Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 1er juillet 2012


13e dimanche ordinaire

Aujourd’hui, en écoutant l’évangile, on pourrait simplement s’émerveiller devant les gestes de Jésus qui guérit une femme et ressuscite une petite fille.  De fait, saint Marc aime nous présenter un Jésus qui a hâte d’agir contre toutes les forces du mal : les esprits mauvais, la tempête apaisée, les maladies et même la mort. 

Mais, en relisant et en méditant l’évangile, je me suis rendu compte que si saint Marc nous raconte des histoires merveilleuses, il veut bien plus nous resituer à un autre niveau.  On en a un bon indice quand Jésus dit à la femme « Ta foi t’a sauvée » et quand il dit à Jaïre, « Ne crains pas, crois seulement ».  Saint Marc sait bien que la seule chose qui peut nous faire résister à Jésus, c’est la liberté que nous avons de le refuser, autrement dit notre incroyance, notre manque de foi.  Aussi, il veut nous aider à nous situer au niveau de notre foi.

Il commence en nous disant qu’une « grande foule s’assembla autour de Jésus. »  « Tu vois bien la foule qui t’écrase », lui disent ses disciples.  On peut dire de ces gens qui suivaient Jésus qu’ils ont une foi qui est à ses débuts, une foi encore imparfaite.  Jésus est bien loin de mépriser ces gens-là ;  au contraire il désire les amener plus loin.  Ce n’est pas rare que j’entends des gens qui prétendent avoir une belle foi critiquer ceux et celles qui leur semblent avoir une foi trop fragile, par exemple ceux qui demandent le baptême ou qui veulent se marier en venant rarement à l’église.  Jésus nous invite à ne pas les mépriser mais à chercher à les amener plus loin.

Et puis, Marc fait un pas de plus en nous parlant de cette femme qui lutte férocement pour recouvrer la santé depuis 12 ans.  Elle se fraie un chemin vers Jésus en se disant : « Si je le touche, je serai sauvée ».  Et Jésus, sentant qu’une force était sortie de lui demande « Qui m’a touché ? »

Ça n’a l’air de rien cette petite question, mais elle est très parlante.  À l’époque, celui qui touchait une femme que les gens considéraient comme impure devenait lui-même impure.

Plus loin dans l’évangile, Jésus prend la main d’une petite fille morte.  En le faisant, il devenait lui aussi impur.  Ces touchers de Jésus nous font voir toute l’importance que Jésus accordait à une rencontre personnelle.  Jésus veut conduire la femme à une foi personnelle, une foi plus vraie, plus éclairée.  C’est à cette foi que Jésus veut toujours nous conduire,  à une foi qui est rencontre avec lui, le messie attendu, le Fils de Dieu, le Sauveur du monde.

Et pourtant, Jésus vous nous amener encore bien plus loin dans notre foi.  Un père désemparé, Jaïre, tombe à ses pieds et le supplie de venir guérir sa petite fille en train de mourir.  Surprenant les mots de ceux qui viennent  lui apprendre que son enfant est morte, Jésus lui dit : « Ne crains pas. Crois seulement. ».  Jésus souhaite que Jaïre fasse un pas de plus dans sa foi.    Il veut le faire passer à une foi dans la résurrection, une foi pascale, une foi en Celui qui est vainqueur de la mort. Prenant la main de la petit fille, Jésus dit :  « Talitha koum ! », «Jeune fille ! Debout ! »   « Debout », un  mot souvent employé par les évangiles pour dire la résurrection de Jésus.

Nous avons reçu la même grâce que cette jeune fille depuis notre baptême. Nous sommes passés de la mort à la vie,  nous sommes déjà ressuscités avec le Christ.  Entendons Jésus nous redire  comme à Jaïre: « Ne crains pas, crois seulement ! »  Crois que je te conduis à la vie avec une grand « V ».

Finalement, Jésus « leur dit de faire manger » la jeune fille.  Ce n’est pas juste un petit détail ou une belle petite marque d’attention de Jésus, pour permettre à la jeune fille de reprendre des forces.  Quand nous sommes  « passés de la mort à la vie » comme la jeune fille, Jésus nous invite toujours à manger, à prendre part à la table de l’eucharistie, pour prendre des forces nous aussi, pour que notre foi ne s’affaiblisse pas mais qu’elle devienne de plus en plus forte et vraie. 

 

Poursuivons notre prière.