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Dans la
tradition musulmane, on rapporte l’histoire d’un homme
parti à la recherche de Dieu.
Il disait : « J’ai cherché Dieu par
toutes les portes, mais, à chacune d’elles, j’ai
trouvé une foule indescriptible.
À la porte de la prière, je n’aurais jamais cru
qu’il y avait autant de gens qui prient.
À la porte de l’aumône, que d’hommes charitables!
À la porte du jeûne, des pèlerins en grand nombre!
Alors, je me suis dis que je n’arriverais jamais à
entrer chez Dieu. Alors, mon cœur m’a dit : « Va
donc voir à la porte de l’humilité! »
« Sapristi, je suis entré tout de suite. »
Jésus vient
de nous inviter à prendre la porte de l’humilité :
« Ne fais pas sonner de la
trompette devant toi… ! Ne
te donne pas en
spectacles… Ne prends pas un visage triste… Pour bien te
montrer aux hommes! »
Cette
invitation de Jésus, nous allons la traduire tantôt par un
geste en nous approchant pour recevoir les cendres.
La cendre est un beau symbole de notre fragilité :
on sait comment elle est légère, comment elle se laisse
emporter au moindre petit coup de vent.
Ce geste veut nous aider à prendre conscience de notre
fragilité, de notre faiblesse, en même temps qu’il veut
nous ouvrir à quelque chose de plus sûre, de plus
fondamental, à l’évangile.
Si le mot
« secret » revient six(6) fois dans l’évangile,
il y en a un autre qui revient six(6)
fois : « Père »,
et pas seulement « Père », mais « Ton
Père. » Au-delà
de nos fragilités, Jésus veut nous ramener à la racine
profonde de notre être, c'est-à-dire à l’amour de notre
Dieu, un amour qui nous fait comprendre qu’on ne peut rien
sans lui et qu’on ne peut pas tout ramener à nous-mêmes.
Cet amour du Père, c’est la lumière qui veut éclairer
notre route tout au long de ce carême 2010.
Probablement,
qu’en retournant dans votre banc, vous allez être préoccupés
d’enlever la cendre qu’il y a dans vos mains.
On voudrait la faire disparaître! On
fait la même chose devant un feu de foyer!
Quand il y a trop de cendre, on l’élimine pour découvrir
la braise qui est en dessous, souffler dessus afin de
permettre au feu de reprendre à nouveau.
C’est ça notre carême!
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Sous la
cendre de nos stress et de nos manques de temps, Jésus nous
invite à souffler sur la braise de la prière pour découvrir
un temps libre et gratuit.
Sous la
cendre de nos gadgets et de notre surconsommation, Jésus
nous invite à déterrer la braise du jeûne, en adoptant
une manière de vivre basée sur la sobriété, en
renonçant à acheter des objets superflus.
Sous la
cendre d’un monde où l’argent est Dieu, Jésus nous
invite à souffler sur la braise de la générosité et de
l’aumône. Comme
par les années passées, nous entrons dans un carême qui
ne cesse de nous appeler au partage pour libérer les
pauvres et des démunis.
Sous la
cendre de nos joies, de nos fragilités, de nos angoisses et
de nos envies, il y a un feu qui couve, une braise d’amour
qui désire s’allumer pour une lumière éternelle!
C’est ça
le carême : un
temps pour chasser les cendres qui nous couvrent, un temps
pour souffler sur le braise de notre feu intérieur à la
lumière de l’évangile.
Cette marche
que nous entreprenons veut nous conduire à la fête de Pâques,
et à cette autre fête qui est le sommet du temps pascal,
la Pentecôte, où l’Esprit vient ranimer en nous la
braise de l’amour.
En terminant,
je reviens sur quelques
phrases du psaume que nous avons prié tantôt :
« Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour.
Crée en moi un cœur pur.
Rends-moi la joie d’être sauvé.
Que ton Esprit généreux me soutienne. »
Je vous
souhaite un beau et bon carême.
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