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« Aimez-vous
les uns les autres comme je vous ai aimés ».
Message archiconnu!
Tellement qu’on risque de ne plus y porter attention
et de ne pas trop écouter l’homélie.
Il
n’y a pas si longtemps, j’ai reçu une lettre d’une
jeune femme. Comme
vous ne pouvez pas la reconnaître, je me permets de vous la
lire telle quelle même si le français n’est pas des
meilleurs. Je vous
la lis.
«J'aimerai
vous faire mille excuse, j'ai parti sans nouvelle, sans au
revoir de ma part. Et
je me sens coupable. J'espère
que vous me pardonné. Quand
nous nous sommes rencontrés pour la première fois, je vous
ai parlé de moi et de mon enfant et jamais j'oublierai cette
première rencontre. Car vous avez pris le temps de m'écouter
avec votre cœur. Vous
étiez toujours là pour m'écouter et maintenant vos paroles
me manquent beaucoup. Aujourd'hui,
mon père, je demeure très loin de chez moi et de vous.
C'est
avec vos prières et Dieu que j'ai mon enfant aujourd'hui.
Lorsque je vous ai annoncé la bonne nouvelle, vous
avez partager avec moi votre joie et les mots me manquent
comment vous remercier de votre aide, de vos prières et compréhension.
Et c'est pourquoi je me sens coupable de partir sans
laisser de nouvelle avec tous l'amour que vous m'avez donné.
Aujourd'hui, je demeure loin et j'ai tout laisser derrière
moi. J'ai vendu le
maximum des meubles que j'avais dans un délai de 24h.
Nous sommes partis avec un peu d'argent que j'ai
ramasser en vendant. Le
reste, je l'ai donné à des voisins.
J'ai gardé seulement ma voiture et les jouets préférés
du petit.
Maintenant,
je suis installée dans un très petit appartement.
Je réalise que le bonheur est beaucoup plus important
que le matériel. Pour
l'instant, nous dormons sur le sol avec des coussins mais avec
le temps tout reviendra dans l'ordre, j'en suis sure.
Quand on est un petit enfant, c'est dur de comprendre
pourquoi les autres ont de belle maison et pas nous, mais avec
le temps, il comprendra. Il
a peut-ète pas une belle maison, mais il y a tout l'amour
qu'il a besoin, et il le sait que sa maman va toujours
l'aimer. C'est déjà
beaucoup. »
Vous
savez très bien que l'expérience de cette jeune femme n'est
pas unique. Beaucoup
de personnes souffrent de ne pas être reconnu par les autres!
Chaque jour, elles subissent le fardeau de la solitude,
de l'anonymat! Ces personnes jeunes ou âgées vivent chez
nous. Elles
existent mais elles ont l'impression de n’exister pour
personne, d'être des étrangers.
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Elles
n’ont pas choisi de vivre comme ça, même s’il faut
dire que, parfois, nous préférons demeurer des étrangers
les uns pour les autres.
Jésus
est en train de prendre son dernier repas avec ses
disciples. On peut comprendre qu'il veut leur laisser ce
qu'il a de plus précieux, ce qui prend la première place
dans son cœur. En
les invitant à s'aimer les uns les autres, comme lui nous a
aimé, il les appelle à vivre selon le projet de Dieu qui a
voulu, depuis la création du monde, une
humanité unie et fraternelle, une humanité dont les règles
maîtresses sont la justice et la paix.
Les
mots de Jésus dans l’évangile ont une importance
primordiale pour nous les croyants. Aux yeux de notre foi,
des situations comme celles que je viens de décrire ne sont
jamais acceptables.
Jésus
nous a révélé que nous avions tous un lien de parenté,
que nous sommes liés par une grande fraternité humaine, et
bien plus encore par une fraternité qui prend sa source
dans le cœur de Dieu lui-même. Avant
d'être une loi, un commandement, une obligation morale, la
fraternité, la communion fraternelle, c'est d'abord une
question de foi, de foi dans la personne de Jésus qui est
venu nous révéler tout l'amour qu'il y a en Dieu et tout
l'amour qu'il a pour nous. À cause de cela, on peut dire
que depuis notre baptême, nous sommes fondamentalement
engagés dans une immense opération anti-solitude et
anti-anonymat
"Aimez-vous
les uns les autres, comme je vous ai aimé".
Par sa vie, ses paroles, ses gestes, Jésus nous
trace la route de l’amour fraternel.
C’est la règle unique pour faire quelque chose de
neuf dans notre monde, dans notre Église, entre les
communautés de la paroisse et dans notre communauté.
Partout,
autour de nous, des visages cherchent un signe de
reconnaissance. Et
chaque fois que nous y répondons, le Royaume de Dieu
s'agrandit un peu plus sur le terrain quotidien de nos
jours. J'avais
l'impression de ne pas avoir fait grand'chose pour la jeune
femme dont j'ai lu des extraits de lettre tantôt! Mais vous
avez pu remarquer comment, pour elle, j'avais fait beaucoup,
juste en l'accueillant, en l'écoutant.
Je lui ai permis de se sentir moins étrangère,
moins seule, de lui donner de l'espérance. Ca ne prend pas
des gestes d'éclat, des merveilles d'invention, pour
bâtir, faire grandir la communion fraternelle entre nous et
en être des témoins pour les autres.
Ca prend juste cette foi qui nous fait marcher à la
suite de Jésus.
Poursuivons
notre prière.
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