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Quand j’étais
enfant, j’ai appris comme la majorité d’entre vous, que
le mystère était une vérité qu’on ne pouvait pas
comprendre, mais que nous devions croire parce que c’est
Dieu qui l’avait révélé. Un peu décevant!
Comme si le Bon Dieu prenait un malin plaisir à nous
dire des choses impossibles à comprendre!
J’aime mieux cette autre définition qui nous dit que
le mystère, c’est la révélation de quelque chose de
tellement grand qu’on n’a jamais fini d’en faire le
tour.
Cette expérience,
on la fait dans notre propre vie!
Quand on rencontre quelqu'un, on peut se contenter de
monter un dossier sur lui : son apparence physique, son
état de santé, sa psychologie, son « curriculum vitae »,
sa carrière, ses loisirs préférés, etc., etc. Mais,
on peut aller bien plus loin et entrer dans le mystère
d’une rencontre personnelle :
faire connaissance, entreprendre un bout de chemin
ensemble, nouer une amitié, donner sa confiance et aller
jusqu’à l’amour.
Alors, on se rend compte qu’on n’a jamais fini de découvrir
l’autre.
C’est comme
ça que j’ai le goût d’aborder avec vous la fête de la
Sainte Trinité, comme
une ouverture sur quelque chose de tellement grand qu’on
n’a jamais fini d’en faire le tour.
C’est l’expérience des disciples de Jésus qui
sont entrés dans le mystère d’une rencontre personnelle
qui les a menés bien loin.
Ils ont
d’abord rencontré un homme qui les invitait à le suivre, Jésus
de Nazareth, le fils de Joseph et de Marie. Et puis, peu à
peu, à travers ses gestes de guérison, de compassion et de
tendresse, à travers sa Parole, ils
ont découvert en lui l’Envoyé de Dieu, le Messie attendu,
celui qui venait ouvrir le Royaume de Dieu, le Ressuscité du
matin de Pâques. Cette
expérience, nous la faisons nous aussi. Comme les premiers
disciples, nous avons entendu l’appel de Jésus à le
suivre; nous
faisons route avec lui, nous lui donnons notre confiance, et
nous nous rendons bien compte qu’on n’a jamais fini de le
découvrir.
Et puis, ils
ont fait un bout de chemin de plus quand Jésus se révélait
comme le Fils unique, quand
il leur disait que
ce même Père les aimait, voulait les accueillir dans son
intimité, comme le Père de l’enfant prodigue.
Et les disciples continuaient de découvrir
quelque chose de plus grand. Peu à peu, leur image de Dieu
changeait. Ils avaient toujours cru à un Dieu unique, et voilà
qu’ils apprenaient à se découvrir comme des enfants bien
aimés de Dieu, comme Jésus.
Quand nous
proclamons notre foi dans le « Credo », nous ne
disons pas « Je crois à un Dieu tout-puissant »,
mais à un Père tout-puissant. »
C’est toute une différence.
Au fil de notre vie, nous sommes constamment appelés
à le découvrir et à nous reconnaître comme ses enfants.
On n’aura jamais assez de temps pour percer ce mystère
entièrement.
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Il y a quelqu’un
qui disait : « L’amour, c’est tellement grand
que ce devait être une personne en Dieu, et Dieu en
personne ».
St-Jean abonde dans le même sens, en répétant
souvent « Dieu est Amour ! »
Ça va très loin!.
Jésus disait :
« Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle
à ma parole; mon
Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons
demeurer auprès de lui. »
Le jour de
la Pentecôte, quand ils ont été inondés de l’Esprit
Saint, les
disciples ont été plongés dans cette communion d’amour
et de bonté qui est la vie même de Dieu. Ça a changé
leur vie ! Le
jour de notre baptême, de notre confirmation, nous avons été
plongés dans cette même communauté d’amour qui est Père,
Fils et Esprit.
Dieu est
communion de personnes!
Non seulement nous sommes faits
à son image et à sa ressemblance, mais encore, il vient
demeurer en nous. « nous
viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. »
Quand
on entre dans ce grand mouvement de communion et d’amour,
on comprend qu’on se doit d’investir des
énergies pour la justice, pour le partage, pour la
solidarité, qu’on se doit de s’engager pour défendre
les petits, protéger les faibles, visiter les malades,
vêtir ceux qui sont nus,
soigner les blessés, tout ça avec l’aide de
l’Esprit de Jésus qui nous habite depuis notre baptême.
Le mystère,
c’est quelque chose de tellement grand qu’on n’a
jamais fini d’en faire le tour.
Croire au mystère de la Trinité,
c’est entrer dans une rencontre personnelle avec un
Dieu qui est communion, qui est amour;
c’est faire connaissance avec lui,
entreprendre un bout de chemin avec lui, nouer une amitié,
et aller toujours plus loin,
jusqu’à la foi,
jusqu’à l’amour. Ce n’est jamais fini!
Don
Elder Camara le traduisait très bien quand il disait :
"Donner
tout ce qu'on a, donner tout ce qu'on est,
se
donner toujours sans jamais s'arrêter de donner:
voilà
la leçon profonde de joie et de paix
qu'aux
amis de la terre donnent et donneront toujours
les
trois Amis incomparables qui se consument dans l'Unité.
Mission
impossible! Plutôt
un éternel cadeau à recevoir de Dieu lui-même!
Poursuivons
notre prière.
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