Dieu :
« Ce n’est pas moi!
C’est la femme. »
Et la femme disait : « Ce n’est pas moi,
c’est le serpent. » Il
faut bien le reconnaître, depuis toujours, les
hommes, et nous en faisons partie, ont tendance à mettre la
faute sur le dos des autres.
Les célébrations du pardon que nous avons vécues
et celles qui sont encore à l’horaire, nous aident à
lutter contre cette tendance et à bien reconnaître que
nous avons nos fautes nous aussi.
La semaine que nous commençons devrait nous aider à
moins regarder la paille qui est dans l’œil de l’autre
et plus la poutre qui est dans le nôtre.
On pourrait bien laisser revenir dans notre cœur ces
mots que Jésus adressait à ceux qui voulaient lapider la
femme adultère « Que celui qui est sans péché lui
jette la première pierre. »
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Deuxième
moment! Le
rideau du Temple qui se déchire en deux.
Vous vous souvenez, qu’avant la naissance de Jean
Baptiste, son père avait été désigné par le sort pour
aller dans en endroit qu’on appelait « Le saint des
saints », fermé
par un grand rideau. Seulement
les prêtres désignés par le sort pouvaient y aller. Avec
la mort de Jésus, le rideau du Temple se déchire.
Ça veut dire que, désormais, tous
les hommes ont accès auprès du Père, que le chemin de
Dieu est direct et ouvert à tout homme qui veut bien écouter
Jésus, parce que, c’est lui « le Chemin, la Vérité
et la Vie. » Le
rideau du Temple qui se déchire, c’est un nouveau culte
qui commence, un culte « en esprit et en vérité »
comme l’avait dit Jésus à la Samaritaine.
Cette semaine, en participant de tout cœur à nos célébrations,
nous avons l’occasion de prendre le chemin que Jésus nous
a ouvert en déchirant le rideau de temple.
Pussions-nous avoir le goût d’y participer
activement.
Troisième
moment! La
confession du centurion romain qui déclare « Vraiment,
cet homme était le Fils de Dieu. »
Ce que tout le monde voyait, c’était un malheureux
qui mourait dans d’atroces souffrances et qui ne sa
lassait pas de pardonner.
Ça prenait bien un païen pour se laisser toucher
par une lumière qui allait au-delà des apparences.
Ça prenait un païen pour découvrir le mystère qui
s’accomplissait sur la croix.
Puisse
cette semaine nous aider à entrer dans la foi du centurion.
Puissions-nous découvrir encore un peu mieux le mystère
qui s’accomplit sur la croix.
Et, en contemplant l’immense amour de Jésus, son
pardons inépuisable, puissions-nous aller bien au-delà des
apparences dans le regard que nous projetons sur les choses,
sur les personnes que nous côtoyons et les événements que
nous vivons.
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