Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 7 juillet 2013


14e dimanche ordinaire

La semaine dernière,  dans mon homélie, j’ai parlé d’une affiche qu’on voit souvent quand on circule en ville : « Nous embauchons ».  Cette semaine, je me suis dit qu’on devrait peut-être en mettre une à la porte de nos églises : « Nous embauchons ».  Au moins, ce serait une manière de nous rappeler que nous avons une mission à remplir, une mission importante. 

Jésus vient de nous dire : « La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. »  Pas difficile à comprendre pour nous qui vivons dans un monde où plein de gens vivent comme si Dieu n’existait pas.  Mais il ne faut pas penser que c’est nouveau.  Les premières communautés chrétiennes vivaient la même situation que nous : de toutes petites communautés dans une mer de paganisme, de superstition et de fatalisme. 

St Luc vient de nous dire que Jésus envoie 72 disciples devant lui.  C’est un chiffre symbolique parce qu’à l’époque, on croyait qu’il y avait 72 pays.  St Luc veut nous faire comprendre que c’est vers le monde entier que Jésus veut envoyer des disciples,  pas juste des prêtres et des agentes de pastorale, mais chacun et chacune de nous.  Dans l’esprit de Jésus et de St Luc  tous les disciples du Christ doivent annoncer la Bonne Nouvelle. 

Ce n’est pas une théorie que St Luc nous donne!  Il nous fait part de sa propre expérience.  Il voit bien que les communautés chrétiennes qui ont surgi un peu partout en plein monde païen sont nées parce que des hommes et des femmes de toute sorte de conditions et de milieux ont rendu témoignage au Christ.  Il faut bien comprendre que tous les baptisés ont un rôle irremplaçable à jouer dans notre monde.

C’est pas mal curieux!  Quand Jésus envoie les 72 disciples,   il ne dit rien du message qu’ils devraient transmettre,  il ne dit rien du contenu de la foi.  Il ne leur demande pas de faire de grands discours,  mais il leur donne des consignes très concrètes, des manières d’exercer notre mission que n’importe lequel baptisé est en mesure de mettre en œuvre. Quand on regarde Jésus, on voit bien que lui-même n’a pas choisi des professionnels comme apôtres.

1ière consigne : « Priez le maître de la moisson... »   Notre première tâche, prier.   On est tous capables de faire ça,  même les malades et les personnes âgées.  Pourquoi prier? Parce que nous avons besoin de l’Esprit.  C’est lui seulement qui peut passer dans les cœurs.

2ième  consigne : « N’emportez pas de gros bagages ».  On s’imagine souvent que,  pour remplir notre mission, ça demande des gros moyens, des organisations compliquées,  des structures très lourdes, de gros battages publicitaires.   C’est sûr qu’il faut un minimum de moyens, mais Jésus nous recommande la simplicité de moyens, pas d’argent, pas de sac, pas de sandales.   Notre seule force, c’est le Christ.

3ième  consigne : «Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord paix à cette maison.»   On le sait par expérience,  c’est dans la paix que nous pourrons nous rencontrer, nous apprécier les uns les autres, nous enrichir mutuellement.  Nous sommes envoyés avec une mentalité d’agneau et non de loup, pour dire à ceux et celles que nous rencontrons que nous désirons leur apporter la paix, que nous leur voulons du bien, que nous les aimons.  «On saura que vous êtes mes disciples si vous vous aimez les uns les autres.» Notre pauvre monde a bien besoin de paix, non pas la paix des armes, mais la paix de Dieu. 

4ième  consigne : « Guérissez les malades ».  Le Christ nous invite à nous faire proches de ceux et celles qui souffrent intérieurement, à accompagner ceux et celles qui vivent dans la solitude en leur permettant de découvrir que le règne de Dieu est tout proche.  Il ne s’agit pas de dire de beaux mots, de prononcer des vœux pieux mais d’agir, de faire reculer le mal, de soulager, parce que notre religion en est une d’entraide, de fraternité, de partage. 

L’évangile nous disait qu’au retour de leur mission, les 72 disciples revinrent tout joyeux.  Mais Jésus leur rappelle et nous dit à nous aussi que, s’il nous envoie en mission, ce n’est pas pour avoir du succès.   Si on s’en va en mission, c’est parce qu’on sait comment nous sommes aimés de Dieu qui va jusqu’à nous dire :   «Réjouissez-vous, parce que votre nom est inscrit dans les cieux». 

Alors que nous sommes réunis pour célébrer l’Eucharistie,  nous rencontrons le Seigneur qui nous donne sa paix, qui nous donne sa force. Et nous retournerons dans nos familles pour préparer, par notre manière de vivre, la venue du Seigneur auprès des enfants, des petits enfants, auprès de ceux et celles avec qui nous entrons en contact cette semaine même s’ils ne s’intéressent pas à la présence de Dieu dans leur vie.

Poursuivons notre prière.