Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 4 mai 2014


3e dimanche de Pâques

 

J’aime beaucoup cet évangile qui nous révèle la grande tendresse de Jésus.

Première tendresse de Jésus! Le soir de Pâques, il se joint à ces deux disciples qui s’en retournent chez eux après la mort de Jésus. Une belle tendresse! Rien ne l’obligeait à le faire! En plus, comme il connaît bien le cœur humain et sait comment nous avons besoin de parler quand nous vivons des moments difficiles, il aide les deux disciples à lui raconter ce qu’ils vivent en leur posant deux questions : « De quoi parliez-vous tout en marchant », « Quels événements? » 

Il y a un psaume qui dit « Le Seigneur est proche des cœurs brisés. » C’est ce qu’on voit dans l’évangile, et non seulement dans celui-là, mais dans tout l’Évangile. Jésus a été la manifestation vivante de la tendresse du Père, particulièrement pour les petits, les pécheurs, les malades.

C’est encore vrai aujourd’hui.   Le Ressuscité continue toujours de s’approcher de ceux et celles qui souffrent.    Ce matin, Jésus se joint à nous aussi, dans ce que nous vivons, et il vient nous poser les mêmes questions à nous aussi, « qu’est-ce que vous vivez en ce moment? »  Prenons le temps de le lui dire! Je pense que c’est une très belle prière qu’on peut lui faire ce matin.

Deuxième tendresse de Jésus dans cet évangile : il réchauffe le cœur des disciples. Ce sont eux qui nous le disent : « Notre cœur n’était-il pas brûlant pendant qu’il nous parlait sur la route ». 

On comprend qu’ils avaient besoin de quelqu’un qui les encourage parce qu’ils vivaient tout un drame. Ils avaient été séduits par Jésus;  ils l’avaient suivi pleins d’espérance; ils voyaient en lui « un prophète puissant par ses actes et ses paroles. »  Ils étaient certains d’avoir trouvé le Messie. Mais tout avait basculé en quelques heures; tout s’était terminé avec la mort de Jésus sur une croix. C’était bel et bien fini!

Jésus prend le temps de réchauffer le cœur de ses deux disciples « en leur expliquant dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. »  Il montre aux disciples qu’il avait accompli tout ce qui avait été annoncé par les prophètes, à savoir que le messie devait souffrir, mais qu’il réussirait au-delà de toute attente.   Il leur a peut-être commenté la petite phrase du psaume que nous avons prié tantôt : « Tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption ». Il leur a peut-être rappelé que, par trois fois, il avait annoncé qu’il devait mourir et ressusciter d’entre les morts.   Il a réveillé leur espérance.

Il me semble qu’on peut se reconnaître dans ces deux disciples! Nous aussi, nous avons été séduits par Jésus.   Depuis qu’on est tout jeune, on nous a appris que Jésus nous aime, qu’il faut le prier avec confiance. Mais, quand un projet qui nous tient à cœur tombe à l’eau, quand la maladie arrive, quand la mort survient dans notre famille, et dans bien d’autres situations pénibles, il faut le dire, nous éprouvons des jours de grandes tristesses. Nous espérions, mais Jésus semble bien absent.

Chaque dimanche, Jésus vient nous parler dans la Parole que nous écoutons pour nous réchauffer le cœur et nous aider à grandir dans notre foi. Ça me réjouit toujours quand, souvent, après des funérailles, des personnes viennent me dire que j’ai réussi à leur réchauffer le cœur. 

Troisième délicatesse de Jésus!   Réchauffés par la Parole, les deux disciples, voyant que le soir approchait, invitent Jésus à rester. Au moment du repas, l’inconnu « prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ». Les deux disciples se sont rappelé que, trois jours auparavant, au cours du dernier repas qu’il prenait avec ses disciples, Jésus avait fait du pain rompu et du vin versé, le signe de sa mort et de sa résurrection.   Les deux disciples reconnaissent Jésus! Imaginez comme ça a dû être un moment extraordinaire.     

Ce matin, le Seigneur fait preuve de la même délicatesse envers nous, il se joint à nous sur notre route, il nous réchauffe le cœur, il se rend présent dans l’Eucharistie. Rendons-lui grâce

et poursuivons notre prière.