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Avez-vous
déjà essayé de vous mettre dans la peau de votre belle-mère,
au moins pour la comprendre un peu mieux?
Aujourd’hui, on va essayer de se mettre dans la peau,
pas de votre belle-mère, mais de la belle-mère de Simon guérie
par Jésus.
Mettez-vous
à sa place un petit peu!
Elle vient tout juste d’apprendre que son gendre
n’allait pas rentrer
souvent à la maison, qu’il
avait abandonné sa barque et ses filets sur le bord du lac et
qu’il s’était mis à suivre un prédicateur ambulant
inconnu. Elle
n’était pas sans se demander ce qui arriverait à sa fille.
On ne le sait pas non plus sinon, sinon par St
Clément qui nous dit qu’elle aurait été conduite au
martyre. On peut
comprendre son inquiétude, qu’elle soit en état de choc.
C’était déjà assez pour
la rendre malade, au lit avec de la fièvre.
Et
puis, Jésus, avec Jacques et Jean, se rend à la maison de
Simon et on lui parle de la malade.
Sans dire un mot, il s’approche d’elle, la prend
par la main et la fait se lever.
Du coup, sa tempête intérieure s’est apaisée!
Conquise par le jeune prophète, elle se lève, se précipite
à la cuisine pour leur servir à boire et à manger,
prête à vider son garde-manger pour ses visiteurs.
L’Évangile
ne dit pas tout ça, bien sûr, mais je trouve que c’est une
explication qui est bien possible!
Et en méditant là-dessus, je me disais que notre Église
ressemble à la belle-mère de Simon.
Elle vit toutes sortes d’insécurités,
de situations difficiles pour les responsables d’Église,
les chrétiens et les chrétiennes.
Le faible taux de la pratique religieuse, l’absence
des jeunes, le
clergé qui vieillit et qui diminue n’en sont quelques
exemples. C’est
assez pour nous donner de la fièvre.
Et
par-dessus tout cela, nous avons une mission toujours à découvrir.
Il y a quelques années, Mgr Ebacher nous avait demandé
comment, comme communauté chrétienne, on pouvait exercer
notre mission, ici et maintenant, à la manière de Jésus? ».
Il
en était question dans les textes d’aujourd’hui!
On voyait dans l’Évangile que Jésus commençait sa
mission : il
prêche dans la synagogue; il annonce la Bonne Nouvelle en
disant que le Royaume de Dieu est tout proche, et il le fait
de villages en villages. Dans
la 2e lecture, Paul déclare avoir reçu une
mission du Seigneur ressuscité.
« Malheur
à moi si je n’annonçais pas l’Évangile. »
Nous
avons la même mission :
proclamer la Bonne Nouvelle en paroles et en gestes.
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Dans
la 1e lecture, Job nous exprimait toute sa
souffrance :
« La vie de l’homme est une corvée…, des
journées de manœuvres…, je n’y gagne que du néant…,
je ne compte que des nuits de souffrance. »
Et
Jésus nous est présenté comme quelqu’un qui vient répondre
aux problèmes de Jos. IL
guérit les malades, il délivre du mal.
Marc va jusqu’à dire
que toute la ville lui amène tous les
malades. C’est
notre mission à nous aussi, de guérir ceux et celles qui
sont blessés dans leur cœur, de soulager ceux et celles
qui souffrent.
Nous
savons bien que Job, Paul et Jésus étaient
des hommes de prière. Ils se rassemblaient avec d’autres
dans la synagogue pour prier ensemble. Ils priaient encore
dans l’intimité.
Job s’écrie :
« Souviens-toi,
Seigneur, ma vie n’est qu’un souffle ».
Marc
nous dit que Jésus
se leva le lendemain, bien avant l’aube, et qu’il sortit
et alla dans un endroit désert pour prier.
Ça fait partie de notre mission aussi :
prier avec la communauté le
dimanche, et seul dans l’intimité de notre cœur,
toujours en ouvrant porte de notre prière pour que personne
ne soit oublié.
Des
fois, je me dis que notre Église, devant les réalités de
notre monde et la grandeur de notre mission, est fiévreuse
comme la belle-mère de Simon et que Jésus fait
pour notre Église ce qu’il a fait pour la belle-mère de
Simon : il
s’approche d’elle, la prend par la main et la fait se
lever. Je crois beaucoup
que Jésus s’approche de nous dans le travail que nous
voulons entreprendre. Je
crois que, sans dire un mot, il nous prend par la main pour
nous mettre debout, pour
nous donner le goût de servir avec entrain comme la belle-mère
de Simon. Il
faut bien voir que ce n’est pas par le beau côté réussi
de nous-mêmes que le Seigneur vient nous chercher, pas dans
ce qui fait notre force, mais toujours par la partie blessée,
la partie la plus pauvre, la plus faible de nous-mêmes.
On
voit bien en Jésus que le bon Dieu n’abandonne pas les
humains à leur sort. 2000
ans après il revient toujours, mais à travers nous, pour
que les humains ne soient pas abandonnés.
Il revient toujours, mais à travers nous, pour
relancer les hommes et les femmes de notre temps dans la foi
et dans l’espérance d’un avenir meilleur.
Poursuivons
notre prière.
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