Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 5 octobre 2014


27e dimanche ordinaire

« Écoutez cette parabole », « Je vous le dis ».  C’est bien clair que  Jésus insiste pour être écouté.   Il s’adresse en particulier aux chefs religieux qui ne veulent rien entendre, bien plus préoccupés à chercher les places d’honneur qu’à donner priorité au Royaume de Dieu.  Je pense bien que Jésus nous demande de l’écouter nous aussi pour nous permettre d’éviter les erreurs et d’aller vers l’essentiel.

Il était question de vigne dans l’évangile.  La semaine dernière, à l’émission « La semaine verte »,  à la télévision,  on voyait un monsieur qui était passionné pour sa vigne.   On dit que les propriétaires de vigne éprouvent une véritable passion pour elle.  Ils en prennent un soin jaloux et avec beaucoup d’amour.  Il faut comprendre qu’à chaque fois qu’il est question de vigne dans l’évangile, c’est pour nous dire que le Bon Dieu éprouve la même passion pour sa vigne.

Jésus veut faire comprendre aux chefs des prêtres et aux pharisiens qu’ils sont comme ces vignerons à qui le Maître a confié sa vigne en gérance.  Au lieu de lui en remettre les fruits qu’il attend,  ils agissent comme s'ils en étaient les propriétaires en voulant garder pour eux tous les produits de la récolte.   Non seulement, ils  se sont détournés de lui;  ils sont allés jusqu’à chasser et tuer les prophètes que Dieu leur envoyait jusqu’à conduire son Fils hors de la vigne pour le faire mourir sur une croix.  

Dieu nous confie à nous aussi la gérance de sa vigne.    

Quelle est cette vigne?  Bien sûr, c’est notre monde, c’est l’ensemble de notre humanité, notre famille, nos enfants et nos petits enfants,  le monde de notre travail et celui de nos loisirs,  c’est l’Église qui est le Corps du Christ.  Qu’est-ce que nous faisons de notre monde et de notre Église?  On peut se poser bien des questions.  

Malheureusement, comme dans la parabole, nous en arrivons à penser que nous sommes les propriétaires du monde et de l’Église et qu’on peut en faire tout ce qu’on veut.  

Nous devenons très possessifs!  Nous nous laissons surprendre à parler et agir comme si tout venait de nous. Nous disons facilement "mon" Église, "ma" paroisse, « ma » communauté.  Nous oublions que le monde ne nous appartient pas, mais qu’il appartient à Dieu, que l’Église ne nous appartient pas, mais qu’elle appartient à Dieu elle aussi,  qu’elle est l’Église de Jésus Christ.  Il l’avait dit clairement à Pierre un jour :   "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église."  

Personne d'autre que le Christ n'est propriétaire de l’Église, ni le pape, ni les évêques, ni les prêtres, ni les laïcs.  La paroisse Notre-Dame de l’Eau Vive, ce n’est pas « ma » paroisse,   mais c’est la paroisse de Jésus, c’est la vigne de Jésus avant tout.   Cette vigne, nous sommes appelés, comme  chrétiens baptisés et confirmés, à la gérer de telle sorte qu’elle porte  les fruits de justice et d'amour que Dieu attend de nous.  Dieu compte sur nous pour que son salut atteigne tous ses enfants,  pour témoigner de l’évangile là où nous sommes.     

L’évangile nous traçait tout un tableau de l’histoire de notre salut.  Jésus nous faisait voir, qu’au cours des siècles,  les hommes ont eu du mal à être de bons serviteurs.  C’est toujours vrai!   Pour y arriver, reconnaissons que nous avons besoin de l’aide du Seigneur qui est toujours capable de faire surgir le bien, même à partir du mal.  Pensons à St-Pierre.  Jésus a retourné ses trois reniements en trois déclarations d’amour.   Si le Christ a été capable de retourner les pires criminels pour en faire des saints, on peut comprendre qu’il est encore capable de faire de chacun et de chacune de nous de vrais amis,  des vignerons qui sauront donner les fruits attendus.

Dans l’histoire qu’il trace de notre salut,  Jésus nous enseigne aussi que le maître de la vigne ne s’est jamais découragé, qu’il est intervenu à toutes les époques, qu’il n’a jamais perdu confiance.  Il me semble que le Seigneur vient nous dire encore ce matin, comment il  a toujours confiance en nous. 

Aussi, en célébrant cette eucharistie,  prions le Seigneur de nous donner d’être de bon serviteurs de son Royaume, là où il nous a mis.

Poursuivons notre prière.