Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 14 février 2010


6e dimanche ordinaire

Si je vous demandais : « Levez donc la main ceux et celles qui ne cherchent pas le bonheur! » Je pense que personne ne le ferait, parce que nous sommes toujours à la recherche du bonheur.  Et ce ne sont pas les choix qui manquent!  Il y a toutes sortes de bonheurs : ceux qui passent et ceux qui durent;  ceux qui sont petits et ceux qui sont grands,  ceux qui sont vrais et ceux qui sont faux.

Jésus, qui connaît bien le cœur humain, nous parle lui aussi de bonheur, mais il le fait d’une manière très surprenante : « Heureux les pauvres, heureux vous qui avez faim, vous qui pleurez,  quand les hommes vous haïssent… »  Je ne suis pas sûr que, spontanément,  on ait le goût  de prendre ces chemins de bonheur!  Ce serait plus naturel de penser que ça n’a pas de bon sens!.

Pourtant, clairement, Jésus nous invite à marcher vers le pays des béatitudes comme il l’a fait lui-même, parce qu’il sait comment nous cherchons le plus grand bonheur.  Au risque de passer pour paresseux un peu, j’ai choisi aujourd’hui de vous lire simplement un beau texte que j’ai trouvé sur les béatitudes,  un texte qui cherche à les traduire dans ce qui fait notre vie de tous les jours. Je vous le lis :

« Heureux les pauvres!  Heureux celui ou celle dont le cœur est assez libre pour être disponible à toutes sortes de rencontres imprévues, assez libre pour faire, de chaque instant, un espace pour aimer.

Heureux celui ou celle qui est capable de poser un regard fraternel sur tous ces visages qui portent les traces d'une histoire unique; heureux celui ou celle qui est capable de demander à Dieu, qui voyage toujours avec nous, que leur dernière station puisse s'appeler : «Royaume des cieux»!

Heureux les doux!  Heureux celui ou celle qui peut entendre, sans s'énerver, les paroles déplaisantes d'un chialeur et prier Dieu de lui accorder un peu de bonheur, en pensant que cet homme, cette femme doit bien en manquer pour être de si mauvaise humeur!

Heureux les affligés!  Heureux celui qui ne juge pas immédiate­ment celui qui lui tend la main, mais se demande quel drame il a vécu pour en arriver là!  Heureux est-il, si en plus d'une pièce de monnaie, il sait lui donner une parole aimable ou un simple sourire.

Heureux les miséricordieux!   Heureux celui ou celle  qui ne peut jamais banaliser toutes les détresses qu’il côtoie,  ni mettre au compte de la fatalité tous ces corps abîmés; heureux celui ou celle qui se demande comment une société humaine peut s'édifier sans se soucier des ruines de ces temples vivants de Dieu.

Heureux les cœurs purs!   Heureux celui ou celle qui est assez rempli de la lumière de Dieu pour ne pas être troublé par les images lascives qui défilent sous ses yeux;  heureux celui ou celle qui sait se souvenir que le Corps du Christ a ennobli la chair de l'homme et a glorifié tous ces corps que la publicité vend avec mépris.

Heureux les artisans de paix!  Heureux celui ou celle qui, d'un mot ou d'un regard bienveillant, sait désamorcer l'agressivité de ses compagnons harassés par une journée de travail.  Heureux celui ou celle qui, insulté par quelques excités, leur garde une immense tendresse parce qu'il sait que leur cœur blessé et habité par Dieu est plus grand que leurs blessures dont ils ricanent pour éviter d'en pleurer.

Heureux les persécutés pour la justice!   Heureux celui ou celle qui, au risque de se faire lui-même réprimander, ose demander poliment à l'agent de police pourquoi il manifeste tant d'animosité à l'égard de l'étranger dont il vérifie les papiers d'identité.

Oui, heureux, vous tous qui êtes, partout, à la maison, au travail, dans l’autobus, les Béatitudes vivantes du Christ.  Heureux êtes-vous, vous qui propagez, jour après jour, de station en station, des rues de la ville aux portes des cœurs, ce feu de l'amour que le Christ est venu allumer sur notre terre. »

Jésus a pris le chemin des béatitudes.  Nous savons et nous croyons qu’il a trouvé le plus grand des bonheurs en ressuscitant le matin de Pâques.

Partons en voyage!  Mettons-nous en route vers le pays des béatitudes!

Et poursuivons notre prière.