Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 28 septembre 2014


26e dimanche ordinaire

« Un père avait deux fils ! »  Deux paraboles commencent de cette manière, celle que nous venons d’entendre et celle de l’enfant prodigue.  Et dans les deux,  Jésus s’adresse aux responsables de la religion juive.  En racontant l’histoire de l’enfant prodigue,  Jésus leur laisse entendre qu’ils ressemblent au fils aîné incapable d’accueillir son jeune frère  qui revient à la maison après avoir gaspillé ses biens  parce qu’il se prétend bien meilleur que lui.   

C’est vrai que les chefs religieux prétendaient être bien meilleurs que les autres parce qu’ils respectaient la loi dans ses moindres détails.  Ce n’est pas ça que Jésus leur reproche!  Ce qu’il dénonce, c’est leur orgueil et leur mépris pour les pécheurs.  Il leur avait déjà dit en racontant l’histoire de ce pharisien qui était monté au Temple pour prier en même temps qu’un publicain.  Le pharisien  ne cherchait qu’à se mettre en valeur devant Dieu alors que le publicain suppliait le Seigneur d’avoir pitié de lui.  

Dans la parabole d’aujourd’hui, Jésus fait comprendre aux chefs religieux  qu’ils ressemblent  à ce fils qui dit à son père « Oui, je vais aller travailler à la vigne »,  mais qui ne fait rien.   Dans le même sens, Jésus avait dit un jour à ses disciples :  « Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent ; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. »

Le père de la parabole demande à ses deux fils d’aller travailler à sa vigne.  C’est ce que Jésus nous demande à nous aussi,  de travailler à son Royaume. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous envoyés pour témoigner de la bonne nouvelle de l’Évangile. Malheureusement, nous sommes souvent comme le premier fils : nous disons  « Oui! », mais nous ne faisons rien. Nous nous disons croyants mais parfois rien n’y paraît.

Ce matin, alors que nous célébrons la messe familiale, il y a deux choses que je veux dire aux jeunes.  Vous êtes dans une communauté qui ressemble au Père dans la parabole de l’enfant prodigue, une communauté toujours prête à vous accueillir tels vous êtes.  Vous êtes encore de ces personnes qui non seulement on su dire « Oui »,  mais qui en plus, on mis leur « Oui » en pratique en vous impliquant dans la messe familiale.  

L'évangile nous montre encore aujourd’hui qu'il est toujours possible de se ressaisir, de changer et de reprendre le bon chemin.   Dans la parabole de l’enfant prodigue,   on voit le jeune fils qui avait quitté la maison y revenir.  Dans l’évangile de ce matin, un des fils dit « Non » à son père,  mais finalement, il change d’idée et décide d’aller travailler.  Il est toujours possible de se convertir. Le prophète Ézéchiel, dans la 1e lecture nous disait : "L'homme peut toujours revenir de sa méchanceté"

Ils sont nombreux ceux et celles qui ont longtemps dit « Non » à Dieu et à l’évangile. Mais un jour, comme l'apôtre Paul et bien d'autres, ils se sont laissés saisir par l'amour qui est en Dieu. Leur vie en a été complètement changée. Ils sont devenus de grands témoins de la foi. Il n'est jamais trop tard pour Dieu. Pour lui, il est toujours possible de se reprendre et de changer d'attitude. C’est tout ce qu’il attend.

Souvent dans nos célébrations, nous répondons « Amen ».  J’avais une petite nièce âgée de quatre ans,  avait à sa mère, au retour de la messe :  « À la messe, le prêtre parle et nous disons « Amen ».  Il parle encore, et nous disons encore « Amen ».  C’est toujours la même chose à la messe :  « Amen, Amen, Amen ».  Elle n’avait pas encore compris que  dire «Amen », c’est notre manière de dire « Oui » à l’invitation de notre Dieu,  de lui dire que nous voulons vraiment accueillir le Christ et son évangile  dans notre vie et travailler à sa vigne.

L’évangile aujourd’hui nous rappelle qu'il ne suffit pas de dire "Amen" ; il faut surtout agir,  s'engager à travailler ensemble à la vigne du Seigneur,   aller dans le monde pour y devenir des artisans d'amour, de justice et de paix, tout faire pour aider les plus petits, les plus pauvres et les exclus à sortir de leur situation.  

Au moment de célébrer l’eucharistie, tournons-nous  vers le Seigneur pour le prier de nous guérir de nos incohérences, de nous donner de  traduire  le « Oui » de notre baptême et de notre confirmation en travaillant à sa vigne.  Et remercions-le pour tous ces ouvriers qui travaillent pour le Royaume,  pour tous ces témoins de la foi qui nous entourent.

Poursuivons notre prière.