Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 25 septembre 2011


26e dimanche ordinaire

À nouveau Jésus nous raconte une histoire, celle d’un homme qui a deux fils, un premier qui dit « Non » et qui va travailler à la vigne, et un deuxième qui dit « Oui », mais qui ne fait rien.  On peut tout de suite comprendre que ça nous rejoint puisque le Seigneur nous invite, nous aussi, à travailler à sa vigne.  Il compte sur nous pour que son règne vienne, en vivant avec lui, en témoignant de notre foi, en portant sa paix et son amour autour de nous.  

Des fils qui ont dit « Non »  et qui sont allés travailler à la vigne par la suite, Jésus en a connu pendant sa vie.  Pensons à Thomas quand on lui dit que Jésus est ressuscité :  « Non », je ne croirai pas!  C’est impossible, ça dépasse la raison! » Mais  il  finit par dire « Mon Seigneur et mon Dieu. »  Pensons à Pierre quand Jésus annonce sa passion :  « Non », ça ne se peut pas »;  quand une femme l’interroge pendant le procès de Jésus : « Non, je ne connais pas cet homme!! Et il finit par dire :  « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime!   Et il y en a d’autres!   Zachée qui dit non à Dieu et oui à la richesse quitte à être voleur et malhonnête. Marie-Madeleine qui dit non à Dieu et oui à tous les plaisirs humains quitte à être une pécheresse publique.  Jacques et Jean qui disent non à Dieu et oui aux premières places dans le royaume quitte à être ambitieux et orgueilleux.  Tous, ils ont fini par travailler à la vigne.  Ils comprenaient que leur vie était vide, et que le Christ venait combler leur cœur.    

On peut penser pendant notre célébration, à ces « Non » que nous avons dits au Seigneur dans notre vie, et qui se sont transformés en « Oui », généreux.

Des fils qui ont dit « Oui », mais qui n’ont rien fait par la suite, Jésus en a connu aussi pendant sa vie.  

Matthieu vient de nous dire que Jésus s’adressait aux chefs des prêtres et aux anciens, autrement dit à l’élite morale de son temps, à des gens qui  passaient pour des modèles de vertu, mais dès qu’on soulevait un petit coin de leur vie, on voyait que c’était tout le contraire.  Ils apparaissaient comme ceux qui avaient dit « Oui », au bon Dieu, pourtant Jésus leur reprochait de ne pas travailler à la vigne puisqu’ils n’observaient pas le  commandement fondamental de l’amour.

On en voit d’autres encore dans l’évangile tous ceux qui ont dit « Oui » à Jésus.

Ils le suivaient parce qu’ils aimaient l’entendre parler, mais ils l’ont abandonnée en cours de route,  surtout au moment où Jésus parlait de son corps donné en nourriture, et de son sang donné en breuvage.

Je pense bien encore qu’on peut reconnaître des moments de notre vie où nous nous sommes empressés de dire « Oui » au Seigneur, sans y donner suite.  Les belles paroles, les beaux discours, ça ne veut rien dire si elles ne sont pas suivies de gestes concrets, si le cœur n’y est pas.  Ce ne sont pas les professions de foi qui comptent,  mais les comportements de foi, des gestes concrets qui manifestent que nous sommes croyants.  Dire « Oui » au Seigneur, ça veut dire mettre ce « Oui » en pratique, pas seulement à la messe du dimanche mais dans la vie de tous les jours.  Que de fois nous disons oui pour une résolution à prendre, un pardon à donner, et rien ne bouge dans notre conduite. Dans ce même contexte, on peut bien se demander ce qu’on veut dire quand on dit : « Je suis croyant, mais pas pratiquant ».

On a un beau message d’espérance dans l’évangile d’aujourd’hui.  On colle donc facilement des étiquettes sur les autres! On a bien du mal à croire qu’un pervers puisse  convertir, et autant de mal à penser que du bon monde puisse se dévoyer.  Le bon Dieu n’est pas un colleur d’étiquettes.  Pour lui, tout demeure possible. Il n’enferme jamais quelqu’un dans son passé. Pour lui, il n’y a pas de bons définitifs ni de mauvais définitifs, mais des hommes et des femmes en marchent, qui avancent, qui reculent…, mais il est toujours possible de revenir vers lui. 

On le voit bien dans la parabole de l’enfant prodigue où les deux fils peuvent revenir à leur père. Quel que soit notre passé, si lourdes soient nos fautes, tout est toujours possible. On peut se refaire à neuf et repartir à nouveau.  St Paul en savait quelque chose.

Pendant notre célébration, prenons le temps de remercier le Seigneur pour tout ce qu’il a fait dans notre vie,  pour tous ces « Oui » que nous lui avons exprimé, ces « oui » qui venaient du cœur et qui ont réussi à s’épanouir dans nos vies de tous les jours.  Demandons-lui encore de maintenir vivante en nous cette décision de suivre le Christ chaque jour pour travailler à sa vigne.

Poursuivons notre prière.