Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 1er décembre 2013


1er dimanche de l'Avent

Il y a une artiste de chez nous qui a dit : « Qui est ce Dieu qui a créé le monde pour l’abandonner par la suite? ».   Une phrase terrible!  Tout le contraire de notre foi!  Parce que, nous, nous croyons que Dieu n’a jamais abandonné le monde. 

On n’a qu’à penser aux événements qui ont marqué l’histoire de notre salut : la foi d’Abraham et de Sara,  la sortie d’Égypte, les prophètes qui nous ont parlé et qui nous parlent encore.  Dans moins d’un mois,  nous allons célébrer la visite de Dieu qui s’est fait chair pour devenir l’un de nous.  Il s’est impliqué dans notre histoire et pas à peu près. Et ça continue. Il revient toujours par l’Esprit qui nous habite, par exemple, dans les bénévoles de la guignolée qui se préoccupent des plus démunis,  dans l’histoire d’amour des jeunes couples qui se préparent au mariage, dans ces catéchètes qui cherchent à transmettre la foi, dans le drame de ceux et celles qui luttent contre la maladie, dans la peine des familles qui vivent un deuil en ce moment. Il vient dans nos joies et nos croix,  dans nos peurs et dans nos rêves.

C’est tout ça que nous allons fêter à Noël!  Toutes les visites du Bon Dieu dans notre monde, hier, aujourd’hui et demain. Je dis bien, et demain, parce que Jésus nous annonce une visite encore à venir, à la fin des temps.

La semaine prochaine,  nous allons vous offrir des petites crèches comme l’année passée.   Je suis déjà en train de penser à un nouveau modèle avec un petit clocher sur lequel je placerais soit une petite croix soit un petit coq comme on voit parfois sur le clocher des églises.  Vous vous demandez peut-être, pourquoi un coq sur le clocher.  Ça a plusieurs sens et ça rejoint les textes d’aujourd’hui.

Rappelez-vous les mots de Jésus à Pierre, la veille de sa passion : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. »  Le coq peut nous rappeler nos faiblesses et notre besoin d’un sauveur. On en trouvait des faiblesses dans nos lectures : épées, lances, faucilles, débauche, dispute et jalousie.  Des faiblesses qu’on voit bien trop dans notre monde et qui nous révèlent comment nous avons toujours besoin de lumière, de miséricorde, d’un sauveur. 

En pleine ville de Florence, je me suis fait réveiller par le chant d’un coq le matin. Je ne suis sans doute pas le seul;  le coq réveille ceux qui sont encore endormis.  Ça rejoint l’invitation que St Paul nous adressait tantôt :   « L’heure est venue de sortir de votre sommeil… revêtez le Seigneur Jésus Christ ». Laissez-vous habiller par l’amour et la lumière qui sont en lui pour parler et agir comme lui.

Et puis, il y a encore un autre sens.  En chantant le matin,  le coq nous annonce l’arrivée d’un jour nouveau.   Ça rejoint ce que St-Paul nous disait :  « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche ».  Et Jésus, dans l’évangile, nous annonce un jour nouveau, celui de son retour à la fin des temps.

Jésus nous fait cette annonce en nous incitant à veiller comme les jeunes filles de l’évangile qui attendent l’arrivée de l’époux.  Il ne veut pas qu’on ne se laisse pas surprendre comme les gens avant le déluge;  il nous invite à attendre son retour en ayant hâte,  en étant tendus vers la venue de Dieu, en le désirant de tout son cœur, en étant convaincus que lui seul peut combler tous nos désirs, que lui seul est là pour nous sauver. Pendant ce temps de l’Avent,  laissons l’Esprit de Jésus creuser en nous le désir de Dieu!

Chaque fois que nous célébrons les visites du Bon Dieu, on se prend à rêver qu’il fasse des merveilles, des miracles, qu’il nous envoie des anges.   Mais la plus grande merveille, ce n’est pas seulement qu’il vienne chez nous, mais qu’il vienne en nous.  C’est là qu’on voit de vrais miracles!  Isaïe nous en donnait une idée tantôt quand il disait : « De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles.   On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on ne s’entraînera plus pour la guerre. »   On ne peut pas trouver plus actuel comme message!  Ouvrons tout grand notre cœur pour laisser le Bon Dieu venir en nous,  pour entrer dans le combat de la lumière,  dans son projet d’amour et de réconciliation.

Bientôt, à travers le monde, on va célébrer Noël de toute sorte de manières, et Jésus ne sera pas là bien souvent.  Nous avons probablement des proches, des parents, des amis, des voisins qui ne réussissent pas à voir comment Dieu habite notre histoire.   Portons-les dans notre prière pour qu’avec nous,  ils puissent mieux découvrir que fêter Noël,  ce n’est pas fêter quelque chose,  mais fêter Quelqu’un,  Quelqu’un qui est venu,  qui vient,  et qui reviendra tout réconcilier en lui.

Aujourd’hui,  nous célébrons la visite du Bon Dieu dans cette Eucharistie qui nous rassemble. Il vient parce qu’il veut demeurer avec nous jusqu’à la fin des temps.

Ouvrons tout grand nos cœurs à celui qui veut nous voir avec lui pour l’éternité.  

Laissons-Le, comme Marie, s’enfanter en nous. Laissons-nous laisser habiller par son amour et sa lumière. Oui, laissons Jésus venir en nous pour aimer, par nous, tous ceux et celles qu’il place sur notre route .  

Poursuivons notre prière.