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Aujourd’hui,
à la une du journal de Jérusalem, deux grosses nouvelles.
"18 personnes perdent la vie dans la chute d’une
tour »; « Pilate
ordonne le massacre de Galiléens dans le temple ».
Des nouvelles comme celles-là, on en a tous les jours:
tremblement de terre en Haïti, puis au Chili,
la grippe H1N1, des attentats, des guerres, et tout
cela, sans parler des problèmes que nous avons,
des malades que nous côtoyons, des épreuves, des
souffrances, des deuils que nous vivons.
Depuis
toujours, nous nous demandons pourquoi ça arrive!
On voudrait bien comprendre, trouver des explications
qui pourraient diminuer notre insécurité. On
cherche des coupables pour les accuser de tous ces malheurs.
Si la tour de Siloé est tombée, ça doit être la
faute d'un architecte malhonnête ou d'un entrepreneur trop
croche. Si Pilate
a fait massacrer des Galiléens,
ça doit être parce qu’ils étaient des terroristes
trop dangereux.
On
pourrait bien aller plus loin puis se dire : « C’est
le bon Dieu qui les a punis parce que c’était des pas-bons,
des méchants, des pécheurs.
Ce n’est pas rare dans notre monde qu’on voit les
épreuves comme une punition du bon Dieu à cause des péchés
qu’on a pu commettre. Ça
se traduit par toutes sortes d’expressions : « Tu
vas faire de la peine au petit Jésus et puis il va te punir. »
Ou encore : « Je me demande bien qu’est-ce que
j’ai pu faire au bon Dieu pour vivre des affaires pareilles! »
Ça
rejoint beaucoup la question que Jésus pose
à ses disciples dans l’évangile.
"Pensez-vous
qu'ils étaient plus pécheurs que les autres pour avoir subi
un tel sort?"
Il
n’y va pas avec le dos de la cuillère dans sa réponse!
"Si vous ne vous convertissez pas, vous allez périr
de la même manière".
Autrement dit : "Arrêtez donc de scruter la
conscience des autres pour les accuser et les condamner, et
commencez donc par vous regarder vous-mêmes.
Changez donc de vie, changez donc vos manières de
penser et d'agir, vos pratiques, sinon vous allez périr, pas
parce que le bon Dieu va vous punir, mais parce que vous vous
mettez vous-mêmes dans des situations périlleuses.
Bien
concrètement, aujourd'hui, il nous dirait peut-être ceci:
"Si vous continuez à détruire la couche d'ozone, à
jeter vos déchets dans les rivières, à
ne pas respecter les personnes, à mépriser le monde et la
vie, vous prenez le risque d'engendrer des nouveaux Pilate qui
vont traiter les personnes comme on traite le reste de la
nature. Si vous
continuez de prendre l'argent pour le bon Dieu, l'économie
comme une nouvelle religion, le profit comme votre seule espérance,
vous vous bâtissez des tours qui vont s'écrouler et tuer pas
mal de monde.
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Dans
l'évangile, Jésus nous parle d'un figuier qui a bien du
mal à vivre, un figuier qui ne produit pas de fruit depuis
trois ans. À
quoi bon le garder? Vaut
mieux le couper! Mais
le vigneron lui dit : « Laisse-le encore, le
temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. » Celui
qui veille sur le figuier que nous sommes ne veut pas
qu’on l’abatte. Il
ne veut pas la mort mais la vie!
C’est bien clair!
Le jardinier de cette espérance, c’est Jésus
lui-même.
Le
temps du Carême, c’est un temps qui nous est donné pour
apprendre à regarder Jésus comme le vigneron, comme le
jardinier, pour adopter la vie de Dieu qui ne veut pas la
mort du méchant mais la vie en abondance.
Toutes les lectures aujourd’hui allaient dans ce
sens.
Dans
la première lecture:
"J'ai
vu la misère de mon peuple, j'ai entendu ses cris, je
connais ses souffrances ... et je suis descendu pour le délivrer
... pour le faire monter dans une terre où il sera
heureux".
Dans
la deuxième lecture:
St Paul nous invite à
nous rappeler moins les malheurs du monde et plus les
merveilles que Dieu a réalisé dans l'histoire: la mer qui
s'ouvre pour épargner le peuple, la nuée qui le conduit,
la source qui jaillit du rocher.
Et
que dire du psaume qui nous parlait du grand jardinier en
disant:
"Il
est tendresse et pitié."
Il pardonne, guérit, Il te couronne d'amour et de
tendresse, il est lent à la colère et plein d'amour."
Est-il
nécessaire d'ajouter qu'apprendre à nous tourner vers
Dieu, c'est en même temps apprendre à nous tourner vers
les autres, à la manière de Dieu.
Chaque jour, nous pouvons nous demander :
« Comment je peux être libérateur pour les personnes
qui sont à mes côtés? »
Le
Carême, c'est un temps qui nous est donné pour bêcher
autour du figuier que nous sommes pour y faire pousser la
vie. Puisse
cette célébration nous permettre de mieux découvrir un
Dieu dont l'Esprit est à l'œuvre en nous et avec nous dans
toute la puissance de sa résurrection.
J’invite
Rachel à venir vous adresser la parole.
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