|
Quand
j’entends un psalmiste nous chanter le psaume le dimanche,
ça vient toujours me réchauffer le cœur un petit peu
plus, et c’est particulièrement vrai aujourd’hui.
C’est tout un témoignage que nous avons dans ce
psaume. Le
psalmiste vient nous dire qu’il a choisi Dieu comme son seul
Seigneur et que, à cause de son choix, il connaîtra le
bonheur pour l’éternité.
Si l’Église nous le fait lire,
c’est parce qu’on se retrouve dans cette foi et
cette espérance.
On n’a pas
le texte du psaume au complet dans la liturgie.
Par exemple, on a omis le verset 3 qui nous dit :
« Les dieux de cette terre ne sont que fumier.
Je ne verserai pas de sang en leur honneur. On ne
m’entendra pas prononcer leurs noms. »
Ça nous fait comprendre que le psalmiste vit dans un
monde païen qui va jusqu’à immoler des enfants au dieu
Moloch, et un monde rempli d’idoles de toutes sortes. Sans
doute que c’est difficile pour lui de vivre dans un monde
pareil. Il est
troublé par la réussite et la prospérité des païens.
Il lui faut bien du courage pour aller à
contre-courant de ce monde dans lequel il se trouve.
Bien sûr, il
se pose bien des questions et il demande à Dieu la lumière
sur le sens de son existence mais il a conscience d’avoir
choisi la meilleure part et il bénit le Seigneur qui le
conseille. Son choix en faveur de la religion, d’être
croyant et pratiquant, est loin d’être un poids ou une
obligation pesante. Au
contraire, c’est son bonheur :
« Mon cœur exulte, mon âme est en fête »,
« Je n’ai pas d’autre bonheur que toi »,
« devant ta face, débordement de joie, à ta droite éternité
de délices ».
En résumé,
on peut dire qu’il donne le témoignage d’une belle vie
d’intimité avec son Dieu.
On dirait
qu’il n’y a rien de changé depuis ce temps-là!
Aujourd’hui, nous vivons dans un monde qui ressemble
à celui du psalmiste, un monde païen, matérialiste, et
rempli d’idoles, des idoles qu’on connaît :
l’argent, l’auto, le sexe, le pouvoir, le plaisir, l’indépendance
totale. Et nous-mêmes, on n’y échappe pas beaucoup ;
on s’accommode d’un peu de foi, d’un peu de religion,
d’un peu de matérialisme et d’un peu d’idoles.
Nous
aussi, nous sommes troublés devant tout ce qui se passe
autour de nous et nous nous posons bien des questions.
Ce n’est pas évident de vivre comme des croyants
dans notre monde. Il
faut bien du courage pour aller à contre-courant.
Aussi, comme
le psalmiste, nous pouvons toujours demander à celui qui est
notre lumière de nous éclairer sur le sens de notre
existence et de notre vie.
|
Je
disais tantôt que le psalmiste nous donne un beau témoignage
de sa vie d’intimité avec Dieu. J’imagine
Jésus quand il se retirait à l’écart pour prier. Jésus
connaissait tous les psaumes.
Celui d’aujourd’hui a dû avoir des résonances
très particulières en lui, surtout peut-être au moment où
il s’approchait de sa mort et de sa résurrection.
Il a dû se reconnaître dans ces phrases du psaume
qui nous disent : « Tu
ne peux laisser ton ami voir la corruption »,
« à ta droite, éternité de délices. »
Il
me semble que, et le psalmiste et Jésus, nous encourage à
entrer dans cette intimité de Dieu.
Comment y parvenir?
En nous appuyant sur une certitude mille fois répétée
que Dieu nous aime et qu’il nous aime d’amour.
En laissant venir cet amour en nous, on ne peut que répondre
par le même amour. J’ajouterais
que ce psaume nous invite à découvrir le langage des
amoureux avec notre Dieu.
Le
message de Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui peut
nous apparaître comme des plus exigeants.
On a vraiment l’impression que Jésus jette tout
par terre, qu’il décourage ceux et celles qui veulent le
suivre. Mais
c’est là le langage de l’intimité et de l’amour.
On le sait par expérience!
L’amour, c’est ce qu’il y a de plus fondamental
dans notre vie, mais c’est en même temps ce qu’il y a
de plus exigeant et de plus difficile à vivre.
Il y a un
futur marié qui, en préparant son mariage, disait
à un prêtre : « Je
n’aurais jamais pensé que se mettre à aimer, ça puisse
autant faire souffrir. »
Il avait compris d’expérience qu’aimer, c’est
faire passer l’autre avant soi-même, le respecter dans sa
différence, vouloir son bonheur avant le sien.
Pourtant il disait tout cela avec un merveilleux
sourire qui illuminait son visage. L’amour, c’est
la seule réalité qui peut nous permettre de ne pas considérer
la religion comme un paquet d’exigences ou un poids très
lourd à porter.
Jésus
nous invite toujours à le suivre, à
être avec lui, à apprendre à aimer.
Ce n’est jamais fini.
Il nous provoque à aller toujours plus loin, à
choisir la vie qu’il nous donne parce que cette vie n’a
pas de limite. Le psalmiste disait : « Tu ne peux
laisser ton ami voir la corruption ».
C’est vrai pour nous aussi.
Nous marchons vers la résurrection, vers ce moment
que le psalmiste décrit en disant : « Devant ta
face, débordement de joie, à la droite, éternité de délices.
Poursuivons
notre prière.
|