Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 5 novembre 2011


32e dimanche ordinaire

Pour bien comprendre cette parabole, il faut d’abord comprendre que Jésus vient de nous dire ce qu’il a dans le cœur. Il nous rappelle que nous sommes invités à des noces, qu’il veut nous faire entrer dans la salle des noces, nous introduire dans sa famille, dans son Royaume.  En résumé, on peut dire que nous avons un rendez-vous avec lui. Dans l’Évangile, on voit qu’il y a des rendez-vous réussis, celui de 5 jeunes filles sages, et des rendez-vous manqués, celui des 5 jeunes filles folles.

On a plein d’exemples ailleurs dans l’évangile.  On peut penser aux rendez-vous réussis : celui de Jésus avec Jean-Baptiste, avec Pierre, André, Jacques et Jean, ou encore avec Zachée ou la Samaritaine.  Malheureusement, il y a aussi des rendez-vous manqués : celui avec le jeune homme riche, avec Pilate, avec la plupart des pharisiens et des grands-prêtres.  Lorsqu’il sera temps d’entrer dans la salle du banquet de noces, manquerons-nous le rendez-vous ou le réussirons-nous?  Grosse question!

Dans l’histoire qu’il nous raconte, Jésus insiste sur le fait que l’époux n’arrive pas à l’heure prévue et qu’il tarde à arriver, un moment éprouvant pour les jeunes filles qui finissent toutes par s’endormir.   Comme elles, nous attendons le retour de Jésus qui tarde à venir. On peut dire que nous attendons dans la nuit.

Attendre dans la nuit, c’est tout un symbole.  L’attente dans la nuit, pour Jésus,  c’est la « nuit » de sa passion et du tombeau avant sa résurrection. L’attente dans la nuit,  pour les premiers chrétiens qui croyaient au retour imminent du Seigneur,  c’est la nuit interminable des premières persécutions. L’attente dans la nuit, pour nous aujourd’hui,  c’est tout ce qui vient éprouver notre foi et notre espérance : l’usure du temps, la route difficile au milieu de bien de sollicitations, la fatigue, les souffrances de toute sorte.

Vous avez compris, j’imagine, que l’époux qui se fait attendre,  qui se laisse désirer, c’est le Christ.  Et lorsqu’il arrivera,  nous pourrons bien ressembler aux jeunes filles folles qui n’ont pas su avoir de l’huile en réserve, qui ont laissé mourir en elles le désir de Dieu. La lampe de leur cœur ne donne plus de lumière. Elles sont éteintes, mortes.

 

Nous pourrons ressembler aux  jeunes filles sages ont gardé de l’huile en réserve, qui ont été capables de garder une petite lumière dans leur cœur.

On sent que Jésus veut nous réveiller et nous montrer le sérieux de notre engagement à la suite du Christ. IL nous invite à tout mettre en œuvre pour nous assurer d’avoir de l’huile en réserve et être du côté des jeunes filles sages. Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui? 

Ça veut dire « prendre la bonne mesure des choses ». Savoir découvrir tout ce qu’il y a de beau dans la vie,  sachant bien que ce n’est pas éternel, que tout va se faner, même notre vie. Aimer parce que seul l’amour a saveur d’éternité.  

Ça veut dire :  « garder un contact avec notre Dieu. »  Marcher sur la terre comme des pèlerins en sachant que le but du voyage n’est pas terrestre, mais céleste! Vivre sa vie en attendant l’infini!   Aimer le monde en demeurant des assoiffés de Dieu! 

Ça veut dire :   « communier à la sagesse même de Dieu. »

Regarder le monde comme Lui,  l’aimer comme Lui!     Poser sur les personnes un regard de compassion et  de tendresse comme lui, particulièrement ceux qu’il nomme dans la parabole du jugement dernier : les pauvres, les affamés, les malades.   Nous façonner un cœur de pauvre au milieu des richesses!    Chercher la vérité là où règne le mensonge.  Être attentifs aux signes de la venue du Seigneur,   guetter les mots et les gestes qui nous disent que Dieu est là,  bien présent.

Garder de l’huile en réserve pour nous aujourd’hui, ça veut dire nous souvenir des paroles et des gestes de Jésus, prier et célébrer ensemble, suivre les sentiers qu’il nous propose.  L’Eucharistie que nous célébrons est le signe d’un autre banquet, celui du ciel.   Aujourd’hui, le Seigneur nous offre de l’huile,  l’huile de son amour et de vérité pour que nous puissions veiller en toute sérénité, prêts à danser de joie à l’heure où il arrivera pour nous faire entrer dans la salle de noces.

Poursuivons notre prière.