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Si
je vous demandais : « Levez donc la main ceux et
celles qui ne cherchent pas le bonheur! » Je pense que
personne ne le ferait, parce que nous sommes toujours à la
recherche du bonheur. Et
ce ne sont pas les choix qui manquent! Il
y a toutes sortes de bonheurs : ceux qui passent et ceux
qui durent; ceux
qui sont petits et ceux qui sont grands,
ceux qui sont vrais et ceux qui sont faux.
Jésus,
qui connaît bien le cœur humain, nous parle lui aussi de
bonheur, mais il le fait d’une manière très surprenante :
« Heureux les pauvres, heureux vous qui avez faim, vous
qui pleurez, quand
les hommes vous haïssent… »
Je ne suis pas sûr que, spontanément,
on ait le goût de
prendre ces chemins de bonheur!
Ce serait plus naturel de penser que ça n’a pas de
bon sens!.
Pourtant,
clairement, Jésus nous invite à marcher vers le pays des béatitudes
comme il l’a fait lui-même, parce qu’il sait comment nous
cherchons le plus grand bonheur.
Au risque de passer pour paresseux un peu, j’ai
choisi aujourd’hui de vous lire simplement un beau texte que
j’ai trouvé sur les béatitudes,
un texte qui cherche à les traduire dans ce qui fait
notre vie de tous les jours. Je vous le lis :
« Heureux
les pauvres! Heureux
celui ou celle dont le cœur est assez libre pour être
disponible à toutes sortes de rencontres imprévues, assez
libre pour faire, de chaque instant, un espace pour aimer.
Heureux
celui ou celle qui est capable de poser un regard fraternel
sur tous ces visages qui portent les traces d'une histoire
unique; heureux celui ou celle qui est capable de demander à
Dieu, qui voyage toujours avec nous, que leur dernière
station puisse s'appeler : «Royaume des cieux»!
Heureux
les doux! Heureux
celui ou celle qui peut entendre, sans s'énerver, les paroles
déplaisantes d'un chialeur et prier Dieu de lui accorder un
peu de bonheur, en pensant que cet homme, cette femme doit
bien en manquer pour être de si mauvaise humeur!
Heureux
les affligés! Heureux
celui qui ne juge pas immédiatement celui qui lui tend la
main, mais se demande quel drame il a vécu pour en arriver là!
Heureux est-il, si en plus d'une pièce de monnaie, il
sait lui donner une parole aimable ou un simple sourire.
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Heureux
les miséricordieux!
Heureux celui ou celle
qui ne peut jamais banaliser toutes les détresses
qu’il côtoie, ni
mettre au compte de la fatalité tous ces corps abîmés;
heureux celui ou celle qui se demande comment une société
humaine peut s'édifier sans se soucier des ruines de ces
temples vivants de Dieu.
Heureux
les cœurs purs! Heureux
celui ou celle qui est assez rempli de la lumière de Dieu
pour ne pas être troublé par les images lascives qui défilent
sous ses yeux; heureux
celui ou celle qui sait se souvenir que le Corps du Christ a
ennobli la chair de l'homme et a glorifié tous ces corps
que la publicité vend avec mépris.
Heureux
les artisans de paix! Heureux
celui ou celle qui, d'un mot ou d'un regard bienveillant,
sait désamorcer l'agressivité de ses compagnons harassés
par une journée de travail.
Heureux celui ou celle qui, insulté par quelques
excités, leur garde une immense tendresse parce qu'il sait
que leur cœur blessé et habité par Dieu est plus grand
que leurs blessures dont ils ricanent pour éviter d'en
pleurer.
Heureux
les persécutés pour la justice!
Heureux celui ou celle qui, au risque de se faire
lui-même réprimander, ose demander poliment à l'agent de
police pourquoi il manifeste tant d'animosité à l'égard
de l'étranger dont il vérifie les papiers d'identité.
Oui,
heureux, vous tous qui êtes, partout, à la maison, au
travail, dans l’autobus, les Béatitudes vivantes du
Christ. Heureux
êtes-vous, vous qui propagez, jour après jour, de station
en station, des rues de la ville aux portes des cœurs, ce
feu de l'amour que le Christ est venu allumer sur notre
terre. »
Jésus
a pris le chemin des béatitudes.
Nous savons et nous croyons qu’il a trouvé le plus
grand des bonheurs en ressuscitant le matin de Pâques.
Partons
en voyage! Mettons-nous
en route vers le pays des béatitudes!
Et
poursuivons notre prière.
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