Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 14 novembre 2010


33e dimanche ordinaire

Un message de peur ou un message d’espérance?

Jésus annonce à ses apôtres ce qui arrivera avant la fin du monde et ce qu’il décrit, on le retrouve au long de l’histoire et aujourd’hui: guerres et soulèvements, terrorisme, tremblements de terre, inondations, désastres écologiques, épidémies de peste et de famines, choléra, faits terrifiants. Des fins du monde, nous en vivons nous autres aussi : cancer, deuil, chômage, fermeture d’église. 

Il y a toujours eu des prophètes de malheur qui ont profité de ces désastres pour susciter de la peur et de la panique en annonçant la fin du monde. On l’avait prédit pour 1914, 1918, 1925, 1975, 1980 et à chacune des années qui suivent depuis 1995. Vous vous rappelez de la peur qui a touché le monde à l’approche de l’an 2000.  La toute dernière révélation, basée sur un calendrier maya,  nous annonce la fin du monde pour 2012.  Malheureusement, il y a des chrétiens qui embarquent dans ces prédictions, j’en connais.

Clairement dans l’évangile, Jésus nous met en garde contre les prophètes de malheur : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : “C’est moi”, ou encore “Le moment est tout proche »  Ne marchez pas derrière eux… »  St Mathieu était encore plus clair :  « Quant à la date de ce jour, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père seul ».

Un message de peur ou un message d’espérance?

Le prophète Malachie, dans la 1e lecture, n’est pas un prophète de malheur.  On n’a qu’à relire la dernière phrase : « Mais pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de justice se lèvera, il apportera la guérison dans son rayonnement. » Phrase reprise presque telle quelle dans le refrain du psaume que nous avons chanté: « Il vient, le Seigneur, gouverner le monde avec justice. »

Jésus, non plus dans l’Évangile, n’est pas un prophète de malheur! Il ne vient pas nous faire peur, mais nous délivrer de la peur.  Il nous dit bien qu’avant son retour,  nous vivrons des moments difficiles, mais il vient nous encourager et nous aider à tenir bon dans les difficultés.  « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. »  Ce n’est pas rien! 

Il dit bien que nous serons persécutés au nom de notre foi,  pas toujours par des gros méchants comme l’étaient les empereurs romains et bien d’autres dans l’histoire,  mais parfois même par des collègues, des amis ou des proches.  Et, pour nous encourager, il nous dit encore qu’il viendra prendre notre défense : « Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle on ne pourra opposer ni résistance, ni contradiction. » 

 


Au milieu de tous ces problèmes, il nous invite à tenir bon : « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »  Le message est clair! Si nous persévérons envers et contre tout, la force et l’amour de Dieu nous accompagneront et nous obtiendrons la vie même de Jésus ressuscité.

Je suis certain que Jésus faisait siennes les paroles du psaume que nous avons prié tantôt :  « Il vient, le Seigneur, gouverner le monde avec justice ».  Et ce jour-là, nous décrit encore le psaume, ce sera une immense fête pour toute la terre, « Jouez sur la cithare, acclamez.. » une fête où toute la création est associée : la mer, les fleuves et les montagnes qui battent des mains.  Un jour vient où la justice va enfin s’épanouir. 

Malgré toutes  les apparences qui nous suggèrent le contraire, tout nous dit que le salut est en marche.  Les prophètes de malheur cherchent à répandre la peur et la panique.  Si nous tombons dans le panneau,  leurs annonces nous éloignent de notre véritable vocation qui est de répandre autour de nous l’espérance, la paix et la joie du Royaume comme Jésus l’a fait à maintes et maintes reprises.

Au début de l’évangile, Jésus annonce à ses apôtres que le Temple sera détruit, pas parce qu’il avait du mépris pour le Temple de Jérusalem.  Bien au contraire, il en avait chassé les vendeurs, afin de lui rendre toute sa pureté et sa dignité de maison de prière.  Le temple disparaîtra dit Jésus, toutes sortes d’événements arriveront, mais Dieu sera toujours avec vous.  Il nous invite à nous attacher à l’essentiel.  St Ambroise de Milan a commenté cet évangile et il disait  qu’il existait un temple en chacun de nous, et que ce temple s’écroule quand la foi défaille.  Attachons-nous à l’essentiel!

Nous sommes en plein mois de novembre, un mois froid et pluvieux, un mois difficile qui nous annonce l’hiver qui vient, pourtant, on dit que c’est en novembre que les racines des arbres croissent le plus et qu’elles s’étendent en profondeur pour chercher leur nourriture.   Faisons croître nos racines nous aussi, étendons-les en profondeur pour trouver notre nourriture dans la Parole de Dieu et dans ce que Jésus nous dit aujourd’hui. St Paul le disait aux Philippiens : « Gardez la parole de vie,  vous serez pour le monde des sources de lumière. » (Ph 2,15-16)

Demandons au Seigneur la grâce de persévérer dans la recherche de l’essentiel, dans l’amour de Celui seul qui peut combler notre cœur, en nous rappelant ce qu’il nous dit : « c’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »  

Poursuivons notre prière.