Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 22 février 2012


Mercredi des Cendres

On rapporte qu’un homme était parti à la recherche de Dieu. Il disait :  « J’ai cherché Dieu par toutes les portes, mais j’ai trouvé à chacun d’elles une foule indescriptible.  A voir la porte de la prière, je n’aurais jamais cru qu’il y eût autant de gens qui prient.   A la porte de l’aumône, que d’hommes charitables!  Et que de pèlerins à la porte du pèlerinage!  J’ai pensé que jamais je n’entrerais chez Dieu, lorsque mon cœur me dit :  « Va donc voir à la porte de l’humilité! »  « Sapristi, je suis entré tout de suite! »

Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, Jésus nous invitait à prendre la porte de l’humilité :  « Ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacles!… ton Père voit dans le secret… »  Cette invitation, nous allons l’accompagner tantôt d’un geste en nous approchant pour recevoir les cendres qui sont un symbole de fragilité parce qu’elles sont emportées si facilement par le vent.  Ce geste manifeste, qu’en ce temps de Carême, nous désirons nous dépouiller un peu plus de nous-mêmes pour nous ouvrir encore davantage à l’Évangile. 

J’aimerais ça vous voir quand vous allez arriver chez vous tantôt!  Vous allez peut-être vous examiner pour voir si les dégâts ne sont pas trop grands!  Vous voudrez peut-être faire disparaître la cendre en vous lavant la tête!   On fait la même chose devant un feu de foyer!  On souffle sur la cendre pour raviver la braise  afin que le feu reprenne à nouveau. 

Nous sommes  cendre et braise!   Sous nos cendres, sous nos fragilités, il y a un feu qui couve, qui désire s’allumer pour une lumière éternelle! Sous la cendre de nos joies, de nos angoisses et de nos envies, nous le savons bien, il y a la braise de l’amour.  

 

En nous parlant de la prière, du jeûne et de l’aumône, c’est ce que Jésus nous invite à faire, souffler sur le braise de notre feu intérieur.

Nous sommes souvent esclaves d’un monde de gadget et de consommation.  Jésus nous invite à nous en libérer par le jeûne, ce que nous sommes capables de faire.

Nous sommes esclaves du stress, du manque de temps. Jésus nous invite à nous en libérer en prenant du temps pour la prière et la méditation,  un temps libre, un temps perdu gratuitement.  Dans ce sens et à la demande de plusieurs d’entre vous, nous avons demandé à Sr Marie-Thérèse Nadeau, professeure au Collège des Dominicains de venir vous parler du pardon, le 20 et 27 mars prochain.

Nous sommes esclaves d’un monde où l’argent est Dieu;  mais Jésus nous invite à nous en libérer en faisant l’aumône, pour signifier notre refus d’être possédé par l’argent.  La campagne de Carême de Développement et Paix pourra nous y aider beaucoup.

Nous sommes cendres et braise,  entre la cendre et la braise.  Je le redis, Jésus nous invite à vivre vraiment en soufflant sur la braise de notre feu intérieur.  Jésus ne nous impose pas de nouvelles contraintes.  Si on le voit ainsi, on pourrait facilement penser qu’on porte tout le poids de nos résolutions sur nos pauvres épaules, mais n’oublions jamais que le temps du Carême nous conduit à Pâques, à la Pentecôte, en cette fête où l’Esprit se révèle comme un vent  qui ravive la braise, qui veut  ranimer en nous la braise de l’amour.

Poursuivons notre prière.