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« Si tu affirmes de ta
bouche que Jésus est le Seigneur, si tu crois dans ton cœur
que Dieu l’a ressuscité des morts, alors tu seras sauvé. »
Cette petite
phrase que saint Paul écrivait aux chrétiens de Rome nous révèle
tout ce qu’il croit depuis sa fameuse rencontre avec le
ressuscité sur le chemin de Damas.
Cette profession de foi peut, nous sembler, à première
vue, bien simple et facile.
Pourtant, ce n’est pas aussi évident.
« Si tu affirmes de ta bouche que Jésus
est le Seigneur… »
C’était loin d’être évident pour les Romains à
qui Paul écrivait.
À ce moment-là, vers l’an 55, c’est Néron
qui est l’empereur, et
c’est l’empereur lui-même qui est le Seigneur; il n’y
en a pas d’autres. Oser
affirmer que le Seigneur n’était pas l’empereur, mais un
homme condamné à mort à Jérusalem,
un homme crucifié en plus, c’était un scandale
intolérable dans le monde païen.
Affirmer ouvertement de leur bouche que Jésus était
le Seigneur, c’était loin d’être évident pour les chrétiens
de Rome. Plusieurs d’ailleurs ont été mis à mort parce
qu’ils refusaient de donner le titre de Seigneur à
l’empereur. C’était
là une des principales causes des persécutions.
Ce n’était
pas plus évident pour les juifs! Au
moment de sa rencontre avec le ressuscité sur le chemin de
Damas, Paul venait de se faire donner des lettres pour y arrêter
les chrétiens. Il
les a lui-même persécutés parce que Jésus apparaissait aux
juifs comme un hérétique, un blasphémateur, un fauteur de
troubles. Pierre
et Jean ont été mis en prison.
Le Grand Prêtre fait arrêter les apôtres et les
jette publiquement en prison.
On peut penser au martyr d’Étienne.
Pourtant, Pierre continuera d’affirmer sa foi :
Le jour de la Pentecôte, devant une grande foule, il déclare
solennellement :
« Que
toute la maison d’Israël le sache avec certitude : ce
Jésus que vous, vous avez crucifié, Dieu l’a fait Seigneur
et Christ. » Ce
n’était pas évident
pour les juifs convertis d’affirmer de leur bouche que Jésus
est le Seigneur.
Est-ce que
c’est plus facile en 2010?
Je vais sans doute vous surprendre!
Une ONG internationale nous dit que, présentement, des
minorités chrétiennes subissent des persécutions dans 50
pays : en Corée
du Nord, en Arabie, en Iran, au Nigeria, en Somalie, au Yémen,
pour n’en nommer que quelques-uns.
On dit que 55000
chrétiens sont tués, chaque année, à
cause de leur foi. On
n’a pas ce genre de persécutions chez nous, mais j’ai
entendu souvent des adultes me dire comment c’était
difficile de se dire chrétiens au travail, des enfants qui me
raconter qu’ils font rire d’eux autres quand ils disent
qu’ils viennent à la messe le dimanche.
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Je reviens
à la phrase de saint Paul.
« Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est le
Seigneur, si tu crois
dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts,
alors tu seras sauvé. »
Croire, ce
n’est pas seulement des mots.
C’est une adhésion profonde du « cœur »,
un engagement concret de toute sa vie.
Proclamer que Jésus est « Seigneur, c’est
reconnaître en lui, le Ressuscité du matin de Pâques,
l’Envoyé de Dieu, le vrai Messie, et plus encore, le Fils
de Dieu, celui qui met le démon en déroute dans l’évangile
d’aujourd’hui.
Chaque fois
que l’occasion se présente, nous sommes invités à
affirmer que Jésus est le Seigneur et à dire ce que nous
avons dans le cœur, à dire notre foi, sans complexe.
L’apôtre Pierre disait :
« Vous
devez toujours être prêts à vous expliquer devant ceux
qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui
est en vous, mais faites-le avec douceur et respect. »
Notre foi, on peut l’exprimer par des paroles, bien
sûr, mais aussi par le témoignage de notre vie, en
laissant l’évangile être lumière dans notre
comportement.
Proclamer le
nom du Seigneur, c’est le recevoir et l’accueillir comme
un don, c’est accueillir la personne même de Jésus avec
toute sa puissance de sauveur.
Quand nous
nous rencontrons pour la messe, le dimanche, nous proclamons
que Jésus est le Seigneur.
·
J’ai commencé la célébration en disant :
« Que le
grâce du Seigneur soit avec vous. »
C’est donc que celui que nous venons rencontrer
peut nous
gratifier, nous faire des faveurs, des dons qui vont au-delà
de notre espérance.
·
« Seigneur,
prends pitié ».
Nous lui demandons de prendre soin de nous, de nous
guérir, de nous pardonner.
·
« Saint,
saint, saint, le Seigneur, Dieu de l’univers. » Pas
le Seigneur d’un pays, d’une région, mais du monde
entier, le seul maître de l’univers, l’unique sauveur.
Chaque fois
que nous allons rencontrer le mot « Seigneur »
pendant notre célébration, prenons le temps de le méditer
un peu, d’en découvrir le sens profond, de le laisser
venir dans notre cœur.
Demandons au Seigneur la grâce d’être ses témoins
par des paroles de foi qui jaillissent de notre cœur.
Poursuivons
notre prière.
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