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Toute
une nouvelle que Marthe et Marie annoncent à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. » On
sent qu’elles s’en remettent au cœur de Jésus, je
dirais, dans une
belle prière pleine de tendresse et de délicatesse, une
prière que nous pouvons adresser nous-mêmes au Seigneur
pour nos proches qui sont malades. « Seigneur, celui
que tu aimes est malade. »
Au
moment où Jésus apprend la nouvelle, il avait déjà toute
une réputation de guérisseur.
Les deux sœurs n’étaient pas sans savoir que Jésus
avait ramené à la vie la petite fille de Jaïre qui l’en
avait prié, et qu’à Naïm, il avait rendu la vie à un
jeune homme alors que sa mère le conduisait au cimetière.
Mais, cette fois-ci, c’est bien différent. Marthe dit, et
c’est pas drôle : « Il sent déjà! » en
ajoutant que son frère a été mis dans un tombeau depuis
quatre(4) jours.
On
n’a pas de mal à comprendre Marie quand elle dit à Jésus,
comme un reproche : « Seigneur, si tu avais été
là, mon frère ne serait pas mort. » Facile
aussi de comprendre les proches qui ajoutent: « Lui
qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher
Lazare de mourir! » Ils avaient peut-être été témoins
de la guérison d’un aveugle-né par Jésus, c’était
l’évangile de dimanche dernier, alors « qu’on
n’avait jamais entendu dire qu’un homme ait ouvert les
yeux d’un aveugle de naissance. »
« Si
tu avais été là… » Quand il apprend la nouvelle,
Jésus ne vole pas tout de suite au secours des deux sœurs.
Il ne bouge pas, comme nous le dit l’évangile :
« quand il apprit que Lazare était malade, il demeura
pourtant deux jours à l’endroit où il se trouvait »
C’est très étonnant! Surtout que, par
trois fois, St Jean nous fait remarquer, qu’une fois arrivé
à Béthanie, Jésus a été bouleversé par une émotion
profonde et qu’il pleura. Il ne faisait pas semblant de
pleurer! Les témoins le réalisent bien : « Voyez
comme il l’aimait », disent-ils.
Comment comprendre que Jésus, pourtant bouleversé,
attende encore deux jours avant de se rendre près des deux
sœurs?
On
dit que Jésus a voulu, dans son humanité, vivre lui-même,
le drame de tous ceux et celles qui perdent un être cher.
On me disait la semaine dernière que, seulement
depuis le mois de janvier, un salon funéraire de chez nous
avait fait affaire avec deux cents familles qui venaient de
perdre un être cher. Jésus a vécu personnellement cette
expérience, et comme les gens en deuil, il a été
bouleversé. Il
a pleuré pour bien nous faire comprendre que Dieu lui-même
n’est pas indifférent à toutes nos peines et nos
souffrances. C’est
déjà beaucoup de pouvoir nous en rendre compte!
Mais, il y a plus encore!
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Jésus
nous donne une autre explication quand il déclare :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort, mais à la
gloire de Dieu. » En
faisant revenir Lazare à la vie, Jésus nous annonce ce qui
va se passer dans quelques jours : sa propre mort et sa
résurrection. Il y a un petit détail intéressant dans
l’évangile. Le corps de Lazare avait été placé dans
une grotte. Et,
quand Jésus arrive près du tombeau de Lazare, il demande
qu’on enlève la pierre.
Dans quelques jours, c’est le corps de Jésus
crucifié qui sera placé dans une grotte fermée elle aussi
par une pierre. Mais
il n’aura pas besoin de personne pour enlever la pierre
pour nous faire comprendre que rien ne pourra empêcher sa
vie divine de se manifester. « Moi, je suis la résurrection
et la vie », nous affirme-t-il.
On
s’imagine que les gens qui ont connu Jésus de son vivant
étaient bien chanceux.
On pourrait bien penser que les deux sœurs de Lazare
étaient bien chanceuse d’avoir Jésus près d’elles.
Et si on continue dans cette logique, on pourrait
bien se dire que, si Jésus était là avec nous, il
pourrait ramener nos morts à la vie. Pourtant, il me semble
que Lazare n’était pas si chanceux qu’on l’imagine. Non
seulement les Juifs vont chercher à le faire mourir, mais
il devra mourir une deuxième fois. La résurrection de
Lazare, c’est un signe que Jésus donne aux siens. En
ressuscitant Lazare, il nous fait comprendre déjà que la
puissance créatrice de Dieu déploiera tous ses effets dans
sa résurrection à lui, parce que, lui, n’aura
pas à mourir une deuxième fois. Le passage de Jésus de la
mort à la vie, c’est le cœur même de notre foi en Jésus
qui nous dit : « Moi, je suis la résurrection et
la vie », «Tout homme qui vit et croit en moi ne
mourra jamais! »
La
semaine dernière, on vous a annoncé pour aujourd’hui une
quête pour Développement et Paix. Pas difficile de
comprendre le sens de cette quête! Faire appel à notre générosité,
c’est un peu nous dire : « Seigneur, ceux que
tu aimes, son malades », « Seigneur, ceux que
nous aimons sont malades. »
À la suite de l’évangile qu’on vient
d’entendre, on comprend que, nous les croyants, nous avons
un parti-pris pour la vie.
Plus encore, l’Eucharistie que nous rassemble nous
fait participer à la vie divine.
Puisse notre geste permettre à des gens qui meurent
à petit feu, de trouver un peu de vie.
C’est ce que Jésus a toujours voulu : donner
la vie aux pauvres, aux malades, aux aveugles, aux
sourds-muets, aux lépreux, aux personnes rejetées par les
gens de leur temps.
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