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Le
24 janvier 1964, le pape Paul VI instituait un dimanche
mondial de prière pour les vocations. Il disait :
« L’Église a devant elle un monde ouvert à la
mission, un monde qui semble insensible et hostile, mais qui,
en réalité, attend et implore. »
J’étais au grand séminaire à l’époque.
On était en plein concile qui nous parlait
de la vocation de tous les baptisés, du rôle des laïcs dans
l’Église.
Un
dimanche de prière pour les vocations!
Une petite phrase de l’évangile vient nous éclairer
sur le sens de ce dimanche.
Jésus vient de nous dire : « Je suis le bon
Pasteur… et mes brebis écoutent ma voix… »
« Je
suis le Bon Pasteur… »
Pour bien saisir le sens de notre vocation,
il faut d’abord nous situer devant celui qui est le
Bon Pasteur, celui
qui nous rassemble et nous conduit, qui veille sur nous, celui
qui connaît bien nos faiblesses, et osons le dire, nos bêtises,
nos manques d’audace et d’imagination.
Il sait bien qu’il n’a pas affaire à des
surhommes, mais il est le Bon Pasteur.
Il nous prend sur ses épaules, il
prend sur lui notre faiblesse et il va jusqu’à nous dire
par deux fois : « personne
ne les arrachera de ma main. »
« Je
suis le bon pasteur et mes brebis entendent ma voix ».
« Entendre sa voix »… cesser de bêler, de gémir
et se taire pour accueillir une Parole qui vient vers nous,
une Parole qui vient en nous, jusque dans notre cœur.
N’est-il par vrai de dire que nous nous sommes mis en
route quand nous nous sommes laissés touchés par Jésus, par
le Bon Pasteur, soit par sa figure,
soit par ses attitudes ou ses gestes, soit par une
Parole qui remonte souvent dans notre cœur.
Le Bon Pasteur continue de nous parler, pas dans les
nuages, mais dans les événements que nous vivons, par
des personnes bien spéciales qu’il a mises sur notre
chemin.
La vocation,
ce n’est pas seulement ce moment de notre vie où nous avons
décidé de revenir à l’Église, de nous marier, de devenir
prêtres, religieux ou religieuses, de mieux vivre notre baptême
ou de nous impliquer dans notre communauté.
La vocation, c’est toute notre vie marquée de toutes
sortes d’événements heureux ou malheureux.
Quand j’ai été ordonné prêtre, il y a 44 ans,
j’étais bien loin d’avoir l’image du prêtre
d’aujourd’hui. Ça
a bien changé, comme on dit!
Tout au long de notre vie, nous avons besoin
d’entendre, d’accueillir la voix du Bon Pasteur, de l’écouter.
Depuis des siècles,
des hommes et des femmes ont entendu la voix du Bon Pasteur et
ont répondu à son appel en choisissant de vivre autrement.
On
peut penser à ces nombreuses personnes qui se sont laissées
séduire par Jésus, à
ces gens qui cherchaient
la guérison du corps ou de l’âme, à ceux qui ont été
touchés par la puissance de sa grâce.
On peut penser à Zachée, à l’aveugle Bartimée,
et à bien d’autres.
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On
peut penser à ces personnes qui ont pris sur elles-mêmes
l’initiative de suivre Jésus, simplement par amour.
C’est le cas en particulier de plusieurs femmes et
d'autres personnes dans l’évangile.
On
peut penser encore à ces
pêcheurs de Galilée qui ont rencontré Jésus, que se sont
laissés conquérir par son regard, par sa voix et qui ont
accueilli son invitation pressante de devenir des pêcheurs
d’hommes. C’est
Jésus lui-même qui les avait choisis.
On peut
penser à toutes ces personnes qui, depuis ce temps,
ont connu le mystère d’amour du Père.
Elles représentent toutes ces vocations toujours présentes
dans l’Église.
Aujourd’hui,
dans notre prière, nous pouvons d’abord rendre grâce au
Seigneur pour toutes ces vocations :
vocations au sacerdoce, à la vie consacrée,
vocations au mariage, la vocation des laïcs, vocation des
baptisés.
Nous
prions aussi pour qu’il y en ait d’autres qui écoutent
la voix du Bon Pasteur, et pour tous les baptisés qui ont
besoin de redécouvrir leur vocation fondamentale.
En
préparant mon homélie, je suis tombé sur un texte d’un
évêque français qui m’a beaucoup touché.
Il disait : « L’Église, il faut la
faire vivre. Comme évêque, c’est ma tâche et ma
passion. Je
cherche des collaborateurs pour annoncer l’évangile, pour
faire naître de vraies communautés d’Église, et pour
les faire vivre de Jésus-Christ.
Je cherche des témoins et des fondateurs, des hommes
qui ne monopolisent pas les responsabilités, mais qui sont
responsables de la responsabilité de tous.
Je cherche des personnes qui incarnent la tendresse
du Père et expriment son pardon, qui insufflent l’Esprit,
non comme un pouvoir, mais comme un service.
Dans un monde qui change, dans une Église secouée
par les bourrasques et par la peur, je cherche des personnes
qui ont l’audace de la fidélité et la passion de l’Espérance. »
J’aime beaucoup ce texte-là.
Les équipes
locales ont voulu faire de cette journée d’aujourd’hui,
une journée de remerciement pour nos bénévoles.
Il me semble que ces personnes ont donné une bouche,
des mains et des pieds de plus à leur vocation.
Ils sont nombreux dans nos communautés et dans notre
immense paroisse. En votre nom à tous, je les remercie du
fond du cœur pour le beau travail qu’elles font.
J’ai le goût de les porter tous, d’une manière
particulière dans mon cœur,
en demandant à celui que nous reconnaissons comme le
Bon Pasteur, de les accompagner dans le don qu’ils font
d’eux-mêmes.
Poursuivons
notre prière.
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