Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 9 octobre 2011


28e dimanche ordinaire

Pas difficile d’imaginer une noce!  Des mariés, des invités endimanchés, la table du banquet, la musique, la fête! Jésus dit aujourd’hui que nous sommes invités à des noces.  Pas n’importe quoi! C’est le roi lui-même, le Seigneur qui nous invite à la noce?

Tout commençait pour le mieux dans la parabole, « Un roi célébrait les noces de son fils ».  Il n’y pas à dire, c’est beau!  Il envoie ses serviteurs pour appeler les invités à la noce,  mais ils ne voulaient pas venir.  Alors il en envoie d’autres pour leur dire que tout est prêt, mais ils trouvent toute sorte de bonnes raisons de ne pas venir et vont jusqu’à maltraiter et même tuer les serviteurs.  On comprend que le roi ne soit pas de bonne humeur! Ce sont quand même les noces de son fils!   Alors il ordonne aux serviteurs d’amener au festin tous ceux qu’ils trouveraient le long du chemin pour remplir la salle de noces.

Ça finit par être une drôle de noce!   On sent que ça presse! Tellement que les invités n’ont pas le temps de passer au salon de coiffure, ni de s’habiller comme il faut.  Dans ce contexte-là, c’est surprenant de voir que le roi remarque qu’un des invités ne porte pas le vêtement de noces. 

On peut voir dans la parole de Jésus une sorte de résumé de tout ce qui s’est passé avant lui.    Au long des siècles, Dieu n’a cessé d’envoyer des serviteurs pour inviter des gens à la noce, des prophètes, des sages et d’autres qui ont été malmenés et tués parfois, tout ça pour préparer les noces de son fils, Jésus.   Mais quand celui-ci est arrivé pour la noce, pour faire une nouvelle alliance,  les premiers invités n’ont pas répondu à l’invitation.   Alors Dieu a envoyé des serviteurs pour aller sur tous les chemins pour en inviter d’autres.  Ce sont les apôtres qui sont allés partout,  à Corinthe, à Athènes,  à Éphèse, à Rome pour inviter les gens à la noce,  et ils sont venus nombreux.

Mais la parabole de Jésus, ce n’est pas juste de l’histoire ancienne,  c’est une histoire qui nous rejoint.  Aujourd’hui, Dieu envoie toujours des serviteurs pour nous inviter aux noces de son Fils. Ce serait trop facile de pointer du doigt ceux et celles qui refusent l’invitation, qui se trouvent toute sorte de bonnes raisons de ne pas venir, et qui vont encore jusqu’à maltraiter les serviteurs.

Au milieu de la salle de noces remplie d’invités, le roi en remarque un qui ne porte pas le vêtement de noces.  C’est un symbole bien sûr! Comment comprendre? Je donne deux exemples.  

 

 

 

Si on ne s’habillait pas comme il faut pour aller à un mariage, on ferait comprendre aux autres qu’on n’a pas le goût de la fête,  que le mariage, ce n’est pas trop important,  qu’on ne respecte pas beaucoup les mariés.   Mais si, au contraire, si on prend le temps de revêtir une belle tenue, on dit aux mariés qu’on les aime bien, qu’ils  sont importants pour nous autres, et qu’on veut participer à leur fête.

Les joueurs de hockey savent très bien qu’ils doivent respecter les règles du jeu.  Mais ce n’est pas suffisant pour être un bon joueur d’hockey.  On joue au hockey pour gagner, marquer des buts ou permettre aux coéquipiers de le faire, offrir un beau jeu aux spectateurs.

Le vêtement de noces, c’est le vêtement des chrétiens et des chrétiennes. Tantôt, symboliquement, nous allons revêtir la nouvelle baptisée, Anouk, d’un vêtement blanc, du vêtement de noces.  Porter le vêtement de noces, ça veut dire respecter les règles de base, mais ce n’est pas suffisant.  Encore faut-il prendre les manières et les comportements du Christ, travailler comme lui et avec lui à bâtir un monde plus fraternel.  Le vêtement de noces,  c’est encore le vêtement de ceux et celles qui croient que Jésus peut faire, des pauvres pécheurs qu’ils sont, les saints et les saintes de son Royaume, le vêtement de ceux et celles qui se savent engloutis dans le pardon de Dieu.

Nous sommes rassemblés pour l’Eucharistie,  ce repas de noces où le Seigneur veut renouveler son alliance avec nous.   Porter le vêtement de noces à la messe, c’est respecter les règles de base, mais ça veut dire aussi entrer dans la fête,  joindre la communauté qui est là, chanter quand il le faut, écouter les lectures, prier les uns pour les autres, faire silence quand il faut faire silence.  C’est se laisser toucher intérieurement par les gestes, les paroles, les rites,  se laisser transformer par les messages, les appels.  C’est entrer dans une rencontre personnelle et intime avec notre Dieu.  C’est stimuler notre cœur pour faire de la messe une rencontre d’amour avec Dieu, avec les autres, pour en faire un temps de joie : la joie d’être ensemble, la joie de prier, de remercier Dieu, de le sentir à nos côtés, de le sentir en alliance avec nous. 

Demandons au Seigneur aujourd’hui la grâce d’être comme les serviteurs du roi dans la parabole, c'est-à-dire de faire de nous des messagers joyeux et persévérants,   de faire en sorte que toute notre vie soit un appel aux invités pour qu’ils viennent rejoindre le marié, c'est-à-dire le Seigneur lui-même.

Poursuivons notre prière.