Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 9 novembre 2014


32e dimanche ordinaire

Quand on est invité à des noces, on répond à l’invitation;  on cherche un habit qui convient, un cadeau pour les mariés. On laisse aller notre imagination sur le mariage qui s’en vient.   Jésus nous dit aujourd’hui que nous sommes invités à des noces, et des noces pas ordinaires parce que c’est un roi qui nous invite aux noces de son Fils, Dieu lui-même. 

Tout commençait pour le mieux dans la parabole : « Un roi célébrait les noces de son fils », un événement majeur dans son royaume. Aussi, il envoie ses serviteurs porter les lettres d’invitation aux hauts dignitaires du pays, mais ils ne veulent pas venir.   Alors il en envoie d’autres pour leur dire que tout est prêt, que le temps presse, mais ils trouvent toute sorte d’excuses allant jusqu’à maltraiter et même tuer les serviteurs. Pas difficile de comprendre que le roi n’était pas de bonne humeur. Ce sont quand même les noces de son fils!   Alors il ordonne aux serviteurs d’amener à la fête tous ceux et celles qu’ils trouveront le long du chemin pour remplir la salle de noces.

Comme dans la parabole de dimanche dernier, Jésus nous trace un résumé de tout ce qui s’est passé avant lui.    À toutes les époques de l’histoire, Dieu a envoyé des serviteurs pour inviter des gens à la noce : des sages, des prophètes, et bien d’autres qui ont souvent été malmenés et même tués parfois. Il faisait tout pour préparer les noces de son fils, Jésus.   Mais quand celui-ci est arrivé pour la noce, pour faire une nouvelle alliance, les invités n’ont pas répondu à l’invitation.   Alors Dieu a envoyé d’autres serviteurs aux croisées des chemins pour inviter tous ceux et celles qu’ils rencontreraient. On peut y reconnaître les apôtres qui sont allés à la croisée des chemins : à Corinthe, à Athènes, à Éphèse, à Rome, pour inviter les gens à la noce, et ils sont venus.

Cette parabole de Jésus continue de venir nous rejoindre aujourd’hui. Dieu envoie toujours des serviteurs pour nous inviter aux noces de son Fils. Ce n’est pas le temps de pointer du doigt ceux et celles qui refusent l’invitation, ceux et celles qui se trouvent toute sorte de bonnes raisons de ne pas venir, et qui, parfois, vont encore jusqu’à maltraiter les serviteurs. Ce n’est pas à eux que le Seigneur veut parler mais à nous.

Quand on est invité à un mariage, on prend soin de bien s’habiller. C’est une façon de dire aux mariés qu’ils sont importants pour nous et qu’on les aime bien. Dans la parabole, le roi remarque un invité qui ne porte pas le vêtement de noces. Qu’est-ce que Jésus veut nous dire? Qu’est-ce qu’il faut comprendre?

Tout le monde sait que pour être un bon joueur d’hockey ce n’est pas suffisant de respecter les règlements. On devient un bon joueur quand on joue bien, quand on marque des buts ou qu’on aide nos coéquipiers à le faire, quand on offre un jeu qui ravit les spectateurs.

Il en est ainsi dans notre vie chrétienne.   Porter le vêtement de noces, ça veut dire bien sûr respecter les règles de base, mais ça ne suffit pas pour être de bons chrétiens. Encore faut-il revêtir les manières et les comportements du Christ, c’est-à-dire  travailler comme lui et avec lui à bâtir un monde plus juste et plus fraternel. C’est facile de passer à côté, de ne pas répondre à l’invitation en se trouvant toute sorte d’excuses, parce qu’on juge qu’il y a des choses bien plus importantes à nos yeux. 

En ce moment, nous sommes rassemblés pour l’Eucharistie, un vrai repas de noces où le Seigneur veut renouveler son alliance avec nous.   Porter le vêtement de noces à la messe, c’est bien sûr respecter les règles de base, mais c’est surtout se laisser toucher intérieurement par les gestes, les paroles, les rites;  c’est joindre la communauté qui est là, chanter quand il le faut, écouter les lectures, prier les uns pour les autres, faire silence quand il faut faire silence. C’est stimuler notre cœur pour faire de la messe une rencontre d’amour avec Dieu, avec les autres, pour en faire un temps de joie : la joie d’être ensemble, la joie de prier, de remercier Dieu, de le sentir à nos côtés, de le sentir en alliance avec nous. 

Il était beaucoup question des serviteurs dans l’évangile. Ils portent une première invitation, puis une deuxième parce que le temps presse, puis une troisième à la croisée des chemins.   Je les imagine comme des messagers joyeux et persévérants.   Ce matin, demandons au Seigneur la grâce d’être comme ces serviteurs qui transmettent l’invitation du roi aux noces de son Fils.   Puisse notre vêtement de noces, faire découvrir aux gens autour de nous qu’ils sont invités à rejoindre le marié, c’est-à-dire le Seigneur lui-même.

Poursuivons notre prière.