Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 5 mars 2014


Mercredi des cendres

Un jour, un groupe de chrétiens engagés a caressé le rêve de faire un beau projet de Carême afin d’aider leurs frères et leurs sœurs à bien le vivre. Comme il fallait engager quelqu’un, ils affichèrent une ouverture de poste afin d’embaucher une personne qui travaillerait sur un projet bien concret.  

Trois personnes qui avaient l’air toutes désignées pour mener à terme le projet ont posé leur candidature. Et, le jour de l’entrevue, elles se sont présentées devant le comité de sélection, un jury aux couleurs de l’évangile. 

Le premier candidat à se présenter était un homme sûr de lui et de sa fortune. Il voulait donner le bon exemple, marcher en tête de la procession et jeter, tout au long du parcours, des pièces de monnaie en aumônes. Mais, il a été remercié rapidement par le jury qui était présidé pauvre veuve, celle qui avait versé deux piécettes dans le tronc du Temple et qui avait suscité l’admiration de Jésus parce qu’elle avait donné tout ce qu’elle avait pour vivre.

Le deuxième candidat, on le connaissait un peu : un homme tiré à quatre épingles, qui joignait les mains pendant la prière, qui levait les bras au moment du Notre-Père. Il raconta au jury qu’il n’avait qu’un seul but : entraîner de grandes foules à la prière. Mais, dans le jury, c’est le publicain qui s’objecta, lui qui était monté au temple pour prier en même temps qu’un pharisien, et qui, se tenant à distance, avait demandé au Seigneur de prendre pitié du pécheur qu’il était. 

Le troisième candidat avait l’air abattu, la mine défaite, une vraie face de carême comme quelqu’un qui veut attirer toute l’attention sur lui. Le jury le repoussa lui aussi, sur un avis de Marie, celle-là qui, tout en larmes, avait montré beaucoup d’amour en versant un parfum de grand prix sur les pieds de Jésus.

Finalement, aucun candidat n’a été retenu par les membres du jury pour occuper le poste.   Il ne restait que les membres du jury.

·       Une pauvre veuve qui nous invite au vrai partage avec les pauvres, surtout pendant la campagne de Développement et Paix.

·       Un publicain qui prie dans la vérité et dans le silence en reconnaissant ses fautes.  

·       Et puis Marie qui a montré beaucoup d’amour, celle qui nous amènera jusqu’au tombeau pour embaumer le corps de Jésus et jusqu’au matin de Pâques pour rencontrer le ressuscité.

Il me semble que ces trois personnes viennent nous dire que le carême, ça devrait d’abord être une affaire de cœur, un cœur à cœur avec notre Dieu.   

Les textes que nous avons entendus nous rappelaient ce qu’il y a dans le cœur de notre Dieu. On le voyait dès les premiers mots de la messe : « Seigneur, tu aimes tout ce qui existe. » Dans la même ligne, le prophète Joël nous disait « Dieu est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour »« Le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il eut pitié de son peuple. »  « Ton Père voit ce que tu fais en secret », nous disait Jésus. Autrement dit, il voit dans notre cœur. Et ce qui l’intéresse au plus haut point, c’est que nous ayons un cœur nouveau.

Et en communion avec ce désir du Bon Dieu, nous avons prié le psaume en disant :   :  « Donne-nous, Seigneur un cœur nouveau », « Crée en moi un cœur pur », une prière qui pourrait bien nous accompagner tout au long du carême. Changer notre cœur, c’est quelque chose de bien personnel, mais il faut bien se rendre compte que ça a beaucoup d’importance pour les personnes qui nous entourent. Chaque fois que notre cœur se bonifie, c’est tout le climat autour de nous qui s’améliore. 

Je nous souhaite que ce Carême soit une affaire de cœur, un cœur qui ressemble à celui de cette pauvre veuve, à celui du publicain qui prie dans le secret, et à celui de Marie-Madeleine qui a montré beaucoup d’amour en versant un parfum précieux sur les pieds de Jésus.

Poursuivons notre prière.