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Depuis hier
soir, partout à travers le monde, les chrétiens proclament
que le Christ est vainqueur de la mort et qu’il est
ressuscité. Ça va bien plus loin qu’on pense!
Saint Paul affirme: « Vous êtes ressuscités
avec le Christ ». Pas « Vous serez ressuscités »,
mais, « Vous êtes ressuscités avec le Christ.
Et pourtant! La
victoire de Jésus sur la mort n’empêche pas les
tremblements de terre, les épidémies, les génocides, les
maladies, et tout un océan infini de souffrances. Les hommes
continuent de souffrir, de mourir et de faire mourir.
Pâques!
Un mot qui signifie “Passage”, passer d’un lieu
à un autre, d’un état à un autre.
Le 30 mars dernier, les Juifs ont célébré la Pâques.
Comme ils le font chaque année, ils célèbrent le passage de
Dieu dans leur histoire pour les faire passer de l’Égypte
à la Terre Promise, de l’esclavage à la liberté.
Aujourd’hui, nous célébrons un autre passage, celui de Jésus
qui passe de la mort à cette vie que plus rien ne peut plus
menacer. Pendant notre vie et à la fin de notre vie, nous
sommes appelés à vivre les mêmes passages, la Pâques de Jésus.
John Littleton chantait : “Il faut mourir afin de
vivre.”
Passer de la
mort à la vie! Marie-Madeleine
“se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore
sombre.” Elle
arrive au tombeau; il
est ouvert; le
corps de Jésus n’est plus là. C’est tout un drame pour
elle! Elle pense
que quelqu’un a enlevé le corps de Jésus. Le Cantique des
Cantiques (Ct 3,1) décrit très bien le drame qu’elle vit :
“La nuit, j’ai cherché Celui que mon cœur aime et
je ne l’ai pas trouvé”.
On comprend que c’est dans son esprit et dans
son cœur qu’il fait nuit. Elle court crier sa détresse aux
disciples qui se mettent à courir, aussi remplis qu’elle
d’inquiétude et de tristesse.
On le sait, Jésus
n’a pas cherché à éviter ou à fuit le temps des ténèbres
et de mort qui l’attendait.
Tous les évangiles nous l’ont répété cette
semaine. On voit la même chose dans l’évangile. Jésus
n’empêche, ni Marie-Madeleine, ni ses disciples, de vivre
un temps difficile, de vivre leur peine et leur chagrin.
C’est toujours vrai!
Jésus ne vient pas, d’un coup de baguette
magique, empêcher nos larmes et nos souffrances, nos temps
d’obscurité, de doutes et de questions anxieuses.
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Quand Pierre
et Jean arrivent au tombeau, c’est Pierre qui entre le
premier. Il constate lui aussi que le tombeau est vide, que
tout est en ordre, mais il reste dans la nuit comme
Marie-Madeleine. L’autre disciple, celui que Jésus
aimait, entre à son tour; il voit
la même chose, mais il tire une conclusion bien différente.
« Il vit et il crut », nous dit l’évangile.
Pour lui, Jésus est vivant.
Au cœur de
tous ces vides, de toutes ces absences, de tous ces manques
que nous vivons, la fête de Pâques nous invite à avoir
les yeux de Jean, à croire nous aussi, à faire confiance
à Jésus au-delà de toutes les apparences.
Pierre reste
dans la nuit; Jean croit. Comment expliquer une telle différence?
Je ne vois qu’une seule réponse, par l’amour. On sait
que Jean aimait beaucoup Jésus, que Jésus l’aimait, c’était
son disciple bien-aimé. Son amour fait naître dans son cœur
une immense espérance, une immense confiance. En ce jour de
Pâques, il me semble que c’est une grâce que nous
pouvons demander au Seigneur, la même confiance, la même
espérance, le même amour.
C’est vrai
aussi pour Marie-Madeleine. L’évangile qui suit nous
raconte que Pierre et Jean retournent à la maison, mais que
Marie-Madeleine demeure près du tombeau de Jésus. Elle
reste là; elle est seule, elle veille, et pleure et elle
attend. Elle pressent elle aussi que l’Amour est plus fort
que la mort. Elle ne sera pas déçue. Pensant avoir affaire
au jardinier, elle s’entend appelée par son nom; elle
reconnaît Jésus et s’écrit “Rabbouni”, en cherchant
à le retenir de toutes ses forces. Elle vit une Pâques. Jésus
la fait passer de la peine à la joie. Ce n’est pas la
première fois, il était déjà passé dans sa vie en lui
pardonnant toutes ses fautes.
La fête de
Pâques nous annonce que Celui qui nous a précédés sur la
route de nos nuits, veut nous fait passer avec lui dans la
lumière comme il l’a fait pour Marie-Madeleine, comme il
le fera dans les jours qui suivent en se montrant à ses
disciples. En ce jour de Pâques, faisons mémoire de tous
ces passages de Jésus dans notre vie, de tous ces moments où
il nous a fait passés d’un état à un autre. C’est ce
qui nous permet de chanter :
“Le Seigneur est ressuscité, alléluia, alléluia”,
comme nous le faisons aujourd’hui.
Je vous
souhaite de très joyeuses Pâques.
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