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Aujourd’hui,
ça peut paraître surprenant, mais je vous propose une méditation
sur les mains, une méditation qui pourrait nous suivre tout
au long des célébrations de cette sainte semaine.
Dans
ce long récit de la passion qui nous venons d’écouter, on
met la main sur Jésus
qui avait dit à ses disciples : « le Fils de l’homme
est livré aux mains des pécheurs. » Cela, on le voit tout
au long de l’évangile.
Il y a les mains de Judas qui reçoit l’argent de la
trahison, celles des gardes qui viennent l’arrêter, qui lui
mettent la main dessus. Il
y a encore les mains du disciple qui s’enfuit en lâchant le
linge qui l’habillait, les mains de Pierre qui, dans la cour
du palais, se
chauffent à un feu qui ne le réchauffe pas; les mains qui se
lèvent pour porter de fausses accusations ; les mains du
grand prêtre déchirant son vêtement ; les mains qui
frappent et qui giflent ; les mains qui l’enchaînent, les
mains qui l’emmènent; les mains de Pilate qui relâchent le
criminel et livrent l’innocent ; les mains qui dénudent Jésus,
et celles qui le clouent à la croix ; celles qui tirent au
sort son vêtement. Il y a aussi les mains qui le descendent
de croix qui lavent le corps meurtri, l’enveloppent d’un
linceul et le déposent au tombeau. Vraiment,
on peut dire qu’on a mis la main sur Jésus.
Jésus
aussi s’est servi de ses mains pendant sa vie, mais ce n’était
jamais pour accuser, condamner ou détruire; c’était pour
guérir, pour remettre debout, pour sauver et pour aimer.
Je vous rappelle quelques exemples dans l’évangile.
Sur
un lépreux qui le priait en disant « Seigneur, si tu le
veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main, le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
On
peut penser à Jaïre, un chef de la synagogue qui
demande à Jésus de venir guérir sa petite fille. Alors que
les gens la déclarent morte, Jésus prend la main de
l’enfant et lui dit: « Mon enfant, réveille-toi »,
et elle se leva.
Il
y avait encore dans une synagogue où Jésus était en train
d’enseigner une femme courbée.
« Jésus lui imposa les mains : aussitôt
elle redevint droite. »
Un
jour, on vient lui dire que sa mère veut le voir.
En tendant la main vers ses disciples, il déclara :
« Voici ma mère et mes frères. »
St
Jean nous raconte, lors de la multiplication des pains, que
« Jésus prit les pains, qu’il les bénit et les
distribua aux convives affamés.
Le soir de la dernière cène, « il prit du pain
et après avoir rendu grâce, il le rompit et le donna à ses
disciples en disant « Ceci est mon corps donné pour
vous. »
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Matthieu
lui nous rappelle ce moment où les gens lui amenaient des
petits enfants pour qu’il leur impose les mains en disant
une prière au mécontentement des apôtres.
2000
ans plus tard, on peut dire que Jésus est maintenant entre
nos mains à nous.
Qu’est-ce que nous en faisons?
Ressemblent-elles aux mains de ceux qui l’ont
trahi, renié, à ceux qui ont mis la main sur lui, parce
qu’on s’en sert pour frapper ou maudire, pour accuser ou
condamner? Ressemblent-elles
à celles de Jésus parce qu’elles traduisaient la bonté,
le partage, l’amour, parce
qu’elles servent à relever?
Probablement qu’on se retrouve dans les deux, parce
que, comme St Paul, on ne fait pas tout le bien qu’on
aimerait faire et qu’on fait le mal qu’on ne voudrait
pas faire.
Devant
cette fragilité qui est la nôtre, je pense qu’il est de
mise de terminer mon homélie pour une prière sur les
mains.
Toi
notre Dieu, tu nous as créés avec un corps,
avec des jambes pour aller à ta rencontre,
avec une tête pour penser,
avec un cœur pour apprendre à aimer.
Toi,
notre Dieu, tu nous as donné des mains
des mains qui bénissent,
des
mains ridées, abîmées qui reçoivent le pain de vie des
mains pour serrer d'autres mains,
et non pour les fermer en poings violents.
des mains ouvertes comme une offrande,
comme une prière de demande et de merci.
Toi
Jésus avec tes mains, tu as relevé le pauvre,
tu n'as pas jeté la pierre, tu as partagé le pain,
tu as porté ta croix.
Toi Jésus avec tes mains,
tu as fait passer Thomas du doute à la foi.
Tes mains de ressuscité nous invitent à espérer,
à nous prendre en main,
à ne pas baisser les bras devant la mort et l'isolement.
Toi
notre Dieu, apprends-nous à mieux partager,
parce que nos mains
sont
le prolongement du cœur,
elles disent notre façon d'aimer,
elles deviennent ainsi tes mains,
celles qui donnent la Vie.
Cette
prière, on peut la poursuivre tantôt, plus particulièrement, devant
ce pain, ce corps brisé qui vient reposer entre nos mains.
Que
notre sainte semaine nous donne les mains de Jésus!
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