Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 20 juin 2010


12e dimanche ordinaire

J’aime bien cette phrase du prophète Zacharie qui nous dit : « Je répandrai sur la maison de David et les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. » 

Il nous arrive de dire de quelqu’un : « C’est donc du bon monde », « C’est donc une bonne personne ».   Et quand on se trouve en présence d’une bonne personne, on se sent bien.  On est certain d’être accueilli gentiment, avec délicatesse.  On sent qu’on a le droit d’être soi-même, qu’on peut demeurer en silence ou parler.   Je pense à la bonté du bon samaritain qui prend soin d’un blessé, à celle du père dans la parabole de l’enfant prodigue, à celle de Jésus. Dans ce temps-là, on a envie de devenir meilleur

On le sait, il y a des bontés naturelles comme celle que nous avons envers notre famille, nos enfants.  Il y a des personnes qui ont comme une bonté naturelle pour prendre soin des malades, visiter les démunis, donner de leur temps dans un pays du Tiers-Monde.  Mais il y a aussi des bontés difficiles.

On raconte que, dans le couvent  où demeurait Sainte Thérèse de Lisieux,   il y avait une sœur, particulièrement difficile.  À une heure très précise, il fallait qu’une compagne quitte la prière pour la conduire  au réfectoire.  Thérèse s’offrit pour rendre ce service même  elle savait qu’il était impossible de contenter la malade.  

Elle nous raconte elle-même :  « C’était toute un cérémonie de la conduire.  Il fallait remuer et porter le banc d’une certaine manière, surtout ne pas se presser, puis suivre et soutenir cette sœur avec le plus de douceur qu’il était possible.  Mais si par malheur survenait un faux pas, aussitôt il lui semblait que je la tenais mal et qu’elle allait tomber.  Si j’essayais de la conduire plus doucement, elle disait : « Mais suivez-moi, je n’sens pas votre main, vous me lâchez, j’vais tomber!  Arrivés au réfectoire, il fallait l’installer à sa place et agir adroitement pour ne pas la blesser; Puis, avant de s’en aller, relever ses manches, toujours d’une certaine manière. »

Elle s’aperçut que cette sœur avait une très grande difficulté à couper son pain.  Alors elle prit l’habitude de ne pas la quitter sans lui avoir rendu le dernier service : couper son pain.  Thérèse ajoutait toujours son plus beau sourire. Elle raconte que cette sœur en resta très touchée.  Elle avait  réussi à rejoindre  le cœur de cette religieuse si difficile. 

 


Je disais tantôt que, quand on rencontre une personne bonne, on a envie de devenir meilleur.  Ça ne veut pas dire que c’est facile.  On a besoin que le bon Dieu vienne nous aider.  Il nous connaît bien;  il sait que c’est difficile de faire preuve de bonté envers des personnes ou des situations qui nous chavirent le cœur.  S’il a mis sa bonté en nous, il veut aussi la faire grandir et nous offre ce qui est nécessaire pour lui ressembler de plus en plus.

 « Je répandrai sur eux un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. »  Bonté et supplication!

Les deux vont ensemble.  Il faut demander la bonté pour qu’elle devienne comme un esprit, une manière d’être presque naturelle chez nous.  Et le bon Dieu ne peut pas résister à une supplication faite dans le but de semer plus d’amour et de bonheur en ce monde.  Demandons, supplions, pour recevoir cette bonté, petit à petit, au fil des jours.  Le sort du monde en dépend, puisque la bonté entraîne l’harmonie, le dévouement, la tendresse, la douceur et la paix.

Un jour, un homme s’adressa à Jésus en l’appelant « Bon Maître »  « Pourquoi m’appelles-tu bon? lui dit Jésus, Dieu seul est bon!  L’homme avait bien raison de l’appeler bon, parce que Jésus n’est pas juste une image de Dieu,  Il est Dieu parmi nous.  Il est ce bon maître qui nous enseigne à aller sans cesse plus loin dans l’amour.

Dans l’Évangile, Jésus demande à ses disciples qu’est-ce que les gens disent de lui pour finalement leur demander à eux : « Pour vous, qui suis-je? »  Il nous le demande à nous aussi.  Après ce que nous avons entendu et vu, nous pouvons répondre avec bonheur :  tu es le BON DIEU!  On est tellement bien en présence d’une personne empreinte de bonté!

Aujourd’hui :  Fête des pères

Saviez-vous que la fête des pères était d’abord une fête religieuse.  Elle existait depuis le moyen-âge, on la célébrait le 19 mars, le jour de la fête de St-Joseph qu’on voyait comme le patron des papas.

Saviez-vous que,  comme beaucoup d’autres fêtes, la fête des pères est devenue une fête commerciale au début des années 1900.  Par exemple, en France,  le fabriquant des briquets « Flaminaires » eut l’idée de célébrer la fête des pères en donnant l’occasion d’offrir un briquet à son papa. Pas sûr que c’est une bonne idée aujourd’hui.

Tout ça pour souhaiter aux papas une très heureuse fête.