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« Le
pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le
monde ait la vie. »
Par
cette parole, Jésus vient nous rejoindre dans une de nos
blessures les plus profondes, celle de notre vie, une vie
fragile, nous le savons trop bien! La vie, nous l’avons pour
un temps; elle ne cesse de filer entre nos doigts.
On a beau se distraire, chercher à se le cacher,
un jour elle nous échappera pour toujours. On ne possède
pas la vie, c’est bien vrai! Et Jésus nous dit : « Pour
que le monde ait la vie ». Il fait tout, nous donne
tout, se donne lui-même pour nous faire vivre.
On
le voit dans l’évangile que nous venons d’entendre.
Alors
qu’il parle du règne de Dieu à une grande foule dans un
endroit désert et que la journée s’achève, ses apôtres
lui demandent de donner congé aux gens pour qu’ils puissent
aller se procurer de la nourriture dans les villages des
environs..." Mais, il leur répond: "Donnez-leur vous-mêmes à manger".
Imaginez
leur réaction un moment!
Ça n'a pas de bon sens!
Ils n’ont que cinq(5) pains et deux(2) poissons, même
pas assez pour eux! Ils
avaient bien une bourse commune mais sûrement pas assez
d’argent pour nourrir 5000 hommes.
Vous connaissez la suite!
Après l'intervention de Jésus, ils circulent dans la
foule et trouvent au fond de leurs paniers une nourriture fraîche
qui se renouvelle constamment jusqu'au point où ils peuvent
nourrir toute la foule qui est là.
Pour
la première fois, ils découvrent qu'ils sont en mesure de
donner aux autres, non pas ce qu'ils ont, mais ce qu'ils reçoivent
de Jésus. Peu à peu, à mesure qu'ils grandiront dans leur
foi, ils comprendront de plus en plus que le pain qu'ils
auront à donner, ce n'est pas leur pain à eux, mais le pain
qu'ils reçoivent de Jésus.
Plus
encore! Jésus leur dira : « Le
pain que je donnerai, c’est ma chair ».
C’est lui le vrai pain descendu du ciel, la vraie
manne, l'inépuisable source qui fait vivre. Le pain qu’ils
auront à donner à l’avenir, ce sera le Seigneur lui-même,
avec sa Parole, avec le pain et le vin, avec son Corps livré
et son sang versé pour nous faire vivre.
Après
avoir nourri tout le monde, il restait 12 paniers, un pour
chacun des apôtres. Pendant toute leur vie, ils vont
continuer à nourrir les foules affamées, affamées de sens,
de pardon, d'amour et de tendresse.
Par la suite, leurs successeurs continueront à
distribuer, ce qu’ils reçoivent de Jésus.
Comme
les apôtres, nous reconnaissons nous aussi, dans notre foi,
que Jésus est la vraie nourriture, le vrai pain
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descendu
du ciel
et qu’en lui, le
ressuscité du matin de Pâques,
nous sommes branchés sur une Source inépuisable de
vie. Et
Jésus, en voyant les affamés de notre monde nous confie la
même mission : "Donnez-leur
vous-mêmes à manger".
Même si vous vous sentez impuissants, pauvres,
inconscients, les mains vides, imprévoyants: "Donnez-leur
vous-mêmes à manger".
Vous n'avez que cinq(5) pains et deux(2) petits
poissons: ne vous inquiétez pas, je remplirai vos paniers
en abondance.
« Jésus
prit les cinq pains et les deux poissons, et levant les yeux
vers le ciel, il les bénit, les rompit et les donna à ses
disciples pour qu’ils les distribuent à tout le monde. »
Nous
sommes toujours invités à distribuer ce que nous avons reçu
de Jésus.
à
renouveler son souci pour les affamés de la terre;
à
recréer son attention pour les personnes blessées;
à
donner une nourriture qui rejoigne les cœurs;
à
multiplier sa miséricorde et son pardon, sa tendresse et sa
fidélité;
à
marcher dans la charité, la douceur et la patience;
à
donner sa paix et sa confiance à ceux et celles qui vivent
dans la confusion;
à
multiplier ses dons par amour.
« Le
pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le
monde ait la vie. »
Aujourd’hui,
nous recevons un don très précieux pour notre vie et pour
la vie du monde. Tantôt, en venant communier, nous serons
les bénéficiaires d'une nourriture qui nous est renouvelée
constamment, d'un pain qui est le Christ toujours présent,
toujours vivant, avec tout ce qu'il est de douceur, de
patience, d'amour et de charité, d’un pain qui vient
remplir les paniers de notre cœur.
Cette nourriture, nous la recevons pour nous;
mais elle est surabondante, généreuse, inépuisable
source qui fait vivre. Cette
nourriture, nous sommes appelés à la distribuer, à la
partager aux affamés que nous rencontrons sur notre route.
Rappelons-nous
que chaque enseignement, chaque eucharistie, chaque
adoration, chaque témoignage, chaque geste de charité, de
don et de pardon recrée mystérieusement cet événement où,
un soir, deux pains et cinq poissons ont suffi pour nourrir
une foule de 5000 hommes.
Poursuivons
notre prière.
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