Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 29 mai 2011


6è Dimanche de Pâques

Jésus nous disait dans l’évangile : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, c’est l’Esprit de vérité ».  Une Parole qui peut nous paraître bien mystérieuse, pourtant elle vient nous rejoindre d’une manière très concrète.

Parfois, j’entends des gens me dire : « Qu’est-ce que ça donne d’essayer de changer quelque chose? ».  Aussitôt qu’il y a des changements, que ce soit dans l’Église ou ailleurs, ce n’est pas long qu’il y a des levées de bouclier.  On critique, on chiale, on rouspète.  Et puis, quand ils arrivent, on ne manque pas de dire « C’était bien mieux avant! ».

Est-ce la vérité?  C’est bien curieux, parce que le changement, ça nous connaît!  On était enfant, on devient adolescent, et puis adulte.  On était célibataire et on est marié.  On avait les cheveux noirs, maintenant ils sont gris.  On était en bonne santé et on ne l’est plus.  On dit qu’aujourd’hui, pendant une seule année, on connaît plus de changements que nos ancêtres en connaissaient pendant sept siècles.

Et la vérité est encore bien plus profonde au plan de notre foi.  La seule raison de la venue de Dieu en personne sur notre terre, c’est le changement.  Jésus est venu pour changer le cœur des hommes en profondeur, leur donner un cœur capable d’aimer.  Et il n’a jamais cessé d’annoncer un Royaume nouveau avec une charte extraordinaire, celle des béatitudes.  S’il y a quelqu’un qui a voulu du changement, c’est bien lui.  Et plus encore, il nous confie la mission de changer le monde, de le transformer en Royaume qu’il veut.  Il me semble que ça doit être ça le Défenseur l’Esprit de vérité.

Et puis, j’entends des gens dire : « Mon Dieu, que ça va mal!  Plus on avance, plus ça va mal.  On va jusqu’à dire « On s’en va tout drette chez le diable ».  On tombe la noirceur, dans le pessimisme.

Est-ce la vérité?  C’est vrai qu’il faut être réaliste, qu’il y a des choses qui ne vont pas bien.  C’est vrai qu’il y a une perte de valeur, mais il y en a d’autres qui prennent une belle place, comme la solidarité et le partage.  Je pense aux dons généreux que vous faites pour la St-Vincent de Paul.  Pas plus tard que cette semaine, quelqu’un me disait qu’il avait le goût de se porter volontaire pour aller aider les gens en Montérégie.  C’est vrai qu’il y a moins de pratiquants, mais c’est vrai aussi qu’on voit une foi de plus en plus personnelle, de plus en plus adulte.

Je ne me souviens plus qui, mais il y a quelqu’un qui a dit : « Un saint triste, c’est une triste saint ».  On pourrait bien dire la même chose d’un chrétien :

 

 « Un chrétien triste, c’est un bien triste chrétien ».  Nous croyons en Celui qui est ressuscité des morts, qui est plus fort que la mort, plus fort que toutes les puissances du mal.  Il y a de quoi se réjouir.  Ce n’est pas pour rien que St-Pierre disait aux premiers chrétiens qui ne vivaient pas des temps faciles : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect ».  Un chrétien, c’est quelqu’un qui espère envers et contre tout.  Ça doit être ça que l’Esprit de vérité veut nous dire aujourd’hui.

Et puis encore, il y a des gens qui disent qu’il n’y a pas qu’une seule vérité et que toutes les vérités se valent.

Est-ce la vérité?  Il me semble toutes les sciences de notre monde, que tous les chercheurs nous démontrent tout le contraire.  Ils nous démontrent que les hommes sont toujours à la recherche de la vérité, d’une vérité plus grande, plus profonde.

On affirme aussi assez facilement que toutes les religions sont pareilles, que toutes les religions se valent, qu’on a tous, au fond, le même Dieu.  C’est vrai que toutes les religions ont leur beauté et leur misère, mais nous sommes des croyants.  Nous croyons au Christ, à celui qui est toute la vérité de l’homme avec un grand « H », toute la vérité de Dieu, avec une grand « D ».  Ça ne veut pas dire qu’on doit imposer à cette vérité aux autres à travers n’importe lequel moyen comme on a déjà vu dans l’histoire.  Mais comme le disait St Pierre tantôt, rien ne nous empêche de dire la vérité qui nous habite et de le faire avec douceur et respect.

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, c’est l’Esprit de vérité ».

Demandons donc à ce Défenseur que Jésus promettait à ses disciples

-      d’être, avec lui, des artisans de changement, de notre cœur d’abord et du monde dans lequel nous vivons;

-      de savoir témoigner de l’espérance qui nous habite;

-      et de notre foi en Celui qui est « Le chemin, la vérité et la vie ».

Poursuivons notre prière.