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Pauvre
Saint Thomas! C’est
le plus croyant des Apôtres, pourtant ça fait deux mille ans
qu’on le pointe du doigt en le traitant d’incrédule parce
qu’il refuse de croire à moins qu’il puisse voir,
toucher, expérimenter. D’ailleurs,
Jésus lui-même lui dit : «Thomas, cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Pauvre
Saint Thomas! C’est
lui qu’on montre du doigt,
mais les autres apôtres étaient-ils plus croyants que
lui? Souvent, Jésus
leur a reproché leur manque de foi. Je
vous en donne quelques exemples.
Quand
Jésus marche sur les eaux et que Pierre veut aller à sa
rencontre, Jésus le saisit par la main au moment où il
s’enfonce et lui dit : « Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté? » (Mt 14,30)
À
un moment donné, les apôtres s’inquiètent parce qu’ils
ont oublié de prendre du pain avec eux.
Jésus leur dit encore « Gens de peu de foi,
pourquoi cette réflexion sur le fait que vous n’avez pas de
pain? » (Mt 16,8)
Quand
ils sont dans la barque ballottée par une tempête que Jésus
apaise, ils se demandent qui il est pour commander aux vents
et aux flots et qu’ils lui obéissent.
Et Jésus leur dit encore : « Où est votre
foi? » (Luc
8,25)
Ce
manque de foi, ils l’ont toujours même après la résurrection
de Jésus. Marie-Madeleine va leur raconter qu’elle a vu le
Seigneur, mais ils ne la croient pas.
D’autres femmes vont leur disent la même chose, ils
les traitent de radoteuses.
Quand les disciples d’Emmaüs reviennent à Jérusalem
pour leur annoncer qu’ils avaient vu le Seigneur, ils ne les
croient pas. Aussi,
lorsque Jésus se montre à eux alors qu’ils sont en train
de prendre leur repas, il
leur reproche de ne pas avoir cru ceux qui l’avaient vu. »
Pauvre
Saint Thomas! C’est
lui qu’on pointe du doigt alors qu’il n’est pas pire que
les autres, aussi incrédules que lui.
Est-ce
qu’on peut leur reprocher leur manque de foi?
Je ne le pense pas!
Croire à une histoire de tombeau vide, de quelqu’un
qui ressuscite, c’était vraiment fou, déraisonnable, pas
imaginable. Leur
réaction est plutôt la preuve qu’ils avaient les deux
pieds sur terre, qu’ils étaient pleins de gros bon sens.
Ça
nous permet de réfléchir un peu sur notre foi.
Si les apôtres avaient voulu nous faire croire à
une belle histoire, il me semble qu’ils nous auraient caché
leurs doutes, leurs hésitations, leur incrédulité,
qu’ils auraient
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pris soin de se donner un beau rôle pour
rendre leur histoire plus crédible.
Je me dis que nous avons raison de nous appuyer sur
le témoignage de ces femmes et de ces hommes qui ont vu le
ressuscité.
Pourquoi
ai-je dit au début que Thomas était le plus croyant de
tous les apôtres?
Quand
Jésus fait un petit sondage auprès de ses disciples pour
savoir ce qu’on dit de lui, ils répondent que pour les
uns, c’est Jean-Baptiste, que, pour d’autres, c’est Élie,
et pour d’autres encore, Jérémie ou un des prophètes.
Quand il leur demande à eux ce qu’ils pensent, Pierre
prend la parole et dit :
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu
vivant. »
Après
la mort de Lazare, quand Jésus s’en va à Béthanie, il a
une petite conversation avec Marthe qui finit par lui dire :
« Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois, tu es
le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »
Mais personne, aucun
des Apôtres n’a osé aller aussi loin que Thomas
qui s’écrie en voyant les plaies de Jésus : « Mon
Seigneur et mon Dieu ».
Déjà,
dans l’Ancien Testament, le nom de « Seigneur »
est, à toute fin pratique, réservé à Dieu.
Mais Thomas va encore plus loin en disant :
« Mon Seigneur et mon Dieu. » Il
ose donner à Jésus, à cet homme
qu’il côtoie depuis trois(3) ans le qualificatif de
« Dieu. Faire
une telle affirmation, c’était
quelque chose d’absolument impensable pour un Juif.
C’est
tellement grand la profession de foi de Thomas qu’on la
retrouve tous les dimanches, à la fin de ces prières que
je termine en disant « Par Jésus Christ, ton
Fils, notre Seigneur
et notre Dieu »,
« Notre Seigneur et notre Dieu »,
les mots de celui que nous qualifions d’incrédule
alors qu’il fait une si belle profession de foi que nous
reprenons nous-mêmes dans nos célébrations.
Aujourd’hui,
réunis pour célébrer l’eucharistie, le Seigneur est
avec nous comme il était avec ses amis le soir de Pâques.
Comme Thomas, proclamons le mystère de notre foi
au-delà de toutes les apparences.
Et bénissons le Seigneur, cette source
inépuisable de vie, de paix et de joie, cette source qui
nous donne son Esprit pour que nous
vivions en enfants de Dieu et que nous portions aux autres, son
message d’amour et de paix.
Poursuivons
notre prière.
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