Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 28 novembre 2010


Avent – 1er dimanche

 

Le premier janvier n’est pas si loin et nous en profiterons pour échanger nos meilleurs vœux de bonheur, de paix et de santé.  Aujourd’hui, c’est une nouvelle année qui commence pour nous les chrétiens et c’est le Bon Dieu qui nous souhaite une année sainte et fructueuse.  Accueillons cette nouvelle année comme un don de notre Dieu,  un don qui nous permettra de faire route à travers les mystères de la vie du Christ.

Toutes les lectures aujourd’hui nous remettent devant une promesse,  celle d’un Dieu qui est toujours à venir, à chaque génération.  Dans la 1e lecture, alors qu’il y a des rumeurs de guerre, le prophète annonce une paix qui ne peut venir que de Dieu.  Paul, dans la 2e,  dit aux Romains : « le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. »  Et, dans l’évangile, Jésus parle nous parle de l’avènement du fils de l’homme,  de sa venue. Tout le temps de l’Avent nous annonce que le Christ viendra dans la gloire.  On peut dire que c’est un temps qui nous oriente vers l’imprévisible, l’inouï, l’inimaginable.

Devant cette annonce,  on comprend qu’un appel à la vigilance s’impose : « Veillez, tenez-vous prêts, l’heure est venue de sortir de votre sommeil. » 

La vigilance, ça nous connaît!  Les souffrances que nous vivons, que nous voyons, l’insatisfaction qui accompagne nos petits bonheurs, notre désir d’un bonheur toujours plus grand, creusent dans nos cœurs une volonté de nous en sortir et fait en sorte que nous devenons vigilants.

La vigilance, on la voit dans la recherche de sécurité qui nous habite.   On cherche un emploi stable ou une bonne retraite, on veut des logements accessibles, un accès aux meilleurs services de santé.  On veille à l’éducation de nos enfants pour qu’ils aient le meilleur avenir possible.  Tout ça, c’est important, fondamental.  Ce sont des réalités qu’on se doit de promouvoir comme chrétiens, chrétiennes, tout en prenant bien conscience que notre regard de foi nous porte beaucoup plus loin.

La vigilance, on la voit encore dans notre besoin de prévoir.  On prévoit nos revenus et nos dépenses, ce qu’il faut faire aujourd’hui, demain, la semaine prochaine, etc., etc.  On prévoit les problèmes qu’on pourrait rencontrer.  Chaque jour, nous devons faire des choix et on apprend peu à peu à faire les meilleurs.  On est tellement préoccupé de notre sécurité et de tout prévoir qu’on risque d’oublier ou de ne plus entendre cet appel de Jésus qui nous invite à attendre un événement qui dépasse tout ce qu’on pourrait imaginer.

 

 

 

 

Parce qu’il faut bien le dire,  on cherche à imaginer ce qui peut arriver.  Chaque  jour nous sommes inondés par toute sorte de nouveautés : des nouvelles découvertes,  des performances techniques de toutes sortes, le progrès de la mondialisation : toute sorte de nouveautés qui cultivent notre imagination pour l’avenir. Pourtant aucune d’entre elles ne vient nous aider un petit peu à saisir ce qui arrivera lors du retour du Christ dans la gloire.

On en a un bon exemple dans la fête de Noël que nous allons célébrer bientôt. On le sait, les  juifs attendaient un Messie puissant, un Messie guerrier, un grand libérateur qui mettrait dehors les armées étrangères et qui ramènerait le Royaume dans la richesse et la puissance comme au temps de Salomon, mais ce n’est pas du tout ce qui arrive.  Le messie naît dans une étable, ses premiers visiteurs sont des bergers mal vus des religieux de l’époque; ses parents sont tout simples; après la fuite en Égypte ils habitent un petit village de rien.   Le contraire de tout ce qu’ils pouvaient imaginer de meilleur.

Le temps de l’Avent ne nous invite pas à imaginer ce qui va arriver, mais à être vigilants, c'est-à-dire à disposer nos cœurs à accueillir une nouveauté imprévisible, inouïe qui défie tout ce qu’on pourrait imaginer,  comme ces jeunes filles prêtes pour le retour de l’époux en pleine nuit, comme ces serviteurs qui avaient fait fructifier les talents que leur maître leur avait confiés. 

Mathieu a écrit son évangile à des chrétiens qui attendaient le retour du Christ, mais qui étaient fatigués de l’attendre et étaient bien tentés de tout abandonner. Mathieu les prévient : effectivement, personne ne connaît le moment de la venue du Seigneur, mais puisque cette venue est certaine, leur dit-il, il n’y a aucune raison de tout lâcher.

Un peu dans le même sens, Paul dit aux chrétiens de Rome: « Oui, l’heure est venue de sortir de notre sommeil ». C’est un cri qui devrait nous atteindre en plein cœur.  Qu’est-ce que ça veut dire sortir de notre sommeil?  Il nous le dit :  « Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour…, sans dispute ni jalousie, mais revêtez le Seigneur Jésus Christ. » Attendre le retour du Christ, être vigilants, ça veut dire revêtir le Christ aujourd’hui, être témoins d’une Bonne Nouvelle à vivre et à annoncer.  C’est loin d’être une attente passive!

Vivons ce temps en partageant le don de notre foi, en vivant l’espérance du bonheur et en pratiquant l’amour au quotidien comme témoins de la charité divine.  Appelés au salut, vivons nos jours avec un cœur ouvert à la nouveauté de Dieu.

Aujourd’hui, le Bon Dieu nous souhaite une belle et bonne année.  Qu’elle nous mette dans une belle et grande joie!

Poursuivons notre prière.