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Jean a une bien drôle
de façon de nous parler d’une noce!
Pas un mot de la mariée!
Il y a un maître du repas, mais c’est une invitée,
Marie, qui se rend compte qu’ils n’ont plus de vin. Ce
n’est pas au maître du repas qu’on demande de régler le
problème, mais à un autre invité, Jésus qui affirme que ça
ne le regarde pas mais qui demande aux serviteurs de remplir
les cruches, d’en puiser et d’aller en porter au maître
du repas. Un bien
drôle de mariage! C’est
Jésus qui corrige la situation, puis c’est le marié qui reçoit
toutes les félicitations.
On
sent bien que Jean ne veut pas nous faire un reportage sur une
noce vieille de 50 ans, mais une
catéchèse en image qui nous cache une révélation très
profonde.
On
pouvait commencer à le
comprendre dans 1e lecture où le prophète nous
dit : « Comme un jeune homme épouse une jeune
fille, celui qui t’a construite t’épousera.
Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi
tu seras la joie de ton Dieu. » L’amoureux,
c’est le Seigneur lui-même.
L’objet de ses rêves, la bien-aimée,
c’est la belle Jérusalem qui symbolise tout le
peuple d’Israël, et même toute l’humanité, celle de
tous les temps et celle d’aujourd’hui.
Toute la Bible est une longue histoire d’amour,
celle d’un Dieu qui cherche inlassablement
à rencontrer les humains, à leur parler, à faire alliance
avec eux, à préparer le jour des Noces et ce jusqu’aux
Noces éternelles.
Jean
commence par nous dire « qu’il y avait là six cuves
de pierre pour les ablutions rituelles. »
Mais les cuves son vides!
Pas moyen de se purifier! Ce
n’est pas pour rien non plus qu’il y en avait six (6), un chiffre
qui souligne une imperfection. Et comme si ce n’était pas
encore assez, les mariés n’ont plus de vin.
Jean
veut nous faire comprendre qu’on moment où Jésus commence sa
vie publique, le mariage entre Dieu et son peuple ne va pas très
bien. Il y a eu
une première noce entre Dieu et son peuple, une première
alliance, mais les clauses du contrat n’ont pas été bien
respectées. On a
multiplié les infidélités; on est allé jusqu’à des
divorces en adorant d’autres dieux.
Les jarres vides, ça pourrait bien nous ressembler un
peu, quand nous
nous montrons incapables d’accueillir l’Esprit de Jésus,
sa Parole, et le renouvellement qu’il apporte dans notre
temps. L’eau
inodore, incolore et sans saveur peut bien représenter celle
de nos vies.
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Mais le bon Dieu est toujours follement amoureux de son
peuple. Il est
toujours plein d’amour pour son épouse, et le temps des
retrouvailles est toujours possible.
Il ne se laisse pas arrêter par nos limites et nos
faiblesses. Le
pardon et le conversion ne sont pas des utopies.
Que sa fiancée revienne à lui et il l’épousera !
Ce qui était vrai hier l’est encore aujourd’hui !
Dieu envoie toujours l’Esprit de son Fils pour
changer l’eau de nos vies en un vin de qualité par la
Bonne Nouvelle de l’évangile. L’Esprit de Jésus est
toujours là pour nous
rendre la joie de la noce, une joie qui doit l’emporter
sur nos inquiétudes, sur nos peurs et nos étroitesses.
L’Esprit de Jésus est toujours là pour nous
soutenir, pour
qu’on retrouve la fidélité à son amour, la fidélité
des noces entre lui et nous.
Prenons
le temps, en ce moment, de regarder la patronne de notre
paroisse, la vierge Marie.
C’est elle qui se rend compte qu’il n’y a plus
de vin et
c’est encore elle qui va le dire à Jésus.
On voit qu’elle est une femme attentive aux besoins
des autres. Comme
elle, soyons
attentifs aux besoins de ceux et de celles qui nous
entourent et que le Seigneur a mis sur notre route.
Comme elle, prenons le temps de le dire à Jésus, de
lui confier nos problèmes , et tous ceux que nous
constatons autour de nous, dans notre famille, dans notre
communauté, notre paroisse, notre Église et notre monde.
Ce matin, nous pouvons de tout cœur, confier au
Seigneur le drame terrible d’Haïti avec tout ce qu’il
comporte de souffrances et d’appel au partage.
On
voit aussi dans l’évangile que Marie ne laisse pas arrêter
par les refus apparents de son Fils.
C’est une femme de foi. « Faites tout
ce qu’il vous dira » dit-elle aux serviteurs et à
nous aussi aujourd’hui. Elle est une femme d’espérance;
elle sait que le bon Dieu se laisse toucher par une
foi confiante et persistante. Comme
elle, ayons confiance! Soyons
certains que le bon Dieu ne sera pas sourd à nos prières
et qu’il se laissera toucher par notre foi.
« Faites
tout ce qu’il vous dira » dit-elle aux serviteurs.
En prenant le risque de le faire, nous pouvons avoir
de belles surprises comme dans l’évangile.
Le Seigneur est bien capable de défier notre
logique, de nous surprendre.
Qui aurait pu penser que six cents litres d’eau
pourraient donner un vin de qualité, et ce, dans un petit
village de rien? La
réponse de Jésus va au-delà de l’imaginable.
Réunis
pour célébrer l’eucharistie,
nous avons la chance d’écouter la Parole de Dieu, de
clarifier nos engagements,
de renouveler notre alliance de foi dans un climat de
noces et de fêtes. Aujourd’hui,
comme le maître du repas, nous pouvons goûter le bon vin,
accueillir celui qui se donne à nous dans son corps et son
sang pour que nous puissions retrouver la joie de la noce,
de cette
alliance nouvelle et éternelle entre Dieu et nous.
Poursuivons
notre prière.
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