Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 15 août 2010


Assomption de la Vierge Marie

Il faut que la fête de l’Assomption soit une fête importante pour qu’elle prenne la place du dimanche.  Posons-nous d’abord une question.  Qu’est-ce qu’on veut dire quand on parle de l’« Assomption de Marie »?

Si vous ouvrez le dictionnaire « Le Petit Robert » pour chercher le mot « assomption », vous allez trouver la définition suivante :  « Enlèvement miraculeux de la Sainte Vierge au ciel par les anges ».  Et si vous poursuivez en cherchant le mot  « enlèvement », vous pourrez lire : « action d’enlever une personne par violence ou fraude ».   C’est bien loin de rejoindre  notre foi!

Quand il a défini le dogme de l’Assomption, le 1er novembre 1950,  le pape Pie XII déclarait :  « La vierge Marie a été élevée (pas enlevée comme dit le dictionnaire, ) en corps et en âme à la gloire céleste. »  Il ne dit pas « Au ciel » non plus, mais dans à la gloire céleste.  Il faut comprendre que  Marie n’a pas changé de lieu ou d’endroit; elle  a changé d’état.  Elle vit dans la gloire céleste c'est-à-dire qu’elle est avec son Dieu qui communique la joie et le bonheur d’aimer et d’être aimée comme on ne peut pas l’imaginer.  Elle partage la gloire de son Fils.  Un autre petit détail!  « Marie a été élevée ».  Elle ne s’est élevée elle-même, mais elle a été élevée par Dieu dans la gloire céleste.

Officiellement, c’est juste en 1950 que l’Église a affirmé solennellement sa foi dans l’Assomption de Marie.  Mais c’était comme une conclusion!   Avant de devenir un dogme,  le fidèles y croyaient depuis très longtemps.  Depuis  le 7e siècle. Il y a beaucoup de traditions là-dessus autant dans l’Église d’Orient que dans la nôtre.

S’ils nous racontent  l’Ascension de Jésus, aucun des évangiles ne dit clairement que Marie était montée au ciel.   Mais, ils nous la présentent comme étroitement liée à Jésus. D’abord, parce qu’elle est sa mère;  c’est dans son corps que le fils de Dieu a pris chair.  Elle lui a donné naissance, elle l’a porté,  l’a nourri et serré dans ses bras.  Ensuite, on voit que Marie a participé à la vie publique de Jésus. 


 

Par exemple, on la voit aux noces de Cana quand  elle demande à son Fils  de manifester sa gloire. On la voit  au calvaire, où on la voit compatir aux souffrances de son Fils. 

Et puis, on affirmait que la gloire de Marie devait être plus grande que celle des apôtres puisqu’elle était la mère de Dieu. Si  Jésus affirmait à ses apôtres qu’il devait partir pour aller leur préparer une place, combien plus encore pour celle qui était sa mère, à qui il  était uni  par toutes les délicatesses de l’amour.  On  se disait encore que si le bon Dieu nous avait donné un commandement qui disait « Tu honoreras ta mère », il fallait bien que Jésus pratique ce commandement à la perfection, qu’il se devait de glorifier sa mère, de la faire monter auprès de lui dans la gloire de Dieu.

Mais comment cette fête nous concerne-t-elle?   Bien sûr, l’événement est une fête qui concerne Marie au plus haut point,  mais elle nous touche beaucoup aussi.   En glorifiant Marie, Dieu lui confie une nouvelle tâche, celle de poursuivre sa mission en notre faveur.  Saint Bernard disait que Marie était l’aqueduc de la grâce, parce qu’en nous donnant Jésus, elle nous donnait la source de toute grâce.  Elle était le chemin que le Fils de Dieu a pris pour venir jusqu’à nous.  Et à l’inverse, elle nous aide aussi à aller vers lui.

Sur la croix, en montrant Jean, Jésus dit « Voici ta mère! »   Marie est notre mère, et elle veut le bonheur de ses enfants; elle veut nous amener là où elle est maintenant.  Elle nous rappelle que nous sommes appelés comme elle à entrer dans la gloire céleste pas avec la moitié de nous-mêmes, mais avec notre âme et notre corps.

Pendant notre célébration, laissons l’enfant qui demeure toujours en nous  accueillir cette bonne nouvelle de Marie qui nous dit que la plénitude de la vie qu’elle vit est aussi pour chacun et chacune de nous et pour toute l’humanité.  

Poursuivons notre prière.