Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 3 octobre 2010


27e dimanche ordinaire

On pourrait bien comparer notre vie et chacune de nos journées à un voyage.  On se met en route, on parcourt différentes étapes, on vit toute sorte d’activités, de découvertes, de surprises, avec toute une gamme d’émotions : la joie ou la tristesse, la confiance ou la peur, avec les autres ou tout seuls, peut-être même comme le prophète qui s’écrie dans la 1e lecture : « Combien de temps, Seigneur, vais-je t’appeler au secours et tu n’entends pas? »

Au moment de nous mettre en route le psaume nous invite :  « Venez, allons jusqu’à lui… crions de joie… »  Notre présence à la messe témoigne que nous avons répondu à cette invitation et que nous faisons nôtre la foi du psalmiste qui dit :    « Oui, il est notre Dieu; nous sommes le peuple qu’il conduit. »  Une belle proclamation de notre foi, d’une foi qui nous a fait bouger, qui nous fait faire un pas en avant avec le Bon Dieu.  Un jour un homme parcourut une très longue route  pour le plaisir de voir un lion bien spécial. Quand il le vit, quelqu’un lui dit : « Si quelqu’un s’avance vers ce lion sans peur et le caresse avec tendresse, ce lion ne lui fera aucun mal.  Maintenant que tu le vois, avance d’un pas. » L’homme répondit : « C’était si facile de parcourir de si longues distances.  Mais maintenant, je ne peux pas avancer d’un pas. » C’est ça la foi,  prendre la route et faire un pas de plus vers Celui qui est Amour.

Le psaume d’aujourd’hui, l’Église le chante tous les jours comme prière du matin,    comme si elle voulait nous dire :  « toi qui a soif d’être, de vivre, de comprendre, de partager et d’aimer, choisis de vivre ce jour qui t’est donné comme le plus important et le plus vrai de tous les jours. »

Vous avez remarqué les verbes :  « Allons, acclamons, adorons ».  Au pluriel, pour nous inviter à vivre ce jour en Église. Aujourd’hui, par exemple, l’Église qui nous a invités tous ensemble, à la même heure, au même endroit.  Ce n’est pas pour une prière tout seul, aussi importante soit-elle, mais  pour une prière ensemble, une prière communautaire, une prière avec les  autres.

Chaque jour,  chaque matin, l’Église nous invite à « Ne pas fermer pas notre cœur comme au désert, où nos pères ont tenté et provoqué le Seigneur.»  C’est ce qui s’est passé dans le désert.  Les  Hébreux ont manqué de pain, et ils ont murmuré contre Dieu.  Plus tard,  ils ont eu soif, et ils ont douté de Dieu.   Ils ont manqué de confiance, manqué de foi, jusqu’à oublier Celui qui venait tout juste de les libérer d’un long esclavage.

 

 

 

 

 


Il faut bien le reconnaître : on peut donc tomber facilement dans le même panneau : chialer contre Dieu et oublier facilement tout ce qu’il a fait dans notre vie.  Aussi, comme les apôtres dans l’évangile, nous avons besoin de demander au Seigneur « d’augmenter en nous la foi. », d’augmenter en nous cette confiance vivante en Celui qui est vivant, qui vient vers nous, qui nous rejoint sur nos routes humaines. 

Jésus, vous le savez très bien, est allé vivre au désert pendant 40 jours.  Il a connu les mêmes épreuves, les mêmes tentations que les Hébreux: celle de la faim,  celle des idoles et celle de réclamer des signes miraculeux.  Et Il en est sorti victorieux!

C’est pourquoi, pour ne pas succomber aux tentations qui nous assaillent à un moment ou l’autre de notre vie, le psaume nous lance une invitation :  « Écoutons la voix du Seigneur.»

 « Écoutons la voix du Seigneur », parce qu’Il est notre « rocher » disait le psaume.  Il est notre Dieu, le maître de notre histoire, un Dieu d’amour qui sait mieux que nous ce dont nous avons besoin.  Jésus lui-même nous a fait la même invitation :   « celui qui écoute la Parole de Dieu et la met en pratique ressemble à celui qui a bâti sa maison sur le roc. » 

« Écoutons la voix du Seigneur… parce que… Nous sommes le peuple qu’il conduit », parce que Jésus est notre Pasteur,  Il est celui qui « nous mène vers les eaux tranquilles, qui nous conduit par de justes chemins », chantent d’autres psaumes.

 « Nous sommes le peuple qu’il conduit. » Une petite phrase qui a l’air de rien, mais qui nous resitue devant toutes les alliances :   alliance avec Abraham, avec Moïse, Alliance Nouvelle avec Jésus.  Alliance!  Audace extraordinaire de celui qui voit sa relation avec Dieu en termes de fiançailles, de mariages.  Alliance! Aventure extraordinaire d’un Dieu qui se lie d’amour, comme un époux, une épouse, avec un peuple composé de pauvres humains comme nous.  C’est toute la profondeur et toute la beauté du sacrement de mariage qu’on trouve dans cette petite phrase.  Alliance!  J’ai le goût de prier aujourd’hui pour tous les époux qui sont ici avec nous en ce moment?

Nous sommes venus à l’église aujourd’hui pour, ensemble, aller vers Dieu en rendant grâce : « Crions de joie pour le Seigneur. »  En empruntant des paroles d’autres psaumes, prions-le encore en disant :  «Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route», «Montre-moi le chemin que je dois prendre», aujourd’hui et chaque jour de notre vie.

Je vous souhaite une très belle journée.  Poursuivons notre prière.