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Au
cours des prochains dimanches, nous allons vivre des scrutins
et des « Tradition » qui sont autant d’étapes
pour un adulte qui se prépare au baptême.
Dans un moment, nous
allons vivre un premier scrutin et la tradition du symbole des
apôtres avec trois adultes de notre paroisse qui seront
baptisés dans la nuit de Pâques, à la cathédrale. Et,
pour ce premier
scrutin, la liturgie nous demande d’utiliser l’évangile
de la samaritaine. Il
y a une raison à cela! Elle
désire que les catéchumènes
fassent la même expérience que la samaritaine, qu’ils
se laissent regarder comme elle par le regard d’amour et
transformateur du Christ.
Évidemment, nous sommes tous invités à le faire.
Comment
Jésus a-t-il regardé la samaritaine?
Il ne l’a pas regardé comme une hérétique;
les samaritains n’avaient pas la même religion que les
Juifs. Il ne l’a
pas regardé comme les gens de son époque regardaient les
femmes qui n’étaient pas considérées.
Il ne l’a pas regardé comme une vaurienne celle qui
vivait avec un concubin après avoir eu cinq maris.
Il a eu pour elle un autre regard, un regard d’amour
et d’affection. Avec le regard le plus humain qu’il y a en
Dieu, il a vu ce qu’il y avait de divin en elle, son désir
de vivre avec Dieu, de vivre de Dieu.
Il fait la même chose avec nous.
Ce
regard humain d’un Dieu qui voit ce qu’il y a de divin en
l’homme, on le trouve à maintes reprises dans les évangiles.
Pensez,
par exemple, à la parabole de l’enfant prodigue où le père
regarde ces deux fils, le plus jeune qui a gaspillé tous ses
biens et le plus vieux qui ne veut plus rentrer à la maison,
avec un regard miséricordieux, rempli de bonté, de tendresse
et d’amour.
Pensez
encore à son
regard sur Zachée perché dans son arbre, le chef des
collecteurs d’impôt que tout le monde regardait comme le
pire des voleurs, à son regard sur Pierre qui vient de le
renier trois fois et qui éclate en sanglots devant ce regard
d’amour, à son regard sur
le jeune homme qu’il se prend à aimer parce qu’il est ébloui
par la qualité de ce cœur, par la ferveur de ce garçon qui,
pourtant, renonce à le suivre.
Ces
regards de Jésus prennent toute une force pendant le temps de
sa passion!
Il
ne dit pas de Judas : « C’est un traître! ». Il
l’embrasse et lui dit : "Mon ami"
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Il
ne dit pas : « Ces grands prêtres sont des juges iniques,
ce roi est un pantin, ce procurateur romain est un peureux,
cette foule est une populace, ces soldats sont des
tortionnaires.» Non! Il
dit : "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas
ce qu’ils font"
Et
que dire encore du regard de Jésus sur celui qui nous
appelons le bon larron. Un regard fantastique! Le regard
d’un crucifié sur un autre crucifié comme lui; un regard
épuisé mais rempli de tellement d’amour.
On peut comprendre que cet homme
ait fondu dans les bras de la miséricorde de Dieu, alors
qu’il avait tout perdu même sa réputation.
De
nos jours, il n’aurait jamais dit : "Il n’y a
rien de bon dans celui-ci, dans celle-là, dans ce milieu-ci
ou dans ce milieu-là." Il n’aurait jamais dit: «
C’est un intégriste, un moderniste, un gauchiste, un
fasciste, un mécréant, une punaise de sacristie.. » Pour
lui, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient
leurs actes, leur statut, leur réputation, sont toujours
des êtres aimés de Dieu.
Jésus
continue toujours de nous regarder de la même manière, pas
comme un simple spectateur qui regarde une pièce de théâtre.
Non! il nous regarde avec amour, il nous regarde dans
l’espérance, il
regarde ce qu’il y a de
plus divin en nous.
Prenons conscience de ce regard que Jésus a
aujourd’hui sur nous.
Ce regard
peut faire pour nous la même chose qu’il a fait pour la
samaritaine, pour Zachée, pour Pierre, le bon larron, nous
transformer.
Et,
avec la grâce de Jésus, essayons d’avoir sur tous ceux
et celles qui nous entourent le même regard que Jésus,
non pas un regard qui accuse, un regard qui juge,
mais un regard d’émerveillement et de pardon, un regard
de tendresse et d’amour, un regard rempli d’espérance.
Au moment où on nous parle constamment de mission,
ce regard de Jésus que nous avons pour les autres
est bien important. On
dit qu’il est
la première étape de toute évangélisation. On le voit
d’ailleurs chez la Samaritaine, la première missionnaire,
qui courre en ville invitant les gens à venir rencontrer Jésus.
Nous
allons maintenant vivre un premier scrutin et la « Tradition »
du Symbole des Apôtres.
Je vous invite à prier pour ces trois personnes qui
sont dans l’attente de leur baptême, dans la nuit de Pâques,
à la cathédrale St-Joseph.
Je
vous invite à demeurer assis.
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