Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 9 juin 2013


10e dimanche ordinaire

Alors que le pays souffre d’une grande famine, une pauvre veuve sauve la vie du prophète Élie en l’accueillant chez lui.   Et pendant que le prophète vit avec elle, son fils tombe sérieusement malade et expire. Le prophète prend l’enfant, se retire avec lui dans sa chambre, intercède auprès de Dieu, et ramène l’enfant à sa mère en lui disant : « Regarde, ton fils est vivant ». On se souviendra qu’un autre prophète, Élisée, fera la même chose avec le fils d’une Sunamite.

Dans le Nouveau Testament, aux  Actes des Apôtres, une femme morte recouvre la vie à la prière de Pierre. À un autre moment, c’est un adolescent qui revient à la vie après l’intervention de Paul.

Dans l’évangile, on vient de voir Jésus qui, arrivant à Naïm, croise un cortège funèbre. Saisi de pitié devant une pauvre veuve qui conduit son enfant au tombeau, il intervient et provoque la résurrection du jeune homme devant des témoins émerveillés.   Il fera la même chose pour la petite fille de Jaïre et pour son ami Lazare, mort depuis trois jours. 

Ces sept personnes qui recouvrent la vie nous permettent de découvrir que notre Dieu est un Dieu qui fait revivre.   C’est déjà beaucoup, mais il y a bien plus !

Pourtant ces sept miraculés qui sont revenus à la vie, on le comprend, ont dû vieillir, tomber malades et mourir à nouveau. On ne peut pas dire qu’ils ont reçu une nouvelle vie ;  ils ont retrouvé la vie qu’ils avaient avant, ou un supplément de temps pour vivre sur la terre.   Bien sûr, ces résurrections sont extraordinaires et bouleversantes, et pourtant elles sont bien pâles à côté de la résurrection de Jésus, et de la résurrection qui nous attend.

Contrairement à eux, quand Jésus ressuscite, quand il sort vivant du tombeau, il ne reprend pas la vie qu’il avait avant pour continuer à vivre sur la terre comme avant sa passion.   Il n’est plus visible;  il n’est plus sur la terre ;  il n'est plus soumis au temps, à la précarité, à l’usure, au vieillissement et à la mort.   Il ressuscite pour une vie radicalement autre, une vie nouvelle, pour une vie éternelle, pour une vie qui n'est plus de ce monde.

Avec lui, c’est la vie qui triomphe ;  avec lui le mal et la mort n’ont pas le dernier mot. Et encore plus, le ressuscité du matin de Pâques veut nous associer à sa victoire.   Lors de la mort de Lazare, Jésus dit à Marthe :  « Je suis la résurrection et la vie :  celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;  et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »  On peut penser encore à l’évangile du jugement dernier.

Le ressuscité veut nous associer à sa vie. « Et moi, je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ». Il continue d’être présent dans notre monde par son Esprit. Il veut toujours s’approcher de notre monde qui ressemble au fils de la veuve de Naïm. Il s’approche de nous pour nous raffermir et nous rendre la vie, pas un complément de vie, mais une vie qui ressemble à la sienne, une vie en plénitude, une vie qui n’a plus de rivage ni de fin.

Traditionnellement, le mois de juin est un mois consacré au Sacré-Cœur, un mois qui nous rappelle l’amour passionné de Jésus pour le monde. Cet évangile nous révèle donc le pouvoir de résurrection de Jésus qui peut redonner vie à tout et à tous. Ouvrons-nous aux forces de la vie en rendant grâce à Dieu qui n’abandonne jamais ses enfants malades.

Vous avez remarqué la fin de l’évangile :  « Cette parole se répandit dans toute la Judée et les pays voisins ». St Paul nous racontait tantôt comment Jésus avait fait les premiers vers lui alors qu’il était persécuteur des chrétiens. Cette rencontre avec lui sur le chemin de Damas a été pour Paul un véritable bouleversement. Elle a fait de lui un apôtre de l’Évangile. On y voyait toute la foi de Paul en la puissance et en la bonté de Jésus.

Tous les retours à la vie que j’ai nommés plus haut étaient accompagnés de prières : prière d’Élie, de Pierre, de Paul et des autres. Prions nous aussi aujourd’hui Celui qui vient rejoindre toutes les communautés chrétiennes rassemblées en son nom et la nôtre. Tantôt nous allons communier au Christ ressuscité, à la vie éternelle. Rendons grâce au Seigneur pour le don qu’il nous fait, pour le don de sa résurrection qui est déjà commencée en nous. Et puisqu’il nous envoie nous aussi vers les blessés de la vie, demandons-lui de nous donner son Esprit pour que nous soyons dans notre monde les témoins de son amour.

Poursuivons notre prière.