Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 17 octobre 2010


29e dimanche ordinaire

Quand j’ai choisi de faire mes homélies sur les psaumes cette année, je voulais vous faire découvrir un peu plus comment ils sont de très belles prières, vous faire voir comment ils pouvaient résonner dans le cœur de Jésus, et vous faire comprendre comment ils nous rejoignent dans notre propre vie. 

Le psaume que nous venons de chanter était un psaume que les juifs chantaient quand ils partaient en pèlerinage.  Trois fois par année, ils montaient à Jérusalem, pour la fête de Pâque, la fête des Moissons et la fête des Tentes. Vous vous rappelez qu’à l’âge de 12 ans, Jésus était allé en pèlerinage avec ses parents à Jérusalem. 

Ce n’était pas toujours facile.  Parfois ils devaient marcher pendant des jours en traversant des terres arides et sauvages, infestées de pillards, comme dans l’évangile du bon samaritain.  Le psaume commençait en disant :   « Je lève les yeux vers les montagnes ». C’était leur expérience! Ils regardaient au loin dans leur hâte de voir les montagnes qui entouraient la ville de Jérusalem. Et, en plus, une fois arrivés au but de leur voyage, il leur fallait encore gravir une pente, de longs escalie le pèlerinage sont des symboles profonds de notre condition humaine. Dans l’histoire des peuples, des civilisations, des hommes, on peut voir une longue marche pénible, remplie d’embûches, une marche toujours à poursuivre et parfois à recommencer. Le pèlerinage, c’est encore une belle image de notre vie chrétienne qu’on peut voir comme une montée vers Dieu. On vient vers lui pour être pardonné et recevoir la vie éterners pour y arriver parce que le Temple lui-même était construit sur une colline. 

La marche,lle en Jésus-Christ. On cherche à  progresser dans la foi, et dans notre connaissance de la Parole de Dieu et de Dieu lui-même. C’est tout un pèlerinage, toute une montée jusqu'au jour où nous arriverons à  notre vraie patrie, le royaume des cieux.

Ce qui est très beau dans ce psaume, c’est la foi de ceux qui se mettent en route vers le Temple de Jérusalem. « Le secours me viendra du Seigneur », nous dit-il.   « Notre secours, c’est Dieu, le maître du monde » venons-nous de chanter. C’est la foi du pèlerin, notre foi qu’on trouve dans cette petite phrase, notre foi en celui qui ne dort jamais, qui est toujours vigilant, aimant, toujours à l’œuvre, toujours en service. "Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d'Israël".  C’est dire que nous sommes dans la main de Dieu, aujourd’hui et pour toujours. Jésus le savait très bien; il manifestait une confiance totale à son Père.  Et il nous invite à la même confiance : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie, pour votre nourriture, pour vos vêtements… Votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses. »     

 

 

 

 

 



Quand les pèlerins partaient en pèlerinage, la famille ne pouvait pas toujours suivre; elle devait rester en arrière. Mais au moment du départ, elle invitait les pèlerins à la confiance et exprimait elle-même toute sa confiance en Dieu. Vous avez sans doute remarqué ce qu’elle dit à ceux qui partent :  « Le Seigneur est ton gardien… il te gardera de tout mal… il gardera ta vie…Il te gardera au départ et au retour. » 

Cette foi, cette confiance que le psalmiste exprime, on peut la voir aussi dans les lectures que nous venons d’écouter.

Dans la 1e lecture, alors que le peuple d’Israël est attaqué par des ennemis, Moïse, le bâton de Dieu à la main, garde les mains levées vers le ciel, sûr que Dieu accordera la victoire, et c’est ce qui arrive.  Dans notre vie de croyants et de croyantes, gardons les yeux levés vers le ciel pour ne pas avoir peur devant tous ceux qui s’opposent au salut de Dieu. « Il te gardera de tout mal. »

Même chose dans l’évangile! Jésus dit : « Si un juge sans justice…fait droit à une veuve qui ne démord pas, à plus forte raison, Dieu qui est “Juste” fera justice à ceux qu’il a choisis et qui crient vers lui. »  On peut avoir l’impression parfois que nos prières ne sont pas écoutées, on peut être tenté de tout laisser tomber; Jésus nous invite à poursuivre notre prière dans la confiance comme la veuve de l’évangile.

Pendant son ministère, Jésus a toujours voulu à inculquer la confiance en Dieu à ses apôtres et à tous ceux qui venaient pour l’écouter. Vous vous souvenez de cet épisode où les apôtres étaient pris de panique dans une tempête alors que Jésus s’était endormi dans la barque.  Aussitôt réveillé par eux, il apaise la tempête en leur reprochant leur manque de confiance.   Rappelons-nous encore qu’il  se présente à nous comme le bon pasteur qui défend son troupeau, comme celui qui part à la recherche de l’unique brebis en danger.

 « Je lève les yeux vers les montagnes. »  Demandons au Seigneur la grâce de lever les yeux vers le but, de ne jamais nous décourager, de toujours continuer à mettre un pas devant l’autre, rien qu’un pas, même si notre pied glisse ou trébuche parfois. 

Il est souvent question de « Gardien » dans le psaume, six (6) fois. Prions le Seigneur de nous donner cette sécurité profonde qui vient de lui, de « de nous délivrer du mal » comme on dit dans le « Notre Père », de nous assurer toujours de son éternelle présence, maintenant et à jamais.

Quand les pèlerins partaient en voyage, ceux qui restaient en arrière les encourageaient, continuaient de penser à eux, priaient pour eux. On peut dire qu’ils prenaient les pèlerins en charge spirituellement. Demandons au Seigneur de nous aider à ne pas marcher en isolés, mais à cheminer aux pas de nos frères et de nos sœurs, et de savoir les prendre en charge nous aussi comme nous allons le faire, par exemple, au moment de la prière universelle.

Poursuivons notre prière.