Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 30 novembre 2014


1er dimanche de l'Avent

J’ai connu une famille qui n’avait pas la vie facile, mais ce n’était pas croyable de voir comment cette famille-là vivait d’espérance!   Les uns après les autres, n’arrêtaient pas de nous dire : « on va s’acheter une terre; et puis, on va s’en sortir! »  Je trouvais donc qu’ils rêvaient en couleur, mais je me trompais! Le père a finalement acheté une petite ferme, et une plus grande quelques années plus tard. Leur rêve s’était réalisé.   Leur espérance que, moi, je voyais comme un rêve en couleur était pour eux une certitude, et j’ajouterais, le résultat de leur engagement.

Oui, il y a un lien entre l’espérance et l’engagement!   C’est bien beau, par exemple, espérer de l’eau propre, mais si on ne s’engage pas à dépolluer nos rivières, ça ne changera pas grand-chose.   C’est bien beau espérer éliminer la pauvreté, mais si on ne s’engage pas à un meilleur partage de la richesse, ça ne changement pas grand-chose, non plus. Et il y a plein d’autres exemples.

Aujourd’hui, nous entrons dans le temps de l’Avent qu’on voit souvent comme un temps de préparation à la fête de Noël.   C’est vrai! Mais l’Évangile aujourd’hui nous invite à regarder plus loin en nous révélant que celui que nous allons fêter à Noël est aussi celui qui reviendra dans la gloire, que son grand projet, c’est de nous entraîner avec lui dans le Royaume de Dieu. Le temps de l’Avent, c’est un temps qui nous est donné pour raviver cette espérance qui est déjà en nous, et pour la porter à notre monde qui en a tellement besoin. 

L’espérance en prend un coup dans notre monde, et qu’on le veuille ou non, ça nous influence.   On met beaucoup d’espoir dans les succès de la médecine, mais elle ne cesse d’affronter de nouvelles maladies qui font leurs ravages. On peut penser à l’ebola qui fait des milliers de victimes. Nos raisons d’espérer sont grugées par les événements que nous vivons et des conflits de plus en plus nombreux. On a l’impression qu’il n’y a plus d’unions solides, de futurs solides, de carrières solides! On se pose des questions. Que nous réserve l’avenir? Dans quelle sorte de monde vont vivre nos enfants? Que faut-il faire pour retrouver l’espérance?

Et pourtant nous continuons d’espérer. Au début de la nouvelle année, nous allons nous souhaiter du bonheur et de la santé. Nous espérons toujours un monde plus beau. Nous espérons voir les hommes et les femmes s’épanouir au-delà de tout ce qu’on peut imaginer. Est-ce que nous rêvons en couleurs?

Non!   Le temps de l’Avent nous rappelle que Dieu lui-même s’est engagé envers nous. Il y a un cardinal qui disait : « il ne faut pas dire que Jésus est venu, il y a 2000 ans, mais dire que Jésus est avec nous depuis 2000 ans. »   Tout un engagement de sa part, et un engagement qui veut se poursuivre jusqu’à ce que l’humanité s’épanouisse totalement. 

Bien sûr, il ne faut pas se fermer les yeux sur ce qui se passe dans notre monde! Mais nous, les chrétiens, à cause de notre foi, nous croyons que l’échec, la destruction, la mort ne sont pas les derniers mots de notre histoire. Au lieu de regarder les images de l’Évangile comme des images à faire peur, on devrait les contempler comme des images qui traduisent la force et la puissance de Dieu, pas d’un Dieu qui porte au cœur un désir de destruction, mais un Dieu qui porte au cœur un goût de la vie qui est plus fort que la mort. Pour savoir où on s’en va, jusqu’où Dieu veut aller avec nous, rien de mieux que de regarder Jésus dans la splendeur de sa résurrection.

Sommes-nous vraiment porteurs de cette espérance qui s’enracine dans le projet de Dieu?   Quand on se met en route pour un voyage, on a des panneaux de signalisation pour nous guider vers notre destination. Le temps de l’Avent nous présente des panneaux de signalisation pour nous indiquer la route à suivre pour que nous soyons des porteurs d’espérance.       

1)      « Redressez-vous. »  « Relevez la tête », nous dit Jésus.   Espérer, ça ne veut pas dire se croiser les bras, attendre que le Bon Dieu agisse.   Espérer, c’est apprendre à regarder et à discerner ce que Dieu fait déjà dans notre monde et en nous. Espérer, c’est s’engager avec Jésus à bâtir le royaume, un monde toujours plus beau.     

2)      « Veillez… Restez éveillés », nous dit Jésus, comme ces jeunes filles sages qui ont su garder leurs lampes allumées dans la nuit dans l’attente de l’époux. Rester éveiller, c’est préparer dans nos cœurs un espace pour notre Dieu.   Rester éveiller, c’est nous rappeler que nous sommes les témoins et les messagers de Jésus qui vient à notre rencontre. 

Au moment où nous sommes réunis pour célébrer l’eucharistie, ouvrons tout grand nos cœurs au projet de Dieu sur le monde. Et à sa suite, engageons-nous à bâtir un monde plus juste et plus fraternel. Soyons de véritables témoins d’espérance dans un monde qui en a tellement besoin.

Poursuivons notre prière.