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Si
vous alliez voir votre patron, la 3e voisine, ou
le marchand du coin pour lui dire « Donne-moi à
boire! », il y a de grosses chances pour qu’ils vous
trouvent un peu effrontés, pas gênés. Et pourtant,
c’est ce que Jésus fait!
Il demande à boire à la première venue, une
samaritaine qui lui exprime toute sa surprise :
« Comment, toi un juif, tu me demandes à
boire, à moi, une Samaritaine? »
Avec
le même sans-gêne, la même audace, Jésus s’adresse à
chacun de nous et à nos communautés d’Église, en disant
très clairement :
« Donne-moi à boire! » Autrement dit,
« J’ai besoin de toi, j’ai besoin de vous ».
Quelles
sont ces besoins que le Seigneur vient nous exprimer?
On trouve les réponses dans l’évangile qu’on
vient d’entendre, et chose curieuse, ces réponses
rejoignent les chemins nécessaires pour vivre notre vie chrétienne,
notre vie de communauté et pour réaliser notre mission
d’Église.
1er
chemin : annoncer
et enseigner la foi.
J’aime
beaucoup le cheminement que Jésus fait faire à la
Samaritaine. Au
début, elle ne voit en lui qu’un Juif qui a soif.
Puis, après quelques mots de Jésus qui lui affirme
pouvoir lui donner de l’eau vive,
elle voit en lui un prophète.
Et finalement, lorsqu’elle a compris que Jésus la
connaissait très bien, et après toute une discussion sur
le culte à rendre à Dieu, elle reconnaît en lui le
Messie, celui
qui est capable de lui dire la vérité sans l’accuser et
qui est en mesure d’étancher ses soifs les plus
profondes. Peu
à peu, Jésus amène cette femme à découvrir qui il est.
Ce
qui est beau, c’est que, par la suite, c’est elle qui amène
les gens de sa ville à croire en Jésus.
Elle laisse sa cruche et s’en retourne en ville
pour dire aux gens : « Venez voir un homme qui
m’a dit tout ce que j’ai fait. » St Jean prend
bien soin de le noter : « Beaucoup de samaritains
de cette ville crurent en Jésus, à cause des paroles de la
femme qui avait rendu ce témoignage.
À la suite de Jésus, la samaritaine devient évangélisatrice.
Ce
1er chemin nous remet devant les yeux la nécessité,
comme personne et comme
communauté, d’entrer dans cette démarche, d’enseigner
et d’annoncer la foi, de faire découvrir le Christ à
notre tour. On
peut penser que c’est là une grande soif de Jésus, un
grand besoin de Jésus quand il vient nous dire :
« Donne-moi à boire ».
2e
chemin pour nous, pour la communauté: prier et célébrer.
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Les
Juifs et les Samaritains se détestaient parce qu’ils
avaient des lieux de culte différents.
Dans sa discussion avec la samaritaine, Jésus
remet les choses à la bonne place.
« Un jour vient où vous n’irez plus ni sur
cette montagne, ni à Jérusalem pour adorer. » « Les
vrais adorateurs adorent le Père en esprit et en vérité…c’est
en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. » C’est
tout un chemin que Jésus nous présente! C’est une
invitation à aller
plus loin que ce qui paraît, plus loin que les rites, se
situer en esprit et en vérité, y mettre notre cœur.
C’est sans toute là un grand besoin que Jésus
nous exprime quand il nous dit : « Donne-moi à
boire! »
3e
chemin : vivre notre foi dans la charité fraternelle.
L’évangile
nous dit que les apôtres, quand ils arrivèrent «étaient
surpris de le voir parler avec une femme.» C’était
impensable à l’époque d’imaginer une dialogue entre un
homme et une femme sur la place publique, entre un juif et
une samaritaine en plus.
Encore une fois, on voit Jésus prêter une attention
toute particulière à la femme comme il le faisait aux
rejetés de son temps, aux personnes qui avaient des problèmes
physiques, moraux ou spirituels.
En lui, on comprend que rien
ne peut mettre un frein à l’amour d’un Dieu qui aime
sans distinction de personne, qui veut sauver à tout prix.
C’est sans doute là aussi une des grandes soifs de
Jésus quand il nous dit : « Donne-moi à boire ».
Il veut que nous soyons les témoins de son amour.
4e
chemin : vivre la solidarité et le partage.
C’est
ce qu’on appelle la pastorale sociale, le parent pauvre de
notre pastorale. Même si le pape, les évêques du Canada
et ceux du Québec, font régulièrement des interventions
dans ce sens, on ne comprend pas encore ce que l’Église
vient faire là-dedans comme si elle n’avait rien à dire
sur les problèmes de société. L’évangile nous dit que
Jésus avait soif. On
pourrait bien penser à tous ces peuples qui manquent
d’eau. On pourrait bien penser à toutes ces femmes qui,
comme la samaritaine, ne sont pas reconnues, à celles qui
sont jugées ou violentées.
La Samaritaine est une étrangère.
On pourrait penser à tous ces étrangers qui
arrivent chez nous et qui cherchent une place dans notre
société. Quand on s’implique dans ces situations, on répond
sans doute à un grand besoin de Jésus qui nous redit :
« Donne-moi à boire ».
Je
souhaite que notre rencontre avec Jésus pendant cette
eucharistie ressemble à celle qu’il a eue avec la femme
de Samarie, qu’elle nous transforme, qu’elle nous
permettre de mieux répondre aux soifs de Jésus et que nous
prenions personnellement et ensemble, les chemins qu’il
nous enseigne.
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