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« Décider! »
Un mot qui revient quatre(4) fois dans la 1e
lecture! « On
décida que Paul et Barnabé... monteraient à Jérusalem ».
« Les Apôtres et les Anciens décidèrent avec
toute l'Église ». « Nous avons décidé à
l'unanimité... » « L'Esprit-Saint et nous-mêmes
avons décidé... »
Dans
une paroisse comme la nôtre, nous avons constamment des décisions
à prendre. Le
conseil de fabrique doit prendre des décisions
administratives et financières; l’équipe pastorale doit décider
des meilleures orientations pastorales
les équipes locales doivent faire de même; les comités
de liturgie aussi! Vendredi,
je recevais un courriel d’un comité de liturgie disant
« Nous
savons que vous avez de grandes décisions à prendre au sujet
des horaires de messes… »
Je
me permets de vous partager une de mes grandes préoccupations
actuelles.
Serons-nous
capables de maintenir la cadence de nos célébrations
dominicales pendant longtemps encore.
Aux mois de juin, juillet et août, nous seront deux prêtres
pour assumer 5 célébrations en fin de semaine, mis à part
les mariages et les funérailles et les baptêmes.
À partir du mois de septembre, nous seront trois pour
assumer 7 célébrations en fin de semaine, pas juste une fin
de semaine mais toutes les fins de semaine.
Pour résoudre le problème, on me dit qu’il faut
faire appel à des vicaires dominicaux. J’ai
téléphoné au vicaire général cette semaine : aucun
prêtre disponible sur la liste du diocèse pour du service
dominical. Quand
on réussit à en trouver un, on le critique sévèrement
parce qu’il ne répond pas à nos attentes. Pas
facile de prendre des décisions, mais il faudra bien en
prendre une un jour.
C’est
vrai aussi dans notre vie personnelle : prendre une
responsabilité dans notre communauté : devenir membre
du comité Partage, nous impliquer dans un groupe de préparation,
faire baptiser ou
non son enfant, se marier à l'église ou pas, entreprendre un
cheminement, consulter sur un problème que nous avons.
Toujours un ensemble de décisions qui prennent mille
et une couleurs!
Ce
n’est pas toujours évident!
On est toujours surpris quand c'est la grand-mère qui
appelle pour le baptême de son petit-fils, quand
des parents nous disent que la première communion, c’est
bien moins leur affaire et bien plus celle du
petit, quand des fiancés nous disent qu'ils veulent se marier
à l'église parce que c'est plus beau!
Prendre
des décisions dans nos vies, c’est une affaire de tous les
jours. Parfois, c’est facile, d’autres fois, particulièrement
pénible. Les
textes d'aujourd'hui viennent nous éclairer sur la façon de
prendre des décisions en Église.
La
première chose qu’ils nous disent, c’est qu’il y avait
un conflit et que ça a provoqué de graves discussions.Ça
veut dire qu’on ne s’est pas caché les
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problèmes
et qu’on s’est parlé franchement pour les régler,
qu’on avait la préoccupation de trouver des solutions qui
conviennent à tout le monde, qu’on a dialogué, échangé.
On pourrait dire que cette manière de prendre des décisions
implique le respect de la fraternité ou de la communion
fraternelle dont je vous parlais dimanche dernier.
La
deuxième orientation que je trouve absolument majeure ou
primordiale, on la trouve dans une petite phrase qui peut
nous apparaître nébuleuse ou mystérieuse qui nous dit:
"l'Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé...".
Vous vous rappelez que Jésus avait dit aux apôtres :
« L’Esprit vous fera souvenir de tout ce que
je vous ai dit. »
Qu'est-ce que ça veut dire?
La
recherche de la vérité, pour des gens de foi, pour ceux
qui sont habités par l'Esprit-Saint depuis leur baptême,
ce n'est pas seulement faire un inventaire des meilleures idées
possibles, mais
c'est, dans une situation concrète, chercher une manière
d'aimer et de vivre à la manière de Jésus. C’est
chercher à nous enraciner dans une histoire qui comporte
des valeurs évangéliques; c’est chercher à actualiser
l’évangile dans l’aujourd’hui de nos vies; c’est
chercher à être créatif à partir des comportements
lumineux de Jésus. Ça
veut dire demeurer ouvert et attentif à l’action de
l’Esprit qui agit dans les profondeurs des personnes.
Et
puis, prendre de bonnes décisions en Église, ça ne veut
pas dire revenir en arrière, reprendre ce qu’on faisait
autrefois parce qu’on aimait ça et qu’on regrette
beaucoup. C’était les cas des Judéens qui se chicanaient
avec Paul et Barnabé; ils voulaient revenir en arrière,
respecter leur tradition. Très tôt, les apôtres qui étaient
tous des juifs ont compris qu’il fallait dépasser la
tradition juive et abandonner des attitudes qui étaient très
ancrées en eux, mais ils n’ont pas eu peur « d’avancer
au large ». Des
fois, il y a des gens qui me disent : « comment
ça se fait que tu ne changes jamais de paroisse comme
d’autres? ». Je
leur réponds « Ce n’est pas nécessaire, c’est la
paroisse qui change. » On est en perpétuel changement
dans notre Église et dans notre monde. C’est
vrai, on est toujours en changement et la Parole de Dieu
vient nous rejoindre dans toutes sortes de circonstances et
d’événements nouveaux. C’est à nous d’inventer,
avec la lumière de l’Esprit et en Église, notre manière
personnelle et communautaire d’être fidèle à Jésus.
Au
cœur de tous ces événements qui nous bousculent, de
toutes les décisions que nous avons à prendre,
rappelons-nous, au moment où nous sommes rassemblés pour
l’eucharistie, que le Seigneur continue de marcher avec
nous, que son Esprit nous habite, que c’est lui qui
continue de nous rassembler, de rendre possible la vie
communautaire, la vie en Église.
Poursuivons
notre prière.
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