Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 16 mars 2008


Dimanche des Rameaux

Si j’avais mis bout à bout  toutes les homélies que j’ai faites sur le dimanche des Rameaux, ce serait bien plus long que l’évangile de la Passion. Mais, rassurez-vous,  je n’ai retenu que trois petits moments de l’évangile. Et, si je les ai retenues, c’est parce que je pense qu’elles ont un intérêt pour nous aujourd’hui.

Premier moment!  Pilate qui se lave les mains devant la foule en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde! »  Pendant des siècles,  on s’est chicané pour savoir qui était responsable de la mort de Jésus.   On  a accusé le peuple juif à cause de la parole que Jésus dit à Pilate : « Celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. ».   On a accusé Pilate qui ne veut pas être responsable mais qui fait flageller Jésus et qui le livre pour qu’il soit crucifié.  
Ce qui est clair, c’est que personne ne veut en prendre la responsabilité, et ça,  c’est une histoire qui est vieille comme le monde.  Après son péché, Adam disait à Dieu : « Ce n’est pas moi!  C’est la femme. »  Et la femme disait : « Ce n’est pas moi, c’est le serpent. »  Il faut bien le reconnaître, depuis toujours,  les hommes, et nous en faisons partie, ont tendance à mettre la faute sur le dos des autres.   Les célébrations du pardon que nous avons vécues et celles qui sont encore à l’horaire, nous aident à lutter contre cette tendance et à bien reconnaître que nous avons nos fautes nous aussi.  La semaine que nous commençons devrait nous aider à moins regarder la paille qui est dans l’œil de l’autre et plus la poutre qui est dans le nôtre.  On pourrait bien laisser revenir dans notre cœur ces mots que Jésus adressait à ceux qui voulaient lapider la femme adultère « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. »

 

 

 

Deuxième moment!  Le rideau du Temple qui se déchire en deux.  Vous vous souvenez, qu’avant la naissance de Jean Baptiste, son père avait été désigné par le sort pour aller dans en endroit qu’on appelait « Le saint des saints »,  fermé par un grand rideau.  Seulement les prêtres désignés par le sort pouvaient y aller. Avec la mort de Jésus, le rideau du Temple se déchire.  Ça veut dire que, désormais,  tous les hommes ont accès auprès du Père, que le chemin de Dieu est direct et ouvert à tout homme qui veut bien écouter Jésus, parce que, c’est lui « le Chemin, la Vérité et la Vie. »  Le rideau du Temple qui se déchire, c’est un nouveau culte qui commence, un culte « en esprit et en vérité » comme l’avait dit Jésus à la Samaritaine.  Cette semaine, en participant de tout cœur à nos célébrations, nous avons l’occasion de prendre le chemin que Jésus nous a ouvert en déchirant le rideau de temple.  Pussions-nous avoir le goût d’y participer activement.

Troisième moment!  La confession du centurion romain qui déclare « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. »  Ce que tout le monde voyait, c’était un malheureux qui mourait dans d’atroces souffrances et qui ne sa lassait pas de pardonner.   Ça prenait bien un païen pour se laisser toucher par une lumière qui allait au-delà des apparences.  Ça prenait un païen pour découvrir le mystère qui s’accomplissait sur la croix.

Puisse cette semaine nous aider à entrer dans la foi du centurion.  Puissions-nous découvrir encore un peu mieux le mystère qui s’accomplit sur la croix.  Et, en contemplant l’immense amour de Jésus, son pardons inépuisable, puissions-nous aller bien au-delà des apparences dans le regard que nous projetons sur les choses, sur les personnes que nous côtoyons et les événements que nous vivons.