Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 16 octobre 2011


29e dimanche ordinaire

Nous avons convenu en équipe pastorale de vous parler aujourd’hui de la pastorale jeunesse.  Je vous ai déjà mentionné dans une homélie que nous voulions en faire une priorité au moins pour la prochaine année.  En le faisant, nous étions en ligne avec la pastorale diocésaine qui a fait un plan de 5 ans sur la pastorale jeunesse

Si nous avons voulu en faire une priorité, ce n’est pas parce qu’il n’y a rien qui existe.  Au cours de 5 dernières années, plus de 500 jeunes familles ont participé, chacune,  à  3 rencontres de préparation au baptême.  Depuis trois ans, plus de 200 jeunes adultes ont fait une démarche semblable pour la confirmation, sans parler des jeunes couples qui se sont préparés au mariage.  À chaque année, depuis trois ans, plus de 5- jeunes participent avec leurs parents à 15 rencontres d’initiation chrétienne.  À l’enseignement du samedi, 15 jeunes avec leurs parents suivent 8 rencontres bibliques.  Nous avons la messe familiale et la messe des jeunes chaque mois, et plusieurs autres activités.  Il y a deux semaines, par exemple, nous avons rencontré les jeunes qui étaient allés au JMJ à Madrid.

C’est déjà beaucoup!  Alors, on peut se demander pourquoi en faire une priorité?

En mars 2012, à l’occasion de l’année internationale de la jeunesse, Mgr Ebacher a publié ses réflexions sur la pastorale jeunesse. Je vous en lis un extrait :

« Depuis quelques années, revient comme une question hallucinante, les interrogations sur la place des jeunes dans notre Église et sur notre attitude pastorale face à ces jeunes si différents de nous par leurs approches, leurs cultures, leurs ignorances et leurs aspirations.  Ils nous apparaissent souvent comme des nomades qui passent par nos services pour accomplir des actes rituels, mais sans y vivre une expérience spirituelle capable d’en faire des témoins de la jeunesse éternelle de Jésus.  Ils ne viennent pas renouveler nos communautés en les rajeunissant.  Nous percevons, souvent avec angoisses, les conséquences de ce terrible écart démographique créé par l’absence des générations montantes. »

On voit là de très bonnes raisons de donner de l’importance à la pastorale jeunesse.  Faire une priorité de la pastorale jeunesse, ça s’enracine  au cœur même de notre foi et de l’évangile.

Ça fait plusieurs semaines que je pense à cette homélie, et à chaque fois, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que Jésus, c’était un jeune.  Ses apôtres étaient des jeunes. Le plus jeune d’entre eux, St-Jean, alors qu’il est devenu âgé,  raconte encore avec émotion sa première rencontre avec Jésus. On peut penser à St Paul, sans doute encore jeune  quand il a rencontré le ressuscité sur le chemin de Damas.

 

 

 

On peut penser à Ananie qui accueille ce jeune converti à Damas alors qu’il avait toutes les raisons de s’inquiéter devant celui qui était persécuteur.

Quand on regarde l’Évangile, on ne peut s’empêcher de voir que Jésus a porté beaucoup d’attention aux jeunes.  Qu’on pense aux jeunes mariés aux noces de Cana qu’il a dépanné parce qu’ils manquaient de vin.  Qu’on pense à son émotion devant la veuve de Naïm qui conduisait son fils au cimetière,  à son bouleversement devant la jeune fille morte d’un chef de synagogue,  au père d’un jeune épileptique qui vient l’implorer pour son fils,  au jeune homme riche que Jésus  fixe de ses yeux et qu’il se prend à aimer.    

Est-ce que nous reproduisons les attitudes de Jésus envers nos jeunes?  Demandons-nous si nous avons dans nos cœurs, dans nos communautés, dans nos assemblées, des allergies, des résistances et même des rejets face à des jeunes qui vivent des rencontres souvent étonnantes avec Jésus.  C’est bien triste à dire, nous donnons parfois des contre-témoignages.  Chaque fois que nous avons quelque chose pour les jeunes dans nos célébrations, je vois des gens quitter l’église. 

On pourrait bien penser qu’on n’est pas concerné par la pastorale des jeunes en se disant qu’ils sont d’une autre génération, que ce n’est plus de notre âge.  Pourtant, peu importe notre âge et parce que nous sommes des croyants, il nous faut apprendre à aimer les jeunes à la manière de Jésus.

Il n’y a pas longtemps, juste avant de confirmer une jeune fille, je lui ai demandé qui était sa marraine.  Elle m’a répondu :  « C’est ma grand’mère ».  Et pourquoi l’as-tu choisi comme marraine?  « C’est parce que c’est elle qui m’a appris à connaître Jésus. »  Nous demandons aux jeunes d’écrire à Mgr Ebacher pour lui dire pourquoi ils veulent être confirmés.  Il nous a dit que beaucoup de jeunes qui lui écrivent parlent de leurs grands-parents.  C’est très révélateur.

Nous avons fait de la pastorale jeunesse une priorité.  Nous sommes très heureux de constater qu’un comité s’est formé l’an passé pour la pastorale jeunesse.  Mais nous avons besoin de toute la communauté, une communauté qui cherche à reproduire les gestes et les attitudes de Jésus devant les jeunes, pour relever l’immense défi qui est devant nous.  Nous vous invitons à être solidaire des activités jeunesse qui vous sont annoncées.

Aux journées mondiales de la jeunesse en 1989, Jean-Paul II disait :  « Chers jeunes, acceptez que je vous confie mon espérance.  À vous, Dieu confie la tâche difficile mais exaltante, de collaborer avec lui pour édifier la civilisation de l’amour, de justice et de paix. »  Appuyons nos jeunes pour y arriver.

Poursuivons notre prière.