Paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive

Homélie de Mgr Jean-Charles Dufour du 29 novembre 2009


1er dimanche de l’Avent

Avant d’écrire mon homélie, j’ai pris le temps de souligner plusieurs phrases qu’on trouve dans la célébration d’aujourd’hui.  En voici quelques-unes! « Alors que s’ouvre aujourd’hui un temps d’espérance ». « Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur ».  « Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ».  « Présentons au Père du Ciel les espoirs de nos frères et de nos sœurs ».  « Il viendra de nouveau… afin que nous possédions dans la pleine lumière les biens que tu nous as promis ». « Qu’il rende ferme votre foi, joyeuse votre espérance. »

Toutes ces petites phrases nous révèlent bien que le temps de l’Avent est un temps d’espérance.  Nous attendons Jésus le jour de Noël, nous l’attendons aujourd’hui, nous l’attendons au bout de nos jours et à la fin des temps.  Toutes nos espérances, petites ou grandes, reposent sur cette grande espérance. On peut sans doute se poser des questions.   Qu’est-ce que nous espérons pour nous-mêmes aujourd’hui? Qu’est-ce que nous espérons pour notre communauté demain? Qu’est-ce que nous espérons pour l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants? Toutes ces espérances, nous sommes invités à les nommer et à les prier pendant ce temps de l’Avent.

Toujours en préparant mon homélie, j’ai trouvé un très beau texte, une petite histoire qui nous parle d’espérance.  J’ai le goût de vous le partager.

« C’était la première journée d’école pour madame Thompson, cette enseignante de cinquième année.  Elle ne fut  pas sans remarquer, dans la première rangée, tout affaissé, un petit garçon du nom de Théodore.

Elle avait remarqué Théodore l’année précédente et elle voyait qu’il ne jouait pas beaucoup avec les autres enfants, que ses vêtements laissaient à désirer et qu’il avait besoin d’un bon bain.  De plus, comme Théodore se montrait déplaisant, elle commença à se montrer impatiente à son endroit.

En faisant l’étude du dossier de Théodore, elle fut surprise de constater qu’en première année, cet enfant était un élève brillant avec un rire communicatif.  Au cours des années, son comportement avait changé en raison de la longue maladie puis de décès de sa mère. Madame Thompson comprit le problème et elle eut honte d’elle-même

Un jour, des élèves lui apportèrent des petits cadeaux de Noël enveloppés dans du beau papier tandis que Théodore lui apporta un cadeau enveloppé maladroitement dans du gros papier brun de sac d’épicerie.

 

 

Quand elle l’ouvrit, certains enfants se sont mis à rire lorsqu’elle trouva un bracelet bon marché avec des morceaux manquants et une bouteille de parfum à demi rempli.  Mais les enfants se sont arrêtés de rire  lorsqu’elle dit qu’elle adorait le bracelet, l’enfila et se mit du parfum au poignet.

Ce jour-là Théodore était resté après la classe, juste assez longtemps pour dire : « Madame Thompson, aujourd’hui, vous aviez l’odeur de  ma mère.»

À parti de ce jour, elle arrêta d’enseigner à lire, écrire et calculer.  À la place, elle commença à vraiment enseigner aux enfants.  Elle donna une attention particulière à Théodore.

À la fin de l’année, celui-ci était devenu l’un des enfants les plus brillants de la classe.  Un an plus tard, elle trouva sous sa porte, une note avec une rose de Théodore lui disant qu’elle était la meilleure enseignante qu’il n’avait jamais eue. 

Les années passèrent et une autre lettre avec une rose arriva.  La lettre expliquait qu’elle était toujours la meilleure professeure et de loin sa préférée.  Maintenant, sa signature était un peu plus longue : « Théodore Stoddard, médecin. »

L’histoire ne se termine pas ici!  Un jour, pendant l’hiver, il y eut une autre lettre toujours avec une rose.  Théodore écrivit qu’il avait rencontré une fille et qu’ils allaient se marier au printemps.  Il expliqua que son père était décédé il y a quelques années et demanda à Mme Thompson si elle voulait bien prendre la place de sa mère lors de la noce. Elle accepta bien sûr!  Et savez-vous quoi? Elle porta le fameux bracelet et aussi le parfum que la mère de Théodore portait le dernier Noël que Théodore avait passé avec elle. »

On peut dire de Mme Thompson que, par son attitude et ses gestes, elle a donné des mains à l’espérance.  Il me semble que ce temps de l’Avent nous invite nous aussi à donner des mains à l’espérance.  Nous réalisons bien que notre Église n’est plus ce qu’elle était, qu’elle n’a plus les moyens d’entreprendre des chantiers d’envergure, qu’elle se doit d’être plus modeste, un peu comme le semeur qui répand la semence.   Il bêche la terre, y met de l’engrais, l’arrose.  Il fait confiance à la semence.  Semer, c’est un geste d’espérance; c’est comme donner la vie.  Dans notre Église le temps des semailles est arrivé, le véritable temps de l’espérance.   Rappelons-nous que le semeur, c’est Celui qui est ressuscité le matin de Pâques.   Rappelons-nous qu’on possède une semence de première qualité : le message de Jésus. »

Poursuivons notre célébration en confiant au Seigneur tous nos espoirs, nos rêves, nos désirs, avec l’assurance que notre prière trouvera une place dans son cœur.