Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 15 juin 2014


Sainte Trinité

Un jour un professeur demanda à une petite fille de lui dire un mot sur la Sainte Trinité. La petite se lève, fait un grand signe de croix en insistant : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » et elle s’assoit. Sur le coup, le professeur était déçu, mais la petite venait de dire l’essentiel.

Contrairement à ces grandes religions qui croient en un Dieu unique, nous les chrétiens nous croyons en la Sainte Trinité, en un seul Dieu en trois personnes.   Un mystère qui nous dépasse, bien au-dessus de nous, au-delà de notre capacité de comprendre.   Mais la bible ne cesse de nous redire, surtout St-Jean, et nous y croyons, que « Dieu est amour ».   La Trinité est un mystère d’amour.  Si Dieu est amour, il fallait bien qu’il aime quelqu’un avant même la création du monde.

Dans l’antienne d’ouverture d’aujourd’hui, on peut lire : « Béni soit Dieu, Père, Fils et Esprit, car il nous a traités avec amour ».  C’est ça qui est intéressant pour nous. La Trinité est un mystère d’amour, mais un mystère d’amour qui vient à notre rencontre, qui vient jusqu’à nous. On le voyait très bien dans les lectures que nous avons entendues!

La première lecture nous disait : « Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer près de Moïse. »  Une belle façon de nous dire que Dieu vient à la rencontre des hommes.

Dans l’évangile, St Jean nous disait : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… Il a envoyé son Fils dans le monde. »   En son Fils, on voit encore que Dieu s’est fait proche de nous, qu’il a pris notre chair, qu’il a habité parmi nous.

Et dimanche dernier, dans la première lecture, St Luc nous disait comment l’Esprit, le jour de la Pentecôte, est descendu sur les disciples comme des langues de feu, pour en faire des témoins ardents de son amour.

Toutes des Paroles qui viennent nous dire que la Trinité est un mystère d’amour qui n’est pas loin de nous, un mystère de communion qui nous appelle à vivre en communion les uns avec les autres, à nous aimer les uns les autres, à aimer ceux et celles qui habitent notre monde à la manière de notre Dieu.   « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour », nous dit St-Jean. 

Mais comment les hommes réagissent-ils devant ces venues de Dieu? Simon Pierre, après une pêche miraculeuse, tombe aux pieds de Jésus en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur! » Souvent, on s’imagine que si Dieu vient, c’est pour nous juger. Et nous avons peur parce que nous nous sentons coupables devant nos fautes, indignes à cause de notre incapacité à aimer les autres. On a toujours des raisons de se sentir coupable devant ce qu’on a fait ou de ce qu’on n’a pas fait.

Mais, en réagissant de cette manière, nous faisons une grosse erreur parce que le Père, le Fils et le St Esprit ne viennent pas à nous pour scruter nos vies ou nous punir, mais pour redonner la vie et nous sauver. L’Écriture ne cesse de nous dire et de nous redire que Dieu est amour et vie. 

On le voyait tellement bien dans la première lecture! Dieu vient se placer auprès de Moïse et lui dit qui il est : « Yahvé le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, plein d’amour et de fidélité. »  Une affirmation à méditer souvent.   Et dans l’évangile, St Jean nous disait : « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Face à cette Trinité d’amour, ce qui nous est demandé, ce n’est pas d’entrer dans la peur ou la culpabilité, mais dans la foi, peu importe qui nous sommes et peu importe notre histoire.

Pensons à ces deux grands piliers de l’Église que furent St Pierre et St Paul.   Pierre a renié Jésus trois fois, et Paul a persécuté l’Église naissante avec violence. Deux grands coupables qui auraient pu se morfondre de culpabilité pour le restant de leurs jours. Pourtant ni l’un ni l’autre n’ont été paralysés par leur culpabilité.    Les deux sont entrés dans la foi. Ils ont compris que ce que Dieu leur demandait, c’était simplement d’accueillir cette force de vie qui est le Père, ce pain de vie qui est Jésus, et ce souffle de vie qui est l’Esprit qui a bouleversé les apôtres le jour de la Pentecôte.  

Nous avons commencé notre célébration par un beau signe de croix, et nous la terminerons de la même manière, sous le signe de la Sainte Trinité. Prions le Père, le Fils et l’Esprit de nous faire entrer chaque jour, et toujours un peu plus, dans leur mystère d’amour, en accueillant dans la foi, la vie qui est en eux, à la manière de Pierre et de Paul.

Poursuivons notre prière.