Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 21 février 2010


1er dimanche du Carême

  « Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est le Seigneur, si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, alors tu seras sauvé. »  Cette petite phrase que saint Paul écrivait aux chrétiens de Rome nous révèle tout ce qu’il croit depuis sa fameuse rencontre avec le ressuscité sur le chemin de Damas.  Cette profession de foi peut, nous sembler, à première vue, bien simple et facile.  Pourtant, ce n’est pas aussi évident.

« Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est le Seigneur… »  C’était loin d’être évident pour les Romains à qui Paul écrivait.   À ce moment-là, vers l’an 55, c’est Néron qui est l’empereur,  et c’est l’empereur lui-même qui est le Seigneur; il n’y en a pas d’autres.  Oser affirmer que le Seigneur n’était pas l’empereur, mais un homme condamné à mort à Jérusalem,  un homme crucifié en plus, c’était un scandale intolérable dans le monde païen.  Affirmer ouvertement de leur bouche que Jésus était le Seigneur, c’était loin d’être évident pour les chrétiens de Rome. Plusieurs d’ailleurs ont été mis à mort parce qu’ils refusaient de donner le titre de Seigneur à l’empereur.  C’était là une des principales causes des persécutions.

Ce n’était pas plus évident pour les juifs!  Au moment de sa rencontre avec le ressuscité sur le chemin de Damas, Paul venait de se faire donner des lettres pour y arrêter les chrétiens.   Il les a lui-même persécutés parce que Jésus apparaissait aux juifs comme un hérétique, un blasphémateur, un fauteur de troubles.  Pierre et Jean ont été mis en prison.  Le Grand Prêtre fait arrêter les apôtres et les jette publiquement en prison.  On peut penser au martyr d’Étienne.  Pourtant, Pierre continuera d’affirmer sa foi : Le jour de la Pentecôte, devant une grande foule, il déclare solennellement :   « Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : ce Jésus que vous, vous avez crucifié, Dieu l’a fait Seigneur et Christ. »  Ce n’était  pas évident pour les juifs convertis d’affirmer de leur bouche que Jésus est le Seigneur.  

Est-ce que c’est plus facile en 2010?  Je vais sans doute vous surprendre!  Une ONG internationale nous dit que, présentement, des minorités chrétiennes subissent des persécutions dans 50 pays :  en Corée du Nord, en Arabie, en Iran, au Nigeria, en Somalie, au Yémen, pour n’en nommer que quelques-uns.   On dit que  55000 chrétiens sont tués, chaque année,  à cause de leur foi.  On n’a pas ce genre de persécutions chez nous, mais j’ai entendu souvent des adultes me dire comment c’était difficile de se dire chrétiens au travail, des enfants qui me raconter qu’ils font rire d’eux autres quand ils disent qu’ils viennent à la messe le dimanche.

 

 

Je reviens à la phrase de saint Paul.  « Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est le Seigneur, si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, alors tu seras sauvé. » 

Croire, ce n’est pas seulement des mots.  C’est une adhésion profonde du « cœur », un engagement concret de toute sa vie.  Proclamer que Jésus est « Seigneur, c’est reconnaître en lui, le Ressuscité du matin de Pâques, l’Envoyé de Dieu, le vrai Messie, et plus encore, le Fils de Dieu, celui qui met le démon en déroute dans l’évangile d’aujourd’hui. 

Chaque fois que l’occasion se présente, nous sommes invités à affirmer que Jésus est le Seigneur et à dire ce que nous avons dans le cœur, à dire notre foi, sans complexe.  L’apôtre Pierre disait :   « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect. »  Notre foi, on peut l’exprimer par des paroles, bien sûr, mais aussi par le témoignage de notre vie, en laissant l’évangile être lumière dans notre comportement. 

Proclamer le nom du Seigneur, c’est le recevoir et l’accueillir comme un don, c’est accueillir la personne même de Jésus avec toute sa puissance de sauveur.

Quand nous nous rencontrons pour la messe, le dimanche, nous proclamons que Jésus est le Seigneur.

·        J’ai commencé la célébration en disant : « Que le grâce du Seigneur soit avec vous. »  C’est donc que celui que nous venons rencontrer peut  nous gratifier, nous faire des faveurs, des dons qui vont au-delà de notre espérance.

·        «  Seigneur, prends pitié ».  Nous lui demandons de prendre soin de nous, de nous guérir, de nous pardonner.

·        « Saint, saint, saint, le Seigneur, Dieu de l’univers. »  Pas le Seigneur d’un pays, d’une région, mais du monde entier, le seul maître de l’univers, l’unique sauveur.

 

Chaque fois que nous allons rencontrer le mot « Seigneur » pendant notre célébration, prenons le temps de le méditer un peu, d’en découvrir le sens profond, de le laisser venir dans notre cœur.  Demandons au Seigneur la grâce d’être ses témoins par des paroles de foi qui jaillissent de notre cœur.

Poursuivons notre prière.