Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 31 mars 2013


Dimanche de Pâques

 Si on reculait dans le temps, il faudrait que je commence mon homélie en vous vous racontant une histoire qui ferait rite tout le monde,  une  tradition qu’on appelait le « Rire pascal ».

Je le comprends parce que Pâques,  c’est la fête la plus joyeuse de l’année,  pas faite de ces rires momentanés après une histoire,  mais d’une joie profonde qui inonde nos cœurs.   Cette joie profonde, les apôtres en ont fait l’expérience.  Après leur rencontre avec Jésus ressuscité, ils ont vu leur vie complètement transformée.  Une fête joyeuse, Pâques, parce que, comme eux,  nous croyons, depuis ce jour-là, que la vie est plus forte que la mort,  l’amour plus fort que la haine.  Une fête joyeuse, Pâques,  parce que le grain de blé jeté en terre, Jésus, ne cessera jamais de croître et de grandir.  Une fête joyeuse, Pâques,   parce que nous croyons que le ressuscité du matin de Pâques est toujours à l'œuvre dans notre monde,  dans notre histoire et dans nos vies.

L’évangile vient de nous raconter que, le premier matin de Pâques, trois personnes, Marie-Madeleine, Pierre et Jean se rendent, de bonne heure, au tombeau où on avait enseveli Jésus, et les trois font face à un fait troublant: le corps de Jésus a disparu !

Ça n'a pas dû être facile de faire cette découverte !  Marie-Madeleine, bouleversée,  prend ses jambes à son cou pour aller le dire à Simon-Pierre et à l’autre disciple, celui que Jésus aimait. et ils se mettent à courir leur tour.  Les trois sont  en face de quelque chose de bouleversant qu’ils interprètent chacun à leur manière.  

1)    Pour Marie-Madeleine, ce n’est pas compliqué!  Il y a quelqu'un qui a volé le corps de Jésus,  un délit très grave à l’époque, un délit qui entraînait la peine de mort.

2)     Pierre, lui, constate que le linceul et les bandelettes ont été soigneusement rangés! Il n’est pas sans réfléchir et se dire qu’un voleur n'aurait sûrement pas pris le temps de dévêtir un cadavre et de plier soigneusement les linges avant de partir!

3)    Jean a une réaction complètement différente.  « Il vit et il crut », nous dit l’évangile.  Il se souvient peut-être de Lazare que Jésus avait ressuscité,  qui était sorti de son tombeau encore tout emprisonné dans ses bandelettes. Jésus avait dit :  « déliez-le et laissez-le aller. »  En voyant le linceul et les bandelettes bien rangés, Jean a compris que Jésus avait été délié, comme Lazare, délié des liens de la mort, lui aussi.

« Il vit et il crut. »   Jean n’a pas eu une preuve de la résurrection de Jésus, mais un signe qui l’a amené à croire.  Nous aussi, on n’a pas de preuves de la résurrection de Jésus!  Ce ne serait plus la foi!   Mais nous avons toujours des signes qui nous amènent à croire.  À titre d’exemple,  je vous raconte une conversation entre un nouveau converti et un ami incroyant.

"Comme ça, on t'a converti au Christ?" "Oui."

"Tu dois en savoir pas mal sur lui.  Dis-moi donc: dans quel pays est-il né? "Je ne sais pas." "A quel âge est-il mort?" "Je ne sais pas." "Combien de fois est-il allé à la synagogue de son village pour prier?" "Je ne sais pas."

"Tu sais pas grand'chose pour quelqu'un qui prétend croire au Christ!"

"C'est vrai, j'ai honte de ne pas en savoir plus !  Mais il y a une chose que je sais!  Il y a trois ans, j'étais ivrogne, bourré de dettes; ma famille tombait en ruine; chaque soir, ma femme et mes enfants redoutaient mon retour! Maintenant, j'ai laissé la bouteille; je n’ai plus de dettes; notre foyer est heureux; mes enfants ont hâte que j'arrive le soir!  C'est le Christ qui a fait ça pour moi!  Ça, je sais ça!

Ce nouveau converti ne donne pas à son ami incroyant une preuve de la résurrection du Christ, mais il raconte à son ami ce que le ressuscité a fait dans sa vie.  L’adulte que nous avons baptisé hier soir, lors de la Veillée Pascale, pourrait sans doute nous en dire quelque chose.  On ne peut jamais donner des preuves pour obliger les gens à croire,  mais on peut donner des signes de notre foi, des signes qui peuvent amener les personnes à croire.

En ce dimanche de Pâques, quels signes pouvons-nous donner qui pourrait conduire à croire? Sûrement, celui d’une communauté chrétienne heureuse de se retrouver, de chanter, de proclamer sa foi, d'accueillir chez elle des frères et des sœurs qui la visitent.  C'est sûr, ce n'est pas une preuve de la résurrection de Jésus, mais un signe de notre foi en Jésus ressuscité.

Il y en a d’autres signes qu'on peut remarquer autour de nous et qui peuvent amener les gens à croire!   Je pense à cette famille en deuil qui garde l'espérance à cause de sa foi en Jésus ressuscité!  À ce jeune couple qui fait confiance à Jésus ressuscité dans son projet de mariage!  À cette famille qui témoigne de solidarité et de partage à cause de sa foi en Jésus ressuscité!  Je pense à tous ces catéchètes de notre paroisse, qui, en balbutiant peut-être,  osent dire leur foi à des enfants, à de jeunes parents; je pense  à ces gens qui, parmi nous, visitent les malades et les démunis.   Je pense à toutes ces surprises que nous donne le pape François, jour après jour. 

Notre présence à l’église ce matin témoigne de notre foi.  Qu’est-ce qui nous a amenés à croire?   Quel est le signe qui nous a le plus marqués dans notre vie et qui nous a amenés à croire?  Cherchons à l’identifier et prenons le temps, au cours de notre célébration,  de le confier au ressuscité du matin de Pâques dans notre prière.  

Je vous souhaite une très belle fête de Pâques.