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On
dirait que c’est le monde à l’envers!
La bonne nouvelle de Jésus ressuscité se répand
parmi les disciples : les femmes vont le dire aux apôtres;
les disciples d’Emmaüs font pareil, et, dimanche dernier,
c’était les apôtres qui le disaient à Thomas. Mais
aujourd’hui, dans l’évangile, on a l’impression que ce
sont les apôtres qui ressuscitent.
Il y a une pêche miraculeuse, 153 gros poissons, mais
on a encore l’impression que ce sont les apôtres qui
sont repêchés par le Seigneur.
L’évangile
commençait en disant : « Au lever du jour, Jésus
était là sur le rivage. »
« Au lever du jour… »
Il y a un proverbe vietnamien qui dit :
« il n’y a pas de nuit si noire qui ne soit suivie
d’un matin clair. » C’est
ce qu’on voit dans l’évangile!
Après la mort de Jésus, les apôtres avaient tout laissé
tomber pour retourner à leur ancien métier de pêcheurs. Ils
viennent tout juste de pêcher toute la nuit sans rien
prendre.
Ils reviennent bredouilles. Ils sont encore dans la
nuit, la nuit noire du jeudi saint.
Au
lever du jour, Jésus repêche ses apôtres, et il commence
par Pierre. Vous vous souvenez que Jésus lui avait dit :
« Je vais faire de toi un pêcheur d’hommes »,
mais aujourd’hui, c’est lui, Pierre qui a besoin d’être
repêché. La dernière fois qu’il avait vu Jésus,
ou plutôt que Jésus l'avait regardé, il venait d'affirmer
par trois fois qu'il ne connaissait pas cet homme.
Il était sorti en pleurant amèrement.
L’évangile
vient de nous dire « qu'il passa un vêtement parce
qu'il n'avait rien sur lui".
C’est une allusion très claire à Adam et Ève!
C’est après leur péché qu’ils découvrent leur nudité.
Comme eux, Pierre est dépouillé; il ne lui reste
aucune dignité devant le Seigneur, il est dans la misère; il
n'a rien à offrir à celui qu'il avait renié; rien que les
remords d'une trahison.
Mais
Jésus le repêche, le ressuscite en quelque sorte lui offrant
de remplacer les trois "Je ne connais pas cet homme",
par trois "Seigneur, tu sais bien que je t'aime".
C'est un nouveau départ pour Pierre,
la levée d’un jour nouveau. « il
n’y a pas de nuit si noire qui ne soit suivie d’un matin
clair. »
Ce
que j'ai dit de Pierre vaut aussi pour les autres Apôtres.
La première lecture nous faisait voir tout un
changement: on sait comment ils avaient peur, comment ils
verrouillaient les portes;
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et
voilà qu'ils sortent tout joyeux après avoir affronté le
grand conseil, pour "avoir été jugés dignes de subir
des humiliations pour le nom de Jésus".
Comme pour Jésus le jour de Pâques, c’est un jour
nouveau qui se lève pour les apôtres.
En
lisant l’évangile, je me suis posé une question. Avec
tout ce qu’ils étaient en train de vivre, voulez-vous
bien me dire qu’est-ce qui leur a pris de compter les
poissons? 153.
Il
me semble que ce n’était pas le temps. Ce devait être
important, puisque, quand St Jean écrit son évangile, ça
fait 70 ans que ça c’est passé.
Ce n’est sûrement pas un détail; il y a sûrement
un message caché!
C’est
quoi le message?
À l’époque, on pensait qu’il y avait 153 espèces
de poissons. Je pense que St Jean veut nous faire comprendre
que Jésus a toujours voulu fait vivre à toute l’humanité
ce que les apôtres ont vécu ce matin-là.
Toutes les espèces d’humain, toutes les races,
toutes les cultures, toutes les langues sont dans le projet
de Jésus. Tous sont appelés à faire l’expérience de la
résurrection, à passer de la nuit au jour.
Il
y a beaucoup de résurrections : celle de Jésus, le
premier-né d’entre les morts, celle de Pierre dans l’évangile
d’aujourd’hui, celles des disciples qui sont passés de
la peur à l’audace, et nos propres résurrections.
Nous aussi, nous sommes souvent repêchés.
Nous avons tous vécu des événements qu’on peut décrire
en disant : hier, c’était la mort, c’était la
nuit, et puis, à un moment donné, tout a repris vie, c’était
la lumière.
On
pourrait prendre le temps, durant cette célébration ou
pendant notre journée, de repasser notre vie et de la
relire à la lumière de l’Évangile d'aujourd'hui: revoir
intérieurement tous ces passages, ces Pâques, ces gestes
du Christ qui nous ont permis de nous relever, de renouer
avec Jésus, de vivre des pardons intenses, des joies
profondes, de passer à un jour nouveau.
On peut penser encore à tous ces gestes que le
Christ a accompli à travers nous pour en relever d'autres
et les faire remonter dans la barque de Pierre.
Il
y a beaucoup d’allusions à l’eucharistie dans l’évangile :
le rassemblement, les préparatifs du repas, l’invitation,
et Jésus qui donne à manger. Profitons de ce moment pour
dire au Seigneur, comme Pierre : "Seigneur, tu
sais bien que je t'aime", « Tu sais bien que je
te fais confiance!
Poursuivons
notre prière.
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