Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 21 juillet 2013


16e dimanche ordinaire

À qui trouvez-vous que vous ressemblez le plus? À Marie ou à Marthe, ces deux sœurs qui accueillent Jésus dans leur maison, mais si différentes l’une de l’autre.  Spontanément on pense que Marie est meilleure que Marthe, et on est bien tenté de les opposer.  Mais rappelons-nous qu’elles comptaient toutes deux parmi les disciples de Jésus et que celui-ci les aimait.  Il n’a certainement pas voulu élever l’une pour rabaisser l’autre.

Mais pourquoi St Luc a-t-il donc voulu retenir cette scène d’évangile en apparence un peu banale? Il voulait sans doute, que les générations suivantes, et nous aussi, retiennent son message.  Mais quel est ce message?

En ce moment, nous sommes assis aux pieds du Seigneur pour écouter sa Parole comme Marie.   Nous le faisons aussi quand nous prions.  On se donne la chance et le temps de voir les choses autrement, de retrouver ce qui doit rester le cœur de notre engagement et de notre foi.  Les premiers chrétiens l’ont bien compris que on les voit : « Assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. »  Les apôtres aussi quand ils nous disent :  « Quand à nous, nous continuerons à assurer la prière et le service de la Parole. » (Ac 6,4)

La 1re lecture nous racontait comment le vieux Abraham reçoit une visite mystérieuse, une visite qui va changer complètement sa vie et celle de sa femme Sara.  Il supplie les trois étrangers de s’arrêter chez lui;  il met tout en œuvre pour bien les accueillir;  il demande à un serviteur de leur laver les pieds, à sa femme de faire du pain, à un autre de tuer un veau gras et tendre.   C’est ce qu’on voyait chez Marthe qui se dépense autant qu’Abraham pour accueillir ses hôtes.

À lire l’évangile, on pourrait facilement se méprendre en pensant qu’elle est moins bonne que sa sœur, Marie.  Pourtant, il n’en est rien! Elle est utile, indispensable, aimante! Elle est un modèle de charité, d’un amour qui se met au service des autres, comme le bon samaritain dans l’évangile de dimanche dernier.  Elle réalise déjà une parole de Jésus qui disait : « Vous m’avez donné à manger, vous m’avez donné à boire, venez les bénis de mon Père » (Mt 25).   Je pense que Jésus s’émerveille toujours devant toutes les tâches ménagères, si humbles, si pleines d’amour, de tant de femmes, dans le monde entier, dans toutes les civilisations, et qu’on pense si peu à remercier.  Il y a plein de Marthe dans notre monde.

Jésus apprécie la chaleur de son accueil actif, mais il voit qu’elle court un danger :   « Marthe, Marthe, tu te soucies et tu t’agites pour beaucoup de choses. » Il ne lui reproche pas d’agir, mais de s’agiter jusqu’à vivre un « Stress ».  Agir et s’agiter, ce n’est pas la même chose.  Elle fait tout ce qu’il faut pour bien accueillir Jésus,  mais elle est tellement « stressée  qu’elle risque d’oublier son invité avec tout ce qu’il est et tout ce qu’il a à dire. 

St Luc est bien conscient qu’on peut courir le même danger que Marthe.  Dans nos vies, on a tellement de préoccupations, d’activités, de priorités qu’on peut oublier ce qui doit demeurer le cœur de notre vie et de notre foi.  «Même chose dans la paroisse!  Toute sorte d’activités, de comités, de projets!  On se laisse accaparer au point qu’on court le risque de ne pas choisir l meilleure part, d’oublier celui qui est le plus important,  le Royaume de Dieu, et notre hôte, Jésus.

Au cœur de toutes nos activités, nous avons toujours besoin d’accueillir Jésus, d’accueillir sa Parole, d’accueillir son amour dans nos cœurs, de voir ce que le Seigneur fait pour nous, ce qu’il nous dit, ce qu’il accomplit.   En le faisant, on vivra moins de « stress » et on demeurera plus calmes devant tout ce qui se passe autour de nous.  Pas plus tard que cette semaine, Jésus disait dans l’évangile :  « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos… Devenez mes disciples car je suis doux et humble de cœur. »

Aujourd’hui, c’est le Seigneur qui nous reçoit à sa table pour nous offrir la meilleure part,  lui-même, dans sa Parole et dans le pain de l’Eucharistie.   Et la seule attitude qu’on peut avoir, c’est une attitude d’accueil et de réceptivité, comme Marie.   Mais, il ne faut pas oublier qu’à la fin de la messe,  nous serons envoyés pour nous mettre au service des autres, comme Marthe, ce beau modèle de charité.

 

Poursuivons notre célébration.