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« Tout
ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront
abaissées, les passages tortueux deviendront droits; les
routes déformées seront aplanies; et tout homme verra le
salut de Dieu. » Je
me suis senti rejoint par cette petite phrase de l’évangile.
Il y a tellement de montagnes à abaisser dans notre monde, de
passages tortueux à n’en plus finir, de routes déformées
à aplanir dans nos communautés et dans nos propres vies
qu’on se demande s’il est possible de changer tout cela.
A
nouveau, le temps de l’Avent vient nous situer devant cette
espérance qui prend son fondement dans le « Dieu de
l’impossible. »
Benoît XVI disait dans une homélie: « Avec
l'aide de Dieu, et
uniquement avec son aide, l’impossible devient possible même
à un chameau de passer par le trou d’une aiguille. Il
reprenait sans doute ainsi les mots même de Jésus qui avait
dit un jour à ses disciples, après sa rencontre avec le
jeune homme riche: “Pour les hommes, c’est impossible,
mais rien n’est impossible à Dieu.”
On
en a plein d’exemples dans l’Ancien Testament.
Un
jour, les fils
de Jacob lui avaient affirmé que son Fils, Joseph, avait été
dévoré par des bêtes sauvages. Impossible
pour lui de revoir son fils.
Aussi, quand il l’a retrouvé en Égypte, il s’est
écrié :
“Je ne pensais jamais revoir ton visage…”
Il
n’y a pas si longtemps, dans une lecture, nous avons vu
l’histoire de Anne qui était allé au Temple prier le Dieu
de l’impossible de lui donner un fils. Non seulement Dieu
lui a accordé un fils, mais elle a eu trois par la suite
alors qu’on la disait “Stérile”.
On
connaît l’histoire de Job qui avait perdu tous les biens.
Jamais, il n’aurait pensé possible que Dieu lui donnerait
le double de ce qu’il avait perdu.
Bientôt,
nous allons célébrer la fête de Noël. Lorsque l’ange
annonce à Marie qu’elle sera la mère d’un enfant qui
sera appelé le fils du Très-Haut, Marie
se demande comment ça va se faire. Et l’ange lui répond en
lui disant que sa cousine, Élisabeth qu’on appelait “la
femme stérile” attendait elle aussi un enfant, et il
conclut en disant : “Car
rien n’est impossible à Dieu.”. Elle
s’est fiée à la Parole de Dieu, comme Joseph, et comme Jésus
le fera par la suite. On connaît la suite.
Après
la résurrection de Jésus, on sait comment les disciples étaient
morts de peur et de tristesse. Ils s’étaient réfugiés
dans le haut d’une maison qui était devenue comme un
tombeau fermé par une grosse pierre.
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Et
voilà que ce qui paraissait impossible devient possible.
L’Esprit de la Pentecôte les
a changés complètement et ils répandent ce qu’ils ont
reçu tellement que c’est arrivé jusqu’à nous, 2000
ans plus tard.
Quand
on regarde la situation de l’Église aujourd’hui,
qu’est-ce qu’on voit?
Des églises qui se vident et qui se vendent partout.
Nous avons plein de signes qui peuvent nous faire
conclure que c’est la fin de l’Église.
On n’est pas les premiers à le penser.
On le voit souvent dans l’histoire de l’Église.
Aux
4e et 5e siècles, il y a eu
l’invasion des barbares: l’armée des Wisigoths qui brûle
la ville de Rome et même la basilique du pape; le peuple
des Vandales qui assiègent la ville de St-Augustin; celui
des Uns qui déferlent sur l’Occident.
Les chrétiens avaient toutes les raisons de croire
à la fin de l’Église.
Mais l’impossible
arriva, les barbares se convertirent à l’évangile.
Qui
aurait pu penser, au 13e siècle, que
le pauvre d’Assise, St François, serait l’inspirateur
d’un nouveau type de vie religieuse? Qui aurait pu
imaginer au moment où les Européens arrivent en Amérique,
au 15e et 16e siècle, que les pays
catholiques les plus populeux seraient le Brésil, le
Mexique et les États-Unis? Qui aurait pu penser, dans les
années 40, que l’enfant d’une famille juive poursuivie
par les Nazis deviendrait le cardinal de Paris en 1983? Qui
aurait pu imaginer, en 1958, qu’un pape âgé serait élu
et qu’il aurait l’audace de convoquer un grand concile
œcuménique?
Tout
au long de son histoire, l’Église a semblé mourante plus
d’une fois.
À chaque fois, les chrétiens et les chrétiennes
ont été invités à renouveler leur espérance comme
c’est le cas pour nous aujourd’hui.
En regardant tout cela, quelqu’un a dit :
« L’Église n’est pas morte;
elle a tout simplement changé d’adresse.
Aujourd’hui,
comme à d’autres moments difficiles de l’histoire, nous
sommes invités à prier
le maître de l’impossible :
le prier de faire mûrir ce qu’il a semé en nous, le
prier, de nous donner le courage des apôtres, de croire en
son agir dans nos cœurs, de nous consacrer à la croissance
de l’Église, de maintenir vivante notre espérance.
Péguy
disait de l’espérance qu’elle
était “cette petite fille flanquée de ses deux grandes sœurs,
la foi et la charité. L’espérance,
c’est cette petite fille qui, chaque soir et chaque matin
nous murmure à l’oreille : « Mais, rien
n’est impossible à Dieu. »
Poursuivons
notre prière.
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